Intempéries en Belgique: le bilan provisoire s'établit à 31 décès et 70 disparus

Pepinster fait partie des communes les plus touchées par les inondations de la semaine dernière. ©Photo News

Dans les zones sinistrées par les intempéries de la semaine dernière en Belgique, les recherches de corps de victimes se poursuivent. La police fédérale entre ce lundi dans une phase de recherche structurée des victimes.

Le bilan provisoire officiel des inondations qui ont frappé la Belgique s'établit ce lundi à 31 personnes décédées et 54 personnes hospitalisées, a communiqué le centre fédéral de crise au cours d'une conférence de presse en fin de matinée. Dix-neuf personnes parmi les victimes ont été identifiées.

Le directeur du centre fédéral de crise, Bart Raeymaekers, n'a pas caché que ce bilan s'alourdirait encore dans les heures et jours qui viennent. Mais alors que 127 personnes étaient encore portées disparues ou injoignables ce lundi, une cinquantaine d'entre elles ont pu reprendre contact avec les autorités. Le bilan provisoire de la catastrophe s'établit donc désormais à 70 disparus

Une recherche structurée des victimes

La police fédérale entre ce lundi dans une phase de recherche structurée des victimes. Elle va commencer à Pepinster et dans le camping d'Esneux en province de Liège, deux endroits où beaucoup de victimes sont recensées. D'autres lieux seront déterminés dans les jours qui viennent. Des chiens pisteurs seront déployés. Le service "Disaster Victim Identification" (DVI) s'appuiera sur son équipe de 25 personnes qui recevra le renfort de 50 autres personnes issues des laboratoires et des assistants de police, et 25 personnes d'autres disciplines (médecins, odontologues, protection civile). 

Le travail s'articule en deux volets, le premier "ante mortem" qui consiste à collecter des éléments ayant trait aux victimes (vêtements, objets, dentition, etc.) et le second post mortem, qui concerne les éléments liés aux corps retrouvés. Une équipe est chargée de faire la jonction entre ces deux volets selon des standards établis internationalement et particulièrement stricts, selon M. Demesmaeker.

Cette tâche est difficile et atypique, a fait remarquer le commissaire général, Marc De Mesmaeker. Le nombre de victimes est considérable, le courant a transporté des corps sur des kilomètres et les a sans doute démembrés, bon nombre d'endroits sont en outre toujours dangereux.

Les gestes de solidarité se multiplient

Depuis jeudi, que ce soit en biens matériels, en nourriture, ou en coup de main sur place, des centaines de citoyens proposent leur soutien aux personnes sinistrées", a souligné le centre de crise, sur son site internet, appelant les volontaires à contacter la Croix-Rouge qui a ouvert un compte pour récolter des dons.

La météo s'est heureusement améliorée sur l'ensemble du pays avec la fin des précipitations dès vendredi, l'apparition du soleil et l'arrivée de températures estivales samedi. En conséquence, le niveau des cours d'eau a reflué, dévoilant un paysage de désolation. Au total, quelque 120 communes ont été touchées à travers le pays.

Déjà 3,9 millions d'euros collectés par la Croix-Rouge

La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, a appelé les citoyens qui veulent venir en aide aux victimes des inondations à faire un don sur le compte de la Croix-Rouge. "Il y a un grand besoin d'aide financière qui permettra aux organisations humanitaires sur place de travailler de manière souple et répondre de manière efficace aux besoins des gens. C'est pour le moment la meilleure façon d'aider", a-t-elle expliqué lundi au cours d'une conférence de presse. Les victimes peuvent s'adresser au fonds des calamités, qui dépend des Régions.

Lundi matin, les Belges avaient déjà versé 3,9 millions d'euros de dons sur le compte spécial ouvert par la Croix-Rouge de Belgique et la "Rode Kruis-Vlaanderen". L'argent récolté sera utilisé très prochainement de manière à soutenir efficacement les sinistrés.

