interview

Françoise Chombar et Bernard Delvaux: "Si le monde politique n'apporte aucune réponse, la rue s'en chargera"

Bernard Delvaux et Françoise Chombar, respectivement CEO de Sonaca et de Melexis.

"La crise du coronavirus a révélé, si besoin était, la grande fragilité de notre pays. Nous sommes très, très inquiets." Les capitaines d’industrie Françoise Chombar et Bernard Delvaux tirent la sonnette d’alarme. "Nous manquons cruellement de leadership politique. Si le monde politique n’apporte aucune réponse, la rue s’en chargera."

Nous avons l’impression que la rencontre du 6 mars à Val Duchesse entre Bernard Delvaux, le CEO de l’entreprise aéronautique wallonne Sonaca, et Françoise Chombar, la patronne du fabricant de puces électroniques Melexis depuis plus de 30 ans, s’est déroulée il y a un siècle. A l’époque, on ne parlait pas encore de "lockdown". Et le coronavirus n’avait pas encore tué dans notre pays. Il était encore moins question de placer 1 million de travailleurs au chômage temporaire et d’un gouvernement Wilmès II doté de pouvoirs spéciaux.

C’est pourquoi nous les avons réinterviewés cette semaine. Par téléphone bien entendu. En quelques jours, le monde a davantage changé qu’au cours des vingt dernières années, mais tous deux s’en tiennent à leurs avis sur les changements dont notre pays a besoin. "C’est devenu encore plus urgent", explique Françoise Chombar. "Pour obtenir des changements, il faut qu’il y ait le feu. Il faut un sentiment d’urgence. Et en termes d’urgence, y a-t-il pire situation que celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui?" se demande Bernard Delvaux. 

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Leurs deux entreprises, Sonaca et Melexis, sont frappées de plein fouet. "Presque tous nos clients sont à l’arrêt. La chaîne de production mondiale est au point mort", explique Bernard Delvaux. Sonaca, qui produit des pièces d’avions, est fortement touchée et a dû placer tout son personnel en chômage temporaire dans son usine de Gosselies. Chez Melexis, la production est irrégulière, et son principal client, l’industrie automobile, a pratiquement stoppé toute activité. 

Monsieur Delvaux, il y a deux semaines, vous disiez que la crise du coronavirus était moins grave que le blocage politique parce que le Covid-19 n’était que passager. Êtes-vous toujours de cet avis?

Les trois mesures chocs de Bernard Delvaux 
  1. Lançons trois ou quatre grands projets à long terme, à la manière de Kennedy, sur plusieurs législatures, afin de faire à nouveau rêver les citoyens: énergie, mobilité, vieillissement de la population, compétitivité et leadership technologique.
  2. Simplifions drastiquement nos structures et augmentons l’efficacité du pays.
  3. Déléguons plus de responsabilités à l’administration et aux experts.
Bernard Delvaux: En deux semaines, la pandémie a pris des proportions jamais vues auparavant. Son impact économique est énorme. Mais cette longue période de blocage politique ne nous a pas aidés à anticiper. Au début de la crise, nous avons laissé le virus prendre de l’avance. Nous avons à peine utilisé les data et les nouvelles technologies, et nous ne disposions pas de suffisamment de matériel de protection et de tests.

Les mesures que nous avons prises depuis la semaine dernière sont de manière générale correctes. C’est une bonne chose. Il faut injecter de l’oxygène dans l’économie à coup de milliards d’euros. Même si ce sera douloureux pour le budget. Cette situation exceptionnelle exige des mesures exceptionnelles. Mais sur le fond, mon analyse n’a pas changé. Je suis très inquiet à propos de l’avenir de la Belgique à plus long terme.

Françoise Chombar: Cette crise révèle au grand jour – si c’était encore nécessaire – les lacunes de notre structure politique. Quelques bonnes décisions ont été prises pour aider ceux qui sont le plus touchés, c’est-à-dire l’horeca, les jeunes entreprises et les indépendants, et nous disposons heureusement d’un système de chômage technique, mais ce ne sera pas suffisant. Et de loin. Plus personne ne doute que nous allons vivre une profonde récession.

Je fais confiance à la Première ministre Sophie Wilmès pour diriger notre pays en cette période de crise. Mais les compétences nécessaires pour diriger un pays ne sont pas les mêmes que celles dont vous avez besoin pour remporter des élections. J’espère qu’elle dispose de ces compétences.

Il n’empêche que ce qui s’est passé pendant le week-end où le gouvernement d’urgence a été mis en place défie toute imagination. L’impossibilité de former un gouvernement avec les principaux partis du pays est tellement… triste. Comment pourrons-nous mettre en place un programme économique énergique après la crise si les deux plus grands partis du pays – le PS et la N-VA – ne font pas partie du gouvernement? Je ne citerai nommément aucun coupable, mais voici ce que je pense: les égos surdimensionnés créent de gros problèmes. Nous ressentirons pendant de longues années les effets de ce blocage politique.

