FMI et Banque mondiale sifflent un match nul

Robert Zoellick (Banque mondiale) et Dominique Strauss-Kahn (FMI).

Aucun accord sur les changes n’a été trouvé à Washington où pays avancés et émergents se sont affrontés.

A Washington ce week-end, les assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) ont viré rapidement à la discorde. Les déséquilibres observés dans la croissance de l'économie mondiale et la volatilité des devises sur les marchés des changes ont alimenté les tensions entre les pays avancés et les pays émergents. En septembre 2009, le G20 s'était engagé formellement à favoriser une "croissance équilibrée" de l'économie mondiale. Mais il est loin du compte, entre des Etats-Unis qui inondent leur système financier de liquidités, des Européens qui resserrent leur politique budgétaire, des Japonais qui interviennent pour faire baisser le yen, et des Chinois qui accumulent les réserves en devises étrangères pour que le yuan reste faible.

Le communiqué final du FMI atteste de l’amertume des camps. Les pays émergents ont obtenu que le FMI "exerce une surveillance plus ferme et impartiale visant à détecter les facteurs de vulnérabilité dans les grands pays avancés". Cette mention vise évidemment l’Europe et les Etats-Unis pénalisés par leurs déficits publics colossaux. Mais les économies avancées n’ont pas pour autant perdu la face. "Même si le système monétaire international s'est montré résistant, des tensions demeurent du fait de l'élargissement des déséquilibres mondiaux, de la volatilité persistante des flux de capitaux, des fluctuations des taux de changes, et des questions relatives à l'offre et l'accumulation de réserves", indique le communiqué du Comité monétaire et financier international, l'instance chargée de définir les grandes orientations du Fonds. Cette fois, c'est la Chine, entre autres, qui se trouve dans le collimateur. Les Etats-Unis, qui pressent Pékin de faire monter plus rapidement le cours de sa devise, le yuan, ont demandé à leurs homologues d'accorder plus de poids au FMI en matière d'arbitrage dans les conflits sur les monnaies. Une telle évolution constitue une modification majeure pour le FMI, qui, par tradition, prodigue peu de conseils à ses principaux membres. Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn est aussi sorti de sa réserve en affirmant qu’ "il n'y aura pas de rééquilibrage de la croissance mondiale, sans qu'il y ait des changements de taux de change".

La "guerre des monnaies" a donc éclipsé nombre d’autres sujets, à commencer par celui de la répartition des sièges au conseil d'administration du FMI, où les Européens sont appelés à réduire leur représentation. En revanche, la Banque mondiale (BM), - où il était question aussi ce week-end du déséquilibre économique de la planète, - a annoncé vendredi, l'élection d'un troisième représentant pour l'Afrique subsaharienne à sa plus haute instance de décision, son conseil d'administration composé désormais de 25 sièges...

Finalement, tout indiquait que les réunions du week-end s’acheminaient vers des compromis non contraignants. Et l’ensemble de ces questions se reposera dans quinze jours , lors de la prochaine rencontre des ministres des Finances du G20 en Corée.

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