analyse

En mai, fais (presque) tout ce qu'il te plaît?

Cinq mois "d'efforts continus et soutenus" ont permis d'en arriver là, souligne le Premier, Alexander De Croo. Qui appelle à rester "très prudent". "Avec davantage de liberté vient aussi davantage de responsabilités." ©Olivier Matthys

Le Comité de concertation s'est relancé, après une semaine de pause, sur le sentier du déconfinement. Voici le calendrier, soumis au bon déroulement de la campagne de vaccination.

La pause aura duré une semaine. "Vendredi passé, nous avons été coupés dans notre élan", résume le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS). Face à la crainte d'un nouvel emballement exponentiel de l'épidémie, la Belgique mettait ses plans d'assouplissement sous cloche.

"Nous devons rester très prudents afin de garder la situation sous contrôle."
Alexander De Croo
Premier ministre

Une semaine plus tard, où en est-on? L'explosion redoutée des hospitalisations ne s'est pas réalisée, même si les admissions continuent à augmenter. Simplement, cette hausse est dans les clous tracés par les modèles présentés fin de semaine passée. Aussi la Belgique peut-elle reprendre le sentier escarpé du déconfinement. Petit pas après petit pas, puisqu'il s'agit de se montrer "très prudents" afin de garder "la situation sous contrôle", insiste le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld).

Ce qui ne change pas, pour l'instant

Allez, afin d'évacuer les questions qui fâchent, débutons par ce qui ne bouge pas. La bulle des contacts rapprochés reste fixée à une personne. Le couvre-feu national demeure d'application; à Bruxelles, où il est plus strict, le ministre-président Rudi Vervoort (PS) se concertera début de semaine avec les bourgmestres afin de voir ce qu'il convient d'alléger – il sera aussi question du port du masque généralisé ou de la fermeture des commerces à 20h. Le télétravail reste de mise.

Quant à l'interdiction des voyages non essentiels, malgré les gros yeux de l'Europe, elle reste en vigueur jusqu'au 18 avril. Après les congés de Pâques donc, mais la mesure fera l'objet d'une réévaluation à l'occasion du prochain Comité de concertation, fixé au 26 mars. Date pour laquelle un plan de soutien psychologique devra être élaboré.

En mars, timide ouverture

"Dehors, dehors, dehors", martèle le Premier. "Nous nous sommes demandés où il était possible d'assouplir tout en prenant le moins de risques." La réponse se trouve à l'extérieur. Dès le 8 mars, lundi donc, la bulle de contacts autorisés en extérieur passe de 4 à 10 personnes – avec masque et distanciation sociale. Signalons la réouverture des photographes et l'autorisation de rassembler jusqu'à 50 personnes à l'occasion de funérailles.

10
personnes en extérieur
Si la bulle des contacts rapprochés reste bloquée sur l'unité, il sera permis, dès le 8 mars, de se rassembler jusqu'à 10 personnes en extérieur, avec respect des règles de distanciation sociale.

La suite, c'est pour le 15 mars. Et cela se passe du côté de la jeunesse. Puisque l'enseignement primaire et secondaire pourra à nouveau envisager des activités hors de l'école – pas plus d'une journée, toutefois. Dans le supérieur, c'est le retour dans les auditoires, au rythme d'un jour par semaine et à moins de 200 à la fois. Tandis que le présentiel à 100% est relancé pour les "groupes plus vulnérables".

Davantage de souplesse pour les activités extrascolaires, aussi. Pour les moins de 13 ans, la jauge est placée à 10 à l'intérieur et à 25 à l'extérieur. Entre 13 et 18 ans, c'est maximum 10, et dehors.

En avril, tous dehors!

Voilà avril. "La seconde phase", indique Alexander De Croo, et l'avènement du "plan plein air" annoncé à la Chambre. Sonnant le retour des entraînements sportifs, des marchés, des parcs d'attractions, des événements ou des spectacles. Dehors, s'entend bien. De 10 personnes pour les activités en extérieur, la limite sera placée à 50 têtes de pipe pour la culture, les événements et les cultes.

50
personnes
En avril, dans le cadre du "plan plein air", la jauge passera à 50 personnes pour la culture, les événements et les cultes. À l'extérieur, s'entend bien.

Et les vacances là-dedans? Les activités et camps pour la jeunesse pourront s'y tenir, à maximum 25 personnes. À condition que le tout soit lié à une stratégie préventive de tests. "Le secteur sera invité à participer à des expériences", souligne le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA).

Voici le calendrier de déconfinement. Indicatif et évolutif. ©Comité de concertation

Et pour la rentrée scolaire du 19 avril, l'objectif est de revenir à du 100% en présentiel dans l'enseignement secondaire.

En mai, tous dedans?

Vient ensuite le joli mois de mai. "Le printemps des libertés" promis par Alexander De Croo? Cela dépend du déroulement de la vaccination. Mais le tout est également conditionné à la généralisation – enfin! – des tests rapides et même des autotests. Le gouvernement a demandé au Commissariat corona et aux groupes d'experts de plancher là-dessus.

"Fin avril, en Wallonie, tous les plus de 65 ans auront eu la possibilité de recevoir au moins une dose de vaccin. De quoi nous permettre d'offrir plus d'oxygène à la population."
Elio Di Rupo
Ministre-président wallon

C'est à ces conditions que l'on pourra poursuivre les assouplissements, et plus seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur. Le 1er mai, voilà aussi l'horizon qui est pointé pour la réouverture généralisée de l'horeca.

"Fin avril, en Wallonie, tous les plus de 65 ans auront eu la possibilité de recevoir au moins une dose de vaccin, précise Elio Di Rupo. De quoi nous permettre d'offrir plus d'oxygène à la population."

Un calendrier indicatif, et évolutif

Attention toutefois. Ce calendrier est tout autant indicatif qu'évolutif, précise le Premier. Signe que si elle se cabre, l'épidémie peut toujours avoir le dernier mot.

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