Vous avez l’air en colère… 

Les trois mesures chocs de Françoise Chombar
  1. Simplifions les nombreux niveaux de pouvoir et faisons mieux avec moins de services publics. Demandons à des experts d’élaborer un plan de relance économique.
  2. Réduisons le pouvoir des quartiers généraux des partis et augmentons celui des parlementaires. Prévoyons aussi davantage de participation citoyenne.
  3. Les Flamands et les Wallons doivent apprendre à mieux se connaître. Il faut sous-titrer les émissions de TV francophones en néerlandais et vice-versa. Créons également une circonscription électorale fédérale. 
Françoise Chombar: La situation est grave. Je ne peux qu’espérer que les experts de l’ombre réussiront à élaborer un plan économique avec des perspectives d’avenir. Nos enfants seront les juges des politiciens d’aujourd’hui. Ils ont le choix: rester dans le pétrin ou prendre les choses en main.

Bernard Delvaux: Cela fait plus de cinq ans que je m’inquiète pour la Belgique. La population est en colère. Nous avons de plus en plus de pauvres, y compris parmi les travailleurs. La politique n’apporte aucune réponse. Avec la crise du coronavirus qui vient s’y ajouter, la population pourrait descendre dans la rue.

Vous vous attendez vraiment à des manifestations violentes? 

Bernard Delvaux: Je n’exagère pas. 

Françoise Chombar: Bernard, tu parles comme si nous étions en République de Weimar. Mais je partage ton inquiétude. Le mouvement des gilets jaunes ne vient pas de nulle part. Une partie des travailleurs n’a pas profité de la mondialisation. Notre société n’est pas préparée à faire face à tous les problèmes qui nous attendent. Nous n’utilisons plus tous nos talents, notre société est de moins en moins inclusive. Nous avons connu des années de polarisation, d’immobilisme et de gaspillage. Ce pays a clairement besoin d’une vision d’avenir, et il n’en a pas.

Bernard Delvaux: C’est aussi ce qui explique pourquoi les électeurs se tournent vers les extrêmes, tant en Flandre qu’en Wallonie. Les partis extrémistes proposent des solutions totalement irréalistes, mais ils séduisent puisqu’il n’y a aucune solution en vue ailleurs. Ces partis cherchent des boucs émissaires pour tout ce qui va mal. Les migrants, les juifs, les Wallons, les Flamands… Certains prétendent que la solution se trouve dans la partition du pays. C’est cette mentalité qui a ouvert la voie au Brexit. Une scission de la Belgique serait tout aussi stupide.

Les entretiens de Val Duchesse | Françoise Chombar & Bernard Delvaux

Comment sortir de cette spirale? 

Françoise Chombar: Nous devons commencer par simplifier le pays à tous les niveaux. A cause de la trop grande complexité de nos structures et la pléthore de pouvoirs publics, nous payons trop d’impôts. De plus, ces impôts sont levés au niveau fédéral et dépensés au niveau local. Il faut simplifier.

Bernard Delvaux: En 2014, la coalition suédoise avait toute une législature devant elle pour transformer le pays. Hélas – et c’est un constat objectif – elle s’en est montrée incapable. Le vieillissement de la population, le budget, la mobilité, la politique énergétique à long terme… tous ces projets n’ont pas été abordés sur le fond. Les citoyens ont donc perdu confiance dans les partis traditionnels.

Si on résume bien: c’en est fini de la Belgique? 

"Nous devons élaborer quelques grands projets d’avenir pour le long terme, à la manière de Kennedy."
Bernard Delvaux
CEO de Sonaca
Bernard Delvaux: Non, mais nous devons réformer le pays. A l’heure actuelle, n’importe quel parti peut bloquer la prise de décision à tous les niveaux. A cause de toutes ces réformes de l’Etat, nous ne savons plus qui décide quoi. Aujourd’hui, plus aucun parti n’est en mesure de mettre en place une véritable réforme.
Prenons trois ou quatre ans pour bien préparer une réforme institutionnelle axée sur l’amélioration et la simplification de nos structures. Certains domaines seront mieux gérés au niveau fédéral, d’autres mieux adaptés à une régionalisation. La Communauté française peut disparaître en tant que niveau de décision. Idem pour les provinces.

Une réforme de l’Etat visant une plus grande efficacité… cela fait longtemps qu’on en parle… 

Bernard Delvaux: Nous devons en effet aller plus loin. Le pays manque de leadership. Nous devons élaborer quelques grands projets d’avenir pour le long terme, à la manière de Kennedy. C’est la seule façon de remotiver la population. Les gens sont convaincus que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. Je ne vois pas pourquoi nous devrions l’accepter et nous résigner.

