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Fin de la TVA à 6% dans l'horeca

Après sept mois de fermeture, le secteur, malgré les aides, peine à retrouver sa santé. "C'est un secteur qui, comme avec le covid long, va être fortement et durablement impacté", estime le chercheur en économie à l'UCLouvain, François Hindriks. ©BELGAIMAGE

La fin de la réduction de TVA à 6% dans l'horeca ne réjouit pas le secteur. Mais elle pourrait aussi faire monter les prix pour les consommateurs.

La réduction temporaire de TVA dans l’horeca prendra bien fin le 30 septembre, confirmait ce dimanche le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V). Une sentence qui ne réjouit pas le secteur.

447
millions d'euros
Le coût de la réduction de la TVA à 6% pour l'horeca de mai à fin septembre 2021 est estimé à 447 millions d'euros selon le dernier ajustement du budget fédéral.

En vigueur depuis mai 2021, le passage d’une TVA de 21% pour les boissons et 12% pour les aliments à 6% était destinée à donner un "coup de pouce" au redémarrage. Le coût de la mesure est estimé à 447 millions d’euros.

Une déception pour l’horeca

Du côté de l’horeca, la déception est au rendez-vous. "On savait que la TVA réduite avait une échéance, mais il nous faut des mesures structurelles, sur le long terme", martèle Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie.

"On ne travaille toujours pas de manière normale"
Thierry Neyens
Président de la Fédération Horeca Wallonie

Si le "budget fédéral n’est pas extensible à l’infini", pour Thierry Neyens, les arguments en faveur d’une extension sont nombreux: météo estivale défavorable, mesures de distanciation encore en vigueur à Bruxelles et Liège, traiteurs et hôtellerie dépendante d'une clientèle internationale encore à l'arrêt... "On ne travaille toujours pas de manière normale."

Une vision partagée par le Syndicat Neutre des Indépendants (SNI) qui avait demandé la prolongation des aides jusqu’à la fin de l’année. "Les discothèques, par exemple, n’auront pas bénéficié du taux à 6%. Elles rouvriront le 1er octobre, mais certainement pas à 100% de leur capacité, et donc on peut s’attendre à des pertes de chiffres d’affaires", estime le porte-parole.

Une addition salée

Selon une étude de François Hindriks, professeur d’économie à l’UCLouvain, et Valerio Serse, ce retour à la normale de la TVA pourrait aussi se faire sentir sur l'addition.

"Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’horeca."
François Hindriks
Professeur d’économie à l’UCLouvain

Les chercheurs estiment qu’une baisse temporaire de la TVA n’entraîne pas une baisse des prix, mais une hausse des marges bénéficiaires. Si la fréquentation de l'horeca a suivi, la mesure, dont l’objectif était de soutenir les restaurateurs, aurait donc rempli sa promesse.

Seulement, lorsqu’on rétablit la TVA à son niveau initial, plus de la moitié de cette hausse est répercutée sur les prix, qui augmentent alors de manière durable. "C’est ce à quoi on peut s’attendre ici", confirme François Hindriks.

Le risque? Que la hausse des prix ait un effet négatif sur la fréquentation. "Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’horeca", ajoute le chercheur.

Une mauvaise nouvelle pour l’horeca, oui, mais François Hindriks nuance. Non seulement la TVA est une ressource budgétaire centrale pour les gouvernements, l’horeca affronte par ailleurs des démons bien plus féroces: les difficultés à recruter, les perspectives incertaines et le télétravail qui vide les quartiers et les cafés.

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