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Garder la tête hors de l’eau

Rédacteur en chef adjoint

Le nouveau confinement, même plus léger qu'en mars, sera long et douloureux. Et même ce qui continue à tourner est en péril si on n'y prête pas attention.

L’étau s’est resserré. Un coup de frein pour la vie des Belges. Ce (re)confinement est plus « light » qu’en mars. Et pourtant. Une fois de plus, c’est le grand plongeon. Celui qu’on voulait éviter.

C’est même un triple salto que la société doit à nouveau réaliser.

Le saut sanitaire d’abord. Les hôpitaux débordent, tous prêts à passer outre du parapet de sécurité. Sans compter les 20% à 30% d’absentéisme que compte ce secteur déjà sur les genoux.

Le grand plongeon social ensuite. Sommes-nous les seuls à nous reconfiner ? Non. Le dérapage est global. Avec ses 5.800 lits de réanimation, la France également ne peut faire autrement. Échec généralisé, donc. Mais échec quand même. Et c’est seulement dans la fournaise qu’on pense à utiliser un vrai thermomètre : pourquoi a-t-on autant attendu avant de penser aux tests rapides ?

Les entreprises pourront continuer à tourner, mais à quel rythme? Les entreprises n’investissent plus. Un constat qui a alarmé la BNB ce jeudi.

Le plongeon économique est tout aussi vertigineux. Les commerces devront fermer leurs portes pendant six semaines. En face, les entreprises pourront continuer à tourner, mais à quel rythme? La curée en Bourse du géant allemand de logiciels SAP l’a montré cette semaine : les entreprises n’investissent plus. Un constat qui a aussi alarmé la BNB ce jeudi. Nous sortirons meurtris, mais prêts à rebondir, comme l’ont montré cette semaine les résultats trimestriels de Melexis et d’AB InBev. C’est pour cela que les autorités n’ont d’autre choix pour l’instant que de panser les plaies les plus profondes de la société : reconstruire un pays mis sous cloche coûte moins cher que reconstruire un pays en ruine.

Les autorités n’ont d’autre choix que de panser les plaies les plus profondes de la société : reconstruire un pays mis sous cloche coûte moins cher que reconstruire un pays en ruine.

En attendant, pour maintenir un service minimum autour de ces trois piliers de nos sociétés – sanitaire, social et économique –, ces mêmes autorités doivent avoir trois plans d’attaque : dégonfler la « bulle » de l’absentéisme avec une nouvelle stratégie de testing (il y va de la survie de nos entreprises au front, dont les hôpitaux), garantir le fonctionnement des écoles en combinant intelligemment l’enseignement à distance et en présentiel (il y va de la santé mentale de nos jeunes) et soutenir à bout de bras les services essentiels (hôpitaux, évidemment, mais aussi grande distribution, énergie, gestion des déchets).

Plus que lors de la première vague, la crise sera longue et difficile. Car les experts nous parlent déjà de troisième, de quatrième vague. Car toute la population pourrait ne pas être vaccinée avant 2022, entend-on auprès d’institutions comme l’OMS. Car du marathon – 42,2 kilomètres, nous n’en avons parcouru que les 5 premiers, a prévenu Alexander De Croo.

Alors pinçons-nous le nez et sautons. Et tâchons ensemble, autorités, entreprises, citoyens, de garder la tête hors de l’eau.

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