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Georges-Louis Bouchez, l'outsider devenu favori du MR

©Photo News

Le Montois a officialisé sa candidature à la présidence du MR. Ses soutiens se sont multipliés à la tête du parti. Notamment dans le clan Reynders.

L’officialisation ce jeudi de la candidature de Georges-Louis Bouchez à la présidence du MR n’aura pas surpris grand monde. L’ambition du Montois s’alimentait d’elle-même sans jamais être démentie depuis plusieurs jours. Restait à savoir si elle pouvait compter sur des soutiens suffisants pour faire de lui ce qu’on appelle déjà en interne "le candidat de l’appareil". En d’autres termes, le favori des cadors du parti, dont naturellement le président sortant Charles Michel. Depuis ce jeudi, on peut dire que c’est le cas. Il semble que Georges-Louis Bouchez ait éliminé les dernières résistances qui pouvaient s’exprimer dans ce qui reste du clan Reynders.

Ainsi était-il reçu au cabinet du ministre des Pensions et patron du MR liégeois Daniel Bacquelaine mercredi matin. Il était accompagné du ministre wallon Jean-Luc Crucke, soutien de la première heure, et de la députée wallonne et ex-ministre fédérale Sabine Laruelle. On est là au cœur de la galaxie Reynders. Cette réunion a permis de sceller l’alliance qui devrait incessamment se traduire par des soutiens publics de la candidature Bouchez. On rappelle qu’à ce jour, celle-ci ne s’oppose qu’à celle de Denis Ducarme, parti très tôt en campagne pour la présidence libérale. La confirmation des ambitions de Georges-Louis Bouchez fait s’éloigner la perspective de voir Valentine Delwart, secrétaire générale du parti, monter au front. Ce scénario avait été envisagé pour éviter une guerre sanglante entre Bouchez et Ducarme. Les candidats ont jusqu’au 11 octobre pour se déclarer.

"Cette exigence s’apparente à une dérive antidémocratique."
Christine Defraigne
Candidate possible à la présidence du MR

Selon plusieurs échos libéraux, un consensus relativement large est donc en train de se tisser autour de la candidature d’un Georges-Louis Bouchez qui, à 33 ans, incarne un changement générationnel au MR. "C’est totalement nouveau mais on observe que les cadres de notre formation sont en demande de voir émerger les trentenaires et les quadragénaires", estime un libéral en vue. Certes, sans doute même, mais cette forme d’adoubement du Montois crispe quelques esprits libéraux. De nouvelles candidatures sont toujours possibles. Philippe Goffin, par exemple, pourrait venir s’intercaler, pourquoi pas pour neutraliser une autre candidate liégeoise: Christine Defraigne. Celle-ci veut faire exister un courant plus social chez les libéraux et est d’ailleurs venue – malgré elle, assure-t-elle – perturber l’officialisation de la candidature de Georges-Louis Bouchez dans la presse.

Ce jeudi matin, le chroniqueur Michel Henrion rendait public sur Twitter un courrier de Christine Defraigne adressé à son parti. L’échevine liégeoise, qui pourrait donc elle aussi viser la présidence du parti, s’y inquiète du fait que son éventuelle candidature ne serait pas recevable. L’annonce, par le MR, du lancement de la procédure électorale stipulait en effet que seuls les membres du Comité général du parti (ministres députés, etc.) pouvaient se porter candidats. Or Christine Defraigne n’en fait pas partie. Dans sa lettre, elle explique que cette structure interne – effectivement peu connue – est caduque.

Risque d’annulation de l’élection

L’exigence exprimée par le MR "ne peut être un motif juridique et politique valable d’irrecevabilité", écrit-elle. Selon elle, le PRL n’existant plus, le Comité général ne peut plus être valablement composé. "Exiger aujourd’hui d’un candidat qu’il appartienne à ce comité composé de fantômes s’apparente à une confiscation du pouvoir et à une dérive antidémocratique", par ailleurs contraires aux statuts du parti qui prévoient "l’égalité et les chances pour tous", argumente Christine Defraigne.

Contactée par L’Écho, Christine Defraigne précise que ce courrier n’avait pas vocation à se trouver sur la place publique mais, "au-delà de son cas personnel", devait attirer l’attention du parti sur un problème de procédure qui pourrait servir de base à un recours de n’importe quel militant et ainsi exposer le résultat du scrutin à une annulation. Le MR a officiellement voulu couper court à toute forme de limitation des candidatures. "Nous confirmons donc que, conformément aux statuts, toutes les candidatures reçues avant le vendredi 11 octobre à 16h seront soumises à l’examen du Conseil du Mouvement réformateur sur la base d’une présentation objective de la situation, dit un communiqué signé par Richard Miller et François-Xavier de Donnea, qui pilotent le processus électoral. Aucune candidature n’est rejetée a priori. Toute ambiguïté sera analysée par le Conseil du Mouvement réformateur, qui se réunira le lundi 14 octobre 2019 avec pour mission de statuer à la majorité simple sur la recevabilité de chacune des candidatures."

En fin de journée, il apparaissait clair que le parti ne s’opposerait pas à une candidature de Christine Defraigne.

En attendant, le duel Ducarme/Bouchez peut commencer. Les deux hommes étaient déjà en concurrence interne dans le Hainaut et vu leur antagonisme, il n’est pas encore dit que cette campagne se déroule dans le calme.

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