"Il est déjà possible de quitter l'école à 15 ans" (Marie-Martine Schyns)

©Frédéric Pauwels / HUMA

Pour la ministre de l'Enseignement, évoquer la fin de l'obligation scolaire à 16 ans démontre que Pierre-Yves Jeholet ne connaît pas le dossier "enseignement". "Il est déjà possible de quitter l'école à 15 ans pour aller se former en alternance", dit Marie-Martine Schyns.

"Pierre-Yves Jeholet ferait mieux d'étudier ses dossiers, il existe déjà la possibilité de sortir du système scolaire à partir de 15 ans." C'est avec cette précision que la ministre de l'Enseignement, Marie-Martine Schyns, a répondu à la proposition de son collègue wallon de l'emploi, Pierre-Yves Jeholet, qui propose d'abaisser l'obligation scolaire à 16 ans afin de permettre aux jeunes en décrochage scolaire de se former en entreprise. 

A 15 ans, les élèves ont déjà la possibilité de basculer vers le système de l'enseignement en alternance (2 à 3 jours par semaine en entreprise), rappelle ainsi la ministre. Les jeunes peuvent aussi bien aller vers les IFAPME (gérées par la Région wallonne) que dans les SFPME (gérés par la Cocof). 

Pour avoir accès à ce système, les élèves doivent avoir fréquenté au moins pendant deux ans le 1er degré du secondaire, même s'ils ne l'ont pas réussi, et avoir atteint l'âge de 15 ans. Il s'agit donc bien ici d'un public en décrochage

Ces dispositions risquent-elles d'être remises en cause dans le cadre du pacte d'excellence, dont certains disent qu'il n'a pas suffisamment mis l'accent sur l'enseignement en alternance? "Non, dit Schyns, le pacte ne prévoit absolument pas de toucher à cette disposition." 

La ministre précise également qu'elle a déjà sollicité le ministre Jeholet pour évoquer le renforcement des collaborations entre la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles sur l'alternance, mais il a attendu le 20 avril dernier pour réagir. Rien n'a encore été fait, précise le cabinet de la ministre.  "Il est facile de faire de grandes déclarations dans la presse, mais quand il s'agit d'organiser une réunion, on ne voit rien venir", dit-on au cabinet Schyns. 

"Il est facile de faire de grandes déclarations dans le presse, mais quand il s'agit d'organiser une réunion, on ne voit rien venir"
Le cabinet Schyns

Marie-Martine Schyns soulève aussi un autre problème que n'évoque pas Pierre-Yves Jeholet dans sa proposition. Il y a actuellement 11.512 jeunes inscrits dans la formation en alternance, mais il reste aussi 2.870 jeunes sur le carreau qui voudraient entrer dans le système, mais ne trouvent pas de place en entreprise...

"Il faut avant tout convaincre et informer les entreprises du bien-fondé de l'alternance, conclut Schyns, qui rejette toute piste de régionalisation de l'enseignement, comme évoquée par Jeholet. "Elle n'a pas de sens, il y a déjà un contrat d'alternance commun entre l'IFAPME et le SFPME, avec un OIP commun pour le gérer."

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