Horizon 2020 pour les grands procès des attentats

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Le procès Abdeslam – quasiment – achevé donne une idée de la folie qui risque de s’emparer des palais de justice de Bruxelles et Paris, lorsque seront jugés les énormes dossiers des attentats de Paris et Bruxelles.

Selon plusieurs sources judiciaires proches des dossiers, ceux-ci sont proches de la fin, bien que tout puisse encore évoluer. "En France, il y a quelques mois, le juge aurait dit qu’il restait encore un an d’enquête. En Belgique, c’est la même chose. Mais ce sont des estimations vagues, rien n’est arrêté", indique un avocat présent dans les deux dossiers. Pour un autre conseil d’un prévenu présent dans les deux affaires, "l’horizon 2020 est tout à fait envisageable pour les procès des attentats de Paris et Bruxelles". Selon nos informations, le parquet fédéral et le parquet de Paris ont d’ores et déjà passé un accord pour que Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, soit d’abord jugé en Belgique avant de l’être en France.

Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, sera d’abord jugé en Belgique avant de l’être en France.

Les enquêtes menées à Paris et Bruxelles sont proches du dénouement mais il reste encore de nombreux suspects à appréhender. Parmi ceux-ci, Ahmed Alkhald, artificier en chef des attentats de Paris et "professeur" en matière d’explosifs du kamikaze de Zaventem, Najim Laachraoui. Cet homme a quitté Bruxelles peu après les attentats de Paris et n’a pas été retrouvé depuis. Autre figure majeure, le belge Oussama Atar, que les autorités françaises dépeignent comme l’un des commanditaires des attentats du 13 novembre 2015.

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Les recherches afin de les localiser sont toujours en cours, que ce soit en France ou en Belgique. Par ailleurs, de nombreux suspects belges des attentats de Paris ont été remis à la France, où ils sont désormais incarcérés (Mohamed Bakkali, Mohammed Amri, Hamza Attou, etc.)

Selon une source judiciaire française, la justice antiterroriste hexagonale est assez épatée par la capacité des enquêtes belges à avancer vite, comme le prouve la rapidité avec laquelle ont été jugés des dossiers tels que l’attaque terroriste de janvier 2015 à Verviers, qui devrait bientôt passer aux assises. Pour autant, la véritable difficulté sera de juger, à Paris et Bruxelles, des faits relevant de la même et unique cellule et commis avec la même intention. Un véritable casse-tête juridique s’annonce pour éviter le "non bis in idem", qui veut que l’on ne puisse être jugé deux fois pour les mêmes faits.

En attendant, avec le procès Abdeslam, la Belgique a prouvé sa capacité à juger sereinement – et rapidement – des faits et des hommes. Le procès de Salah Abdeslam est finalement une réussite organisationnelle.

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