Guère plus de policiers présents sur le terrain

©Photo News

Sur les 2.500 agents appelés à être affectés aux missions centrales de la police, seuls 98 ont été mobilisés.

Deux ans se sont écoulés sans grand résultat sur la promesse du gouvernement de renforcer l’effectif policier sur le terrain. Durant les vacances de Noël 2015, le gouvernement promettait encore qu’il libérerait, par le biais d’une vingtaine de réformes impliquant notamment l’externalisation de certains services de police et l’affectation de militaires, pas moins de 2.500 policiers pour des tâches relevant véritablement du cœur de métier de la police.

L’agent redeviendrait un véritable agent, nous disait-on. Mais deux ans plus tard, le bilan du programme donne 98 agents libérés sur les 2.500 promis. C’est ce qui ressort des chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) lui-même dans une réponse écrite au député N-VA Koenraad Degroote.

Huit collaborateurs à temps plein de plus parce que la transcription intégrale d’écoutes téléphoniques et d’interrogatoires filmés n’est plus nécessaire.
.

Le ministre Jambon est parvenu à libérer 55 policiers à plein-temps en réduisant la "police à cheval" à deux pelotons opérationnels. En mettant un terme aux opérations d’enseignement de la conduite par le personnel de la police fédérale, la police de la route a récupéré 25 hommes à temps-plein.

Et au cours des deux années suivantes, le nombre de policiers libérés a à peine augmenté. Huit collaborateurs à temps plein de plus parce que la transcription intégrale d’écoutes téléphoniques et d’interrogatoires filmés n’est plus nécessaire. Et 10 de plus encore grâce à la sous-traitance de la régulation de la circulation sur les aéroports.

473
Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon compte encore "libérer" 473 agents via la mise sur pied d’une "Direction de la sécurisation".

Mais le ministre Jambon déclare pouvoir libérer quelque 473 policiers (350 locaux et 123 fédéraux) supplémentaires par la création d’une nouvelle "Direction de la sécurisation" (DAB) pour toutes sortes de tâches de surveillance, notamment dans les bâtiments judiciaires. Et que ce mois-ci d’ailleurs, les premiers agents de sécurité ont commencé leur formation dans cette optique.

Concernant les autres réformes promises, selon ses propres dires, le ministre Jambon ne peut y coller encore aucun chiffre ni aucune date. Les sources bien informées laissent entendre que beaucoup des réformes et plans de sous-traitance planifiés se sont avérés irréalistes ou trop onéreux.

Quant à l’embauche de militaires dans la police et aux collaborations avec la Défense, notamment l’appui aérien, celles-ci se déroulent beaucoup moins rapidement que prévu. Même son de cloche pour le renforcement des effectifs de surveillance privés. Le gouvernement ne pourra pas tenir sa promesse de libération de 2.500 agents.

Le ministre Jambon n’a pas voulu réagir ce mercredi. Son collègue de parti Koenraad Degroote, qui avait demandé les chiffres, a félicité le ministre "pour son sens de l’initiative et avoir tout de même réussi à libérer près de 100 policiers". "Mais cela demande du temps, et le ministre est en bonne voie", nous dit-on.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content