Françoise Chombar: La Corée du Sud a un jour déclaré: nous voulons devenir une grande nation technologique en dix ans. Et elle y est arrivée. Je ne vois pas pourquoi nous n’en serions pas capables.

Bernard Delvaux: Les projets doivent être très concrets: énergie et mobilité du futur, vieillissement de la population, amélioration des performances du pays grâce à une meilleure compétitivité. Mettons quatre ou cinq de ces projets en chantier et nous y arriverons, comme Kennedy dans les années ’60. Dans mon entreprise, si je ne parle que des problèmes, plus personne ne m’écoutera dans six mois. Mais si je dis: regardez, nous avons un problème, mais nous avons un formidable avenir devant nous si nous trouvons une solution, les gens écouteront et se couperont en quatre. Il faut que le monde politique se concentre uniquement sur ces ‘moonshots’ et sur ces objectifs. Pour leur mise en œuvre, il faut donner plus de poids à l’administration.

Vous pensez que la solution viendra des fonctionnaires? 

Bernard Delvaux: Il faut faire confiance aux experts qui seront chargés de réaliser ces objectifs sur plusieurs années. Ils ont réussi avec bpost et Proximus. Ces entreprises n’ont commencé à bien tourner que lorsque le monde politique a fait un pas de côté et a laissé John Goossens et Johnny Thijs faire leur travail. Les politiciens doivent cesser de faire uniquement du micro management et de s’occuper avant tout de leur réputation. Cela ne mène qu’à des catastrophes.

Ce que vous dites n’est pas très encourageant… 

Françoise Chombar: Au risque de me répéter: les compétences nécessaires pour remporter les élections ne sont pas les mêmes que celles qu’il faut pour diriger un pays. C’est là que se situe le problème.

"Les compétences nécessaires pour diriger un pays ne sont pas les mêmes que celles dont vous avez besoin pour remporter des élections."
Françoise Chombard
CEO de Melexis
Dans une entreprise, quand quelque chose n’est pas bien compris et que vous n’expliquez pas clairement vos objectifs et le pourquoi de ces objectifs, des rumeurs commencent à circuler. Si vous faites bien les choses, les collaborateurs se rangent de votre côté, y compris lorsqu’il faut prendre des décisions difficiles. Cela vaut aussi pour la politique.

Nos élus ne sont peut-être pas les meilleurs gestionnaires, mais ils disposent de la légitimité démocratique. 

Françoise Chombar: Certains sont de bons gestionnaires, mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous. Nous devons rassembler les personnes disposant des compétences nécessaires pour gérer le pays. Il peut s’agir aussi bien de politiciens que de non-politiciens. On peut aussi prévoir davantage de participation directe des citoyens. Nous devrions donner la parole à chaque parlementaire sur les grands projets, et les enregistrer afin que les gens puissent se faire une meilleure idée. Aujourd’hui, les décisions sont prises dans les quartiers généraux des partis qui donnent des consignes de vote aux parlementaires.

Bernard Delvaux: La particratie tue notre démocratie. A court terme, les partis n’ont aucun intérêt à remettre ce système en question, mais…  

Françoise Chombar: Bien sûr que non puisqu’ils en profitent… 

Bernard Delvaux (il rit): Ça, je n’aurais pas osé le dire. A moyen terme, le monde politique devra comprendre qu’à un moment donné, la population va se révolter. Avec la crise du coronavirus, nous pourrions nous retrouver dans la même situation que la Grèce. Ce qui voudrait dire que le système s’est fait hara-kiri.

Avec le Plan Marshall, le précédent gouvernement wallon a essayé de lancer de grands chantiers. Mais sans beaucoup de succès. Idem avec le plan d’investissement stratégique de Charles Michel. 

Bernard Delvaux: Pour le Plan Marshall, nous avons peut-être parcouru 20% du chemin. Le problème, c’est qu’il n’y avait aucune coordination avec les niveaux fédéral ou européen. Nous avons aujourd’hui un beau projet pilote pour la Wallonie. Le gouvernement wallon a annoncé un plan de transition pour l’été. J’espère qu’il ne se résumera pas à un catalogue de mesures, mais qu’il sera cohérent et avec un objectif précis. On verra.

Françoise Chombar: Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, fait quelque chose de comparable avec son Green Deal. Tout n’est pas encore au point, mais la philosophie derrière le projet n’est pas mauvaise.

L’Europe a une occasion en or qui ne se présente que tous les vingt ans. Elle peut transformer cette crise en opportunité. Je pense que les choses tourneront mal aux Etats-Unis. Je m’attends à ce qu’ils perdent beaucoup de terrain en tant que puissance mondiale. La Chine s’arroge une partie de ce terrain, mais l’Europe pourrait faire de même. Nous en sommes capables. Never waste a good crisis.