Lors de ce genre de catastrophes de grande ampleur, l'organisation du soutien aux sinistrés se décline en plusieurs phases d'actions: l'intervention de première urgence (abris, vivres et soins), suivie de l'évaluation plus précise des besoins, puis de la reconstruction. "Nous sommes seulement dans l'intensité de la première phase pour laquelle, à ce stade, nous avons déjà engagé 700.000 euros. La phase 2 d'évaluation des besoins ne fait que commencer. Les dons reçus sur le 2525 seront intensivement utilisés durant cette seconde phase. Et sur la base de ces besoins, des tâches concrètes seront planifiées pour aider toutes les victimes de manière efficace et à long terme", a expliqué la Croix-Rouge à travers son communiqué.

Les dons peuvent être versés à la Croix rouge au numéro de compte BE70 0000 0000 2525. Un don unique de 1 euro peut également être fait par SMS au 4330 avec la mention "Solidarity".

Le Premier ministre Alexander De Croo et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont rendus samedi à Rochefort (Sud) et à Pepinster (Est), des communes frappées par la catastrophe.

©BELGA

Appel au fonds de solidarité de l'UE

Durement touchée, la Belgique va demander l'activation du fonds de solidarité de l'Union européenne, a annoncé samedi Alexander de Croo en marge d'une visite à Maaseik.

"Les communes ne peuvent pas, à elles seules, supporter le coût de la reconstruction."
Alexander De Croo
Premier ministre

"Les premiers contacts ont déjà été pris et il en ressort que la Belgique a de grandes chances de pouvoir bénéficier de cette aide", a assuré le Premier ministre selon qui les dégâts devraient se monter à plusieurs centaines de millions d'euros.  

"Il y a beaucoup de dégâts dans tout le pays. Les communes ne peuvent pas, à elles seules, supporter le coût de la reconstruction et nous allons les aider avec ce mécanisme européen de solidarité", a ajouté Alexander De Croo en saluant une nouvelle fois le travail des services de secours et des volontaires.

"Le grand nettoyage reste à faire. L'eau est partie, en laissant derrière elle beaucoup de boue et de misère", a poursuivi le Premier ministre qui a promis, par ailleurs, une analyse approfondie du travail des secours et du fonctionnement des bassins d'eau.

Également présent à Maaseik, le ministre-président flamand Jan Jambon a assuré que le fonds flamand pour les catastrophes interviendrait également pour dédommager les victimes. "Il n'y a aucun doute que c'est une catastrophe naturelle. Nous allons essayer d'intervenir le plus rapidement possible afin de répondre aux besoins des gens", a-t-il dit.

Stabilisation de la situation

Dans les zones sinistrées, la situation connaît sur le terrain une "stabilisation", indique le gouvernement fédéral dans un communiqué. Après les sauvetages d'urgence et l'évacuation des survivants, les travaux de ces dernières heures ont permis de rendre à nouveau accessibles l'essentiel des zones sinistrées à la faveur du reflux des cours d'eau dans leur lit. "Il s'agit maintenant de poursuivre la recherche des personnes disparues, d'estimer les dommages causés aux infrastructures de base pour l'eau, l'électricité, la mobilité et la communication, et de commencer les réparations provisoires ou définitives. Ces interventions permettront également à certaines personnes de regagner leurs habitations", ajoute le communiqué du gouvernement fédéral.

Il rappelle par ailleurs que les régions inondées "ne sont pas des sites touristiques". "Malgré les appels répétés à ne pas se rendre inutilement sur le lieu de la catastrophe, nous constatons que de nombreuses personnes ignorent cette recommandation. Dans les zones touchées, les services d'urgence sont toujours très actifs et les débris sont en train d'être déblayés. Les curieux peuvent entraver ce travail, par exemple, en se garant au mauvais endroit ou en compliquant la circulation sur des routes déjà difficiles d'accès. Afin d'aider les victimes, nous demandons à nouveau à chacun d'éviter les visites inutiles dans les régions touchées", insistent les autorités fédérales.

Si des Belges avaient projeté de passer des vacances dans les Ardennes cet été, ceux-ci sont invités à s'informer de la situation sur place auprès du propriétaire du logement loué, ou auprès de l'office du tourisme local.

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