Frictions entre Anvers et le Fédéral

Certains reprochent à Bart De Wever, le bourgmestre d'Anvers, d'avoir tardé à agir pour des raisons électoralistes. ©BELGA

Bart De Wever, le bourgmestre d'Anvers, est mis en cause pour son manque d'initiative alors que le virus progressait dans des zones bien connues de sa ville.

Une politique "claire, uniforme et logique". C'est ce qu'avait réclamé dimanche le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever dans la perspective du Conseil national de sécurité (CNS) qui s'est déroulé le lendemain.

Au niveau du gouvernement fédéral cependant, on a de plus en plus de mal à cacher un certain agacement quant à l'attitude du président de la N-VA depuis les premiers constats de recrudescence de l'épidémie, singulièrement dans la métropole flamande qu'il dirige. Surtout chez les libéraux francophones.

On se demande pourquoi tout le pays devrait subir un durcissement des mesures de lutte contre le Covid-19 en raison d'un retard à l'allumage déploré à Anvers.

En résumé, on se demande pourquoi tout le pays devrait subir un durcissement des mesures de lutte contre le Covid-19 en raison d'un retard à l'allumage déploré à Anvers. Un témoin se souvient de l'épisode d'il y a une dizaine de jours, lorsque Jan Jambon (N-VA), ministre-président flamand, demandait une réunion d'urgence du CNS. Les contaminations étaient à la hausse, surtout en Flandre.

Lors du comité de concertation convoqué ce dimanche-là par la Première ministre, "on leur a exposé ce qu'ils savaient déjà, raconte une source, à savoir une hausse des cas de Covid dans les communautés turque et juive orthodoxe d'Anvers, mais pas uniquement". Des citoyens anversois qui se sont rendus en Turquie et en Israël (en zone rouge) via des aéroports néerlandais et allemands et n'ont pas respecté les règles de confinement à leur retour, confirment plusieurs sources.

"Bart De Wever se cache derrière le Fédéral alors qu'il aurait pu agir beaucoup plus tôt."
Une source gouvernementale

"Bart De Wever n'a pas pris les mesures nécessaires dans sa ville", poursuit-on. Lors du CNS de jeudi dernier, Sophie Wilmès (MR) annonçait armer les pouvoirs locaux pour contenir d'éventuels clusters. "Les arrêtés ministériels de Pieter De Crem (CD&V) sont sortis vendredi, Bart De Wever avait ce qu'il faut pour agir."

Sciensano dispose, en outre, de tous les outils nécessaires pour détecter les contaminations rue par rue en vue d'organiser des confinements locaux, comme ce fut le cas dans d'autres villes européennes, ajoute-t-on.

En coulisse, on assure que le bourgmestre d'Anvers évite de prendre des décisions difficiles pour des raisons électoralistes: "Il se cache derrière le Fédéral alors qu'il aurait pu agir beaucoup plus tôt."

La faute à pas de chance

Bart De Wever a dit ce week-end qu'Anvers avait "manqué de chance" avec ce retour en force du virus. "La deuxième vague est non seulement arrivée plus tôt que prévu, mais il est aussi illusoire de croire qu'elle va rester locale. Pour cela, il est tout simplement trop tard", concédait-il en expliquant les difficultés éprouvées dans une ville comme Anvers pour faire respecter le port du masque obligatoire.

Côté francophone, on le soupçonne de vouloir nationaliser le problème anversois pour fuir ses responsabilités alors que la situation wallonne est beaucoup moins préoccupante.

Côté francophone, on le soupçonne de vouloir nationaliser le problème anversois pour fuir ses responsabilités alors que la situation wallonne est beaucoup moins préoccupante. C'est aussi une question économique. En Wallonie, on a vu des bourgmestres "prendre leurs responsabilités". Au final, c'est la province et non la ville d'Anvers qui a pris les commandes lundi.

Dès samedi matin et deux jours après le dernier CNS, c'est Maggie De Block, ministre Open Vld de la Santé, qui prenait la Première ministre de court en réclamant l'avancement du CNS à ce lundi. Samedi, on a fait circuler l'idée que cette anticipation (le prochain CNS devait se tenir vendredi) était plus liée à de mauvaises nouvelles sanitaires (la détection de supercontaminateurs) qu'à des pressions exercées par les partis flamands.

À la décharge de Bart De Wever, nombreux furent (et nombreux sont toujours) les experts pour indiquer que la prise en charge de ce qu'il faut bien appeler une deuxième vague est un peu légère. Il faut une double approche, plaide le gouvernement fédéral: une action locale pour contenir les foyers du virus et des mesures globales pour encadrer les comportements individuels.

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