Haro sur l'obsolescence programmée... mais pas trop vite

L'obsolescence programmée concernerait de nombreux produits électroniques et électroménagers.

La lutte contre l'obsolescence programmée est à nouveau au coeur de discussions à la Chambre. Les mesures et le timing ne font toutefois pas consensus.

Une tablette qui cesse de fonctionner juste après l'échéance de la garantie, un smartphone de plus en plus lent après chaque mise à jour de son logiciel, une machine à laver qui rend l'âme après trois ans,... Nombreux sont les consommateurs qui ont déjà été confrontés à de telles situations. Leur cause? L'obsolescence programmée. Autrement dit, les démarches sciemment réalisées par des fabricants afin de limiter la durée de vie de leur produit. 

Sous la précédente législature, deux ans de palabres n'avaient pas suffi à dégager une majorité parlementaire sur un texte contraignant pour lutter contre le phénomène. Qu’importe, plusieurs formations politiques (Ecolo-Groen, PS et cdH) reviennent aujourd'hui à la charge avec de nouvelles propositions de loi. Établir une définition claire de l'obsolescence programmée, la sanctionner, mais aussi prendre des mesures assurant la durabilité et la récupérabilité des produits font partie des options sur la table.

Attendre l'Europe?

Consciente de l'enjeu, l'Europe s'est aussi saisie du problème. Plusieurs directives visent en effet à rompre avec "le modèle linéaire de l'économie actuelle pour passer à un modèle plus vertueux", a souligné mercredi Emmanuelle Maire de la Commission européenne, à la Chambre. Dans cette optique, la lutte contre l'obsolescence programmée occupe une place de choix.

"La Belgique est une petite économie ouverte. Une mesure qui irait plus loin que celles adoptées dans les autres pays de l'UE pourrait affaiblir notre compétitivité."
Beatrice Vanden Abeele
Agoria

Parmi les futures règles européennes figure d'ailleurs l'allongement du délai de garantie légale des produits. Dès 2022, il passera à un minimum de deux ans dans l'ensemble de l'UE. À la Chambre, certains voudraient toutefois aller plus loin et plus vite.  

Pour les fédérations du commerce, Comeos, et de l'industrie technologique, Agoria, il n'y a pas de raison de se montrer plus volontariste que ne l'exige l'Europe. "La Belgique est une petite économie ouverte. Une mesure qui irait plus loin que celles adoptées dans les autres pays de l'UE pourrait affaiblir notre compétitivité", a notamment mis en garde Beatrice Vanden Abeele d'Agoria. "Une harmonisation maximale est nécessaire sur le marché européen afin d’éviter des distorsions de concurrence", a abondé Nathalie De Greve pour Comeos.

"En fonction des intérêts et des lobbys, on nous dit qu’il ne faut pas aller plus vite que l’Europe."
Patrick Prévot
Député PS

"En fonction des intérêts et des lobbys, on nous dit qu’il ne faut pas aller plus vite que l’Europe. On la décrie souvent, mais on se retranche derrière elle quand ça arrange", a ironisé le député Patrick Prévot (PS). Un consensus parlementaire sur la manière de lutter contre l'obsolescence programmée semble pour l'heure loin d'être acquis.

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