Faut-il étendre le remboursement de la chirurgie de l'obésité?

Environ 16% des Belges souffrent d’obésité. ©HH

En Belgique, environ 45% de la population (de 3 à 64 ans) pèse trop sur sa balance, qu’il s’agisse de surpoids (29%) ou d’obésité (16%).

Un constat que pose le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), dans le cadre d’une étude focalisée sur la chirurgie de l’obésité, dite bariatrique ou métabolique. Avec cette question en tête: faut-il en élargir les conditions de remboursement?

Une intervention en pleine explosion

La chirurgie de l’obésité – CBM, abrège le KCE – a clairement le vent en poupe en Belgique, le nombre d’interventions ayant crû de 78,3% de 2009 à 2016, passant de 7.506 à 13.382. Les deux opérations les plus courantes sont le "bypass" (63% des cas) et la gastrectomie longitudinale (35%), tandis que la pose d’un anneau gastrique recule (2,5%).

Pour l’heure, l’intervention de l’assurance maladie est réservée aux adultes dont l’indice de masse corporelle (BMI) est supérieur à 40 – on parle alors d’obésité morbide – ou d’au moins 35 (obésité sévère) si la personne en question souffre également d’un diabète de type 2.

Question: l’Inami devrait-il aussi entrer dans la danse pour les moins de 18 ans – entre 3% et 5% des jeunes Belges de 3 à 17 ans sont obèses – et/ou les adultes atteints d’un diabète de type 2 et dont le BMI se situe entre 30 et 35?

Efficace, mais pas sans effets secondaires

"Chez la majorité des personnes opérées, la chirurgie bariatrique permet des pertes de poids importantes et durables, qui se produisent essentiellement pendant les deux premières années", écrit le KCE. De quoi perdre jusqu’à 28 kilos de plus par rapport à un traitement non chirurgical. Et si l’on observe souvent par la suite une "petite reprise" du poids, celle-ci reste "limitée".

"Chez la majorité des personnes opérées, la chirurgie bariatrique permet des pertes de poids importantes et durables."
Le KCE

Le tout s’accompagnant d’une diminution du risque de décès lié à l’obésité et d’une amélioration de la santé physique, mais n’étant pas sans effets secondaires. "Lourde et irréversible", la CBM peut entraîner des complications, voire des problèmes dans la vie quotidienne: douleurs abdominales, ballonnements ou nausées. Et doit s’accompagner d’un "changement radical" de l’alimentation.

Et chez les jeunes? Chez les adolescents de 16 à 17 ans passant actuellement par la case CBM, on observe des pertes de poids similaires à celles des adultes, relève le KCE. Même si l’on manque encore cruellement de recul. "Le remboursement de la chirurgie bariatrique pour les adolescents devrait donc demeurer tout à fait exceptionnel. Tant que l’on ne dispose pas de preuves scientifiques fiables pour ce type de patients, ces opérations ne devraient être effectuées qu’en cas de nécessité médicale majeure." Et avec un encadrement adapté.

Du côté des diabétiques en obésité modérée (BMI entre 30 et 35), le KCE se montre moins réservé, recommandant d’autoriser le remboursement, mais sous conditions strictes, comme l’enregistrement de données supplémentaires.

Chère, mais pas trop

À l’heure actuelle, une intervention CBM coûte entre 3.500 et 5.000 euros à l’assurance maladie – auxquels il faut ajouter entre 1.000 et 1.200 euros à charge du patient, et ce sans compter sur les éventuels suppléments pour chambre individuelle. Un investissement, certes, mais "relativement peu élevé par rapport aux bénéfices en termes de santé". Dans la même ligne, l’extension du remboursement "pourrait également révéler des rapports coût-efficacité intéressants".

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