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Inoculer la confiance dans la vaccination

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Alors qu'un nouveau vaccin prometteur est annoncé, la Belgique définit sa stratégie. Notre pays ne peut pas se louper. La relance économique en dépend.

Après Pfizer, Moderna. La biotech américaine a annoncé ce lundi qu’un autre vaccin contre le Covid-19 était efficace à plus de 90%. Mieux : les conditions de distribution et de conservation du vaccin de Moderna sont plus faciles – un simple frigo suffit. "La lumière au bout du tunnel est de plus en plus vive", selon les termes d’Atul Gawande, professeur à Harvard et conseiller de Joe Biden.

L’OMS a rappelé ce lundi que la commercialisation d’un vaccin n’éradiquera pas le Covid-19 d’un coup de baguette magique.

C’est une très bonne nouvelle en effet, avec les mêmes réserves que pour le vaccin de Pfizer: le produit de Moderna doit encore être approuvé par les autorités sanitaires, sa distribution sera progressive, on ne connaît pas encore tous les détails de ses performances (l’efficacité sur les groupes à risques et la durée de protection, par exemple). L’OMS a rappelé ce lundi que la commercialisation d’un vaccin n’éradiquera pas le Covid-19 d’un coup de baguette magique. La perspective a beau être réjouissante, elle ne dispensera pas de respecter longtemps encore d’autres mesures comme les masques, les distances physiques, les tests, les quarantaines…

Jusqu’à présent, dans la gestion de l’épidémie, les gouvernements belges n’ont pas brillé par leur justesse et leur sens de l’anticipation.

C’est dans ce contexte que la Belgique est en train d’élaborer sa stratégie de vaccination. Nos dirigeants ne peuvent pas se louper. Toute la relance économique du pays en dépend. Il faudra notamment s’assurer d’avoir les stocks suffisants en même temps que nos voisins. Jusqu’à présent, dans la gestion de l’épidémie, que ce soit pour le confinement, le testing, le tracing, les masques ou la communication, les gouvernements belges n’ont pas brillé par leur justesse et leur sens de l’anticipation.

Ce ne sera pas une mince affaire. Un Belge sur cinq ne veut pas se faire vacciner et une proportion encore plus élevée est hésitante ou réticente, selon les sondages.

Ce lundi, la conférence interministérielle a pris une décision importante: la vaccination sera gratuite pour tous et ne sera pas obligatoire. Ce qui met en exergue le plus grand défi pour les prochaines semaines: convaincre une large majorité de la population de se faire vacciner. Ce ne sera pas une mince affaire. Un Belge sur cinq ne veut pas se faire vacciner et une proportion encore plus élevée est hésitante ou réticente, selon les sondages. Dans un climat où la défiance envers les autorités a rarement été aussi grande, où les thèses complotistes et les fausses informations font florès, il faudra autre chose qu’une sympathique lettre à Saint-Nicolas…

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