Grève chez Ryanair: sans doute le 28 septembre

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Les syndicats de la low cost ont mis bas les armes en été pour ne pas léser les vacanciers. Malgré quelques accords sporadiques, le conflit va reprendre force et vigueur sur le plan social. Outre des grèves nationales, une large action syndicale aura lieu la dernière semaine de septembre. La date sera fixée jeudi prochain.

Le climat se rafraîchit pour Ryanair. Si les syndicats du personnel de la compagnie ont mis la pédale douce cet été pour épargner les vacanciers, la rentrée sera moins propice aux déplacements sur la low cost. Forts de leurs succès récents, tant les pilotes que les personnels de cabine – et même depuis ce vendredi certains personnels au sol – s’unissent davantage pour des actions communes.  Et la dernière semaine de septembre s’annonce carrément historique.

Vendredi après-midi, à Rome, des syndicats du personnel de cabine (et du sol dans le cas du Portugal) ont marqué leur accord pour une journée de grève la dernière semaine de septembre. Quand? La date n’est pas encore fixée, mais le sera jeudi prochain, lors d’une nouvelle réunion qui se tiendra, cette fois, à Bruxelles. Mais selon lundi Didier Lebbe, secrétaire permanent à la CNE, cette date a été fixée "jusqu'à nouvel ordre" au vendredi 28 septembre.

Là aussi, on notera une bonne volonté syndicale à l’égard du transporteur. En respectant un préavis de 14 jours, la compagnie peut annuler des vols sans indemnités autres que celles du remboursement éventuel des billets ou de transferts sur d’autres vols. Bien sûr, il y a toujours la question de vols retours et de la bonne volonté de Ryanair de souscrire à ses obligations, mais disons que les pénalités sont limitées en cas de préavis (et d’annulations de vol) présenté à temps.

Appel aux actionnaires

Nous n'excluons en outre pas des actions, comme des grèves, plus sporadiques pays par pays d'ici la fin du mois.
Didier Lebbe
Secrétaire permanent du syndicat chrétien

Sept syndicats de cinq pays (Italie, Portugal, Espagne, Pays-Bas et la Belgique avec la CNE/LBC – mais d’autres syndicats, y compris de pilotes pourraient suivre) ont signé ce vendredi un communiqué commun qui s’adresse essentiellement aux actionnaires de Ryanair et, indirectement, bien sûr à la direction. Il rappelle en substance que l’action Ryanair a dégringolée cet été, que les réservations sont en chute libre et qu’en définitive, ce n’est pas étonnant à la veille d’un mouvement de mobilisation sans précédent.

Durant l’été, explique le collectif, après les premières grandes grèves, des discussions inutiles ont eu lieu, alors que la compagnie, en se fondant sur une culture d’entreprise éculée et contraire aux lois européennes, "Ryanair a ajouté à sa liste de menaces au personnel des blocages de séniorité ou de transferts dans des escales"(proches de leur domicile). "Des accords qui ont été signés çà et là ne sont pas applicables partout et risquent d’ailleurs d’être mis à mal par la législation européenne."

Les exigences des syndicats sont assez simples: que Ryanair respecte les lois (sociales en particulier) nationales, les contrats types de ces pays et les standards habituels. Les syndicats demandent aussi aux autorités nationales de faire respecter leurs propres lois et à la Commission européenne d’intervenir "sans dire bêtement qu’on doit se mettre autour de la table avec Ryanair, alors qu’on ne fait que ça", comme nous le disait Didier Lebbe (CNE), à l’issue de la réunion de Rome.

Au passage, le même représentant de la CNE nous demandait de faire passer le message au ministre Kris Peeters de faire appliquer la loi "et pas d’intervenir dans les discussions avec Ryanair".  Chacun à sa place, en quelque sorte.

Avertissement sans frais

Que retenir de tout ceci? D’abord, que l’union des syndicats se renforce et que la tactique du "diviser pour régner" chère à O’Leary (CEO de Ryanair) s’estompe. Ensuite que l’incertitude qui se fait jour cet automne nuit gravement au volume des réservations de la low cost. Le principe selon lequel "plus on réserve tôt, meilleur marché ce sera" devient invalide en cas d’annulation des vols. Surtout, compte tenu de la (très) mauvaise volonté de la low cost de rembourser ou de trouver des solutions alternatives pour des passagers en carafe.

Il est fini le temps où les voyageurs acceptaient tout et n’importe quoi pour des prix modérés. Aujourd’hui, la certitude de pouvoir partir le jour prévu, à l’heure annoncée est une priorité. Et Ryanair ne peut plus rien garantir. Provisoirement?

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