Retour en Belgique, à l’endroit où nous nous trouvons, c’est-à-dire à Val Duchesse, où de nombreuses crises et de difficiles formations de gouvernement ont été discutées: une formule "miroir", où le gouvernement fédéral devrait nécessairement être composé des majorités régionales, serait-elle une solution? 

Bernard Delvaux: Imaginez une entreprise internationale avec des unités opérationnelles en Europe et aux Etats-Unis. Si l’unité européenne ne s’en sort pas, elle dira que c’est la faute des Américains. Et vice versa. Avec cette mentalité, l’entreprise aura de sérieux problèmes. On ne peut pas former un gouvernement de cette manière. Ça ne fonctionne pas comme ça.

La question fondamentale doit être: comment rassembler à nouveau tout le monde autour d’une même vision et d’objectifs communs? Comment collaborer au lieu de se renvoyer l’un l’autre la responsabilité? Nous avons davantage besoin d’une nouvelle culture que d’une énième réforme de l’Etat.

Françoise Chombar: Les Flamands et les Wallons ne se connaissent plus. Nous devrions commencer par sous-titrer toutes les émissions de télévision dans l’autre langue nationale.

Si nous souhaitons former un gouvernement fédéral avec une portée suffisante, il faut que les Flamands puissent voter pour des politiciens wallons et vice versa, dans une circonscription fédérale. Dans ce cas, les politiciens wallons devront aussi rendre des comptes aux électeurs flamands (Bernard Delvaux acquiesce de la tête).

Vous dites que les Flamands et les Wallons ne se connaissent plus. Dans ce cas, est-il encore possible de définir une vision d’avenir commune? 

Bernard Delvaux: Bien entendu! Il y a plus de différences entre le Brabant wallon et Charleroi qu’entre les Flamands et les Wallons en général. Venez visiter les entreprises technologiques qui gravitent autour de l’Université de Liège ou notre secteur biotechnologique. C’est impressionnant.

Françoise Chombar: Les Flamands et les Wallons ont beaucoup plus de choses en commun que les Flamands et les Néerlandais. Le comité de direction de Melexis compte neuf personnes, dont trois Wallons, un Français, et deux Belges qui vivent en Bulgarie… et nous parlons anglais. Cela ne pose aucun problème. Nous sommes présents dans 14 pays sur trois continents et nous comptons 50 nationalités parmi nos collaborateurs. Ça fonctionne parce que nous accordons beaucoup d’attention aux valeurs de l’entreprise. Cela permet de créer du respect et de la compréhension pour les problèmes qui se posent ailleurs. Sans cette vision commune, ça ne peut pas fonctionner. La Belgique devrait s’en inspirer.

Votre plaidoyer en faveur d’une circonscription fédérale et d’une vision d’avenir commune n’est-il pas une façon d’ignorer les résultats des élections du 26 mai? Près de la moitié des électeurs flamands ont voté pour des partis nationalistes et séparatistes. 

Françoise Chombar: Les gens votent pour les partis extrêmes parce que ceux-ci tiennent un discours identitaire et d’exclusion. Avec les slogans de type ‘les Flamands d’abord’, les électeurs pensent que leur situation s’améliorera. Mais ce ne sont pas de vraies solutions.

L’avocat Marc Uyttendaele a déclaré ceci à propos d’une scission plus poussée du pays: "Si les francophones obtiennent la garantie que la solidarité financière sera maintenue, alors tout est possible." 

Bernard Delvaux: Pour répondre, je vais mettre ma casquette de Wallon. Je suis très déçu que la seule chose qui continue à intéresser la Wallonie soit la solidarité financière et les transferts nord-sud. Le statu quo n’est pas une option. Allez, que les Wallons proposent de regrouper des compétences aux niveaux fédéral, régional et local! Sur le plan fiscal, nous devons aussi oser être radicaux. Imaginons que les impôts ne soient plus levés là où nous habitons, mais à l’endroit où nous travaillons. La Wallonie et la Flandre seraient plus pauvres, mais Bruxelles s’en sortirait mieux.

Françoise Chombar: Les Régions ne sont pas non plus des modèles de bonne gouvernance. Plus on a de gouvernements, plus on dépense. Bien plus que les revenus. Et tout le monde se tourne ensuite vers le Fédéral pour qu’il fasse l’appoint. Les Régions ne sont pas suffisamment responsabilisées au niveau financier. Il faut simplifier le système, mais l’appareil d’Etat doit aussi faire une cure d’amaigrissement. Il coûte beaucoup trop cher et les citoyens n’en ont pas pour leur argent.

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