Publicité
Publicité

Intempéries: la (re)construction craint la surchauffe

L'unité de production du chocolatier Galler à Vaux-sous-Chevremont a été éventrée par les crues. ©AFP

Beaucoup d'entreprises et d'indépendants ont été impactés par les crues en Wallonie. Il faudra des mois pour relancer l'activité. Mais certains secteurs redoutent la surchauffe et les pénuries.

Ici une boulangerie dont les frigos et les fours baignent encore dans la boue, là un magasin contraint de jeter l'essentiel de ses stocks, une camionnette à l'enseigne d'un chauffagiste retournée par les flots... Ces images montrent, outre le désarroi des personnes, l'impact énorme des crues de la semaine dernière sur l'activité économique.

Des centaines d'indépendants, de petites ou moyennes entreprises, implantées dans les régions touchées voient leurs activités arrêtées ou mises en péril pour des jours, au mieux, des semaines ou des mois au pire. Le beurrier Corman, installé au pied du barrage de la Gilleppe, le fabricant de plastique Cabot à Pepinster, les Câbleries d'Eupen, l'imprimeur Klimeo, installé à Eupen presque au confluent de la Vesdre et de la Hill, le chocolatier Galler à Vaux-sous-Chevremont sont quelques noms d'entreprises lourdement impactées par la catastrophe.

"Doublement impactée", insiste Salvatore Ianello, le CEO de Galler. "Parce que nos installations sont largement détruites et notre production est à l'arrêt, mais surtout parce que notre personnel qui habite souvent à proximité immédiate de l'usine est très durement touché."

"Je suis absolument convaincu que dans toute crise, il y a l'énergie du renouveau !"
Salvatorre Ianello
CEO de Galler

Le chocolatier calidifontain dispose de stocks, heureusement épargnés, jusqu'à la fin août, estime le patron. "Mais il faudra des mois avant de pouvoir relancer l'outil." Entretemps, Ianello a passé le week-end au téléphone pour trouver des capacités de production auprès de ses collègues. "Et les contacts sont plutôt encourageants. Il y a une réelle solidarité dans le secteur", se réjouit-il.

Fataliste et philosophe, le patron y voit aussi un signe. "Je suis absolument convaincu quedans toute crise, il y a l'énergie du renouveau !" Concrètement, il se pose la question de la localisation future de son usine. "La localisation auprès d'une rivière présentera un risque dont il faut tenir compte. Nos machines nécessiteront une révision complète chez les fournisseurs en Suisse ou en Italie. Ne vaut-il pas mieux les installer ensuite dans un site plus sûr? L'évaluation des coûts des différentes solutions devra être faite..."

Pression sur les prix

Question évaluation, les assureurs vont évidemment travailler d'arrache-pied pour indemniser et pour permettre la reconstruction. Mais comble de malchance, la catastrophe arrive aussi au plus mauvais moment pour certains matériaux dans le secteur de la construction. C'est le cas notamment du bois - et des panneaux particulièrement -, de l'acier et des isolants, dont les prix sont au plus haut sous l'effet d'une pénurie quasi mondiale.

"La forte demande que l'on va connaître en Belgique, mais aussi dans une bonne partie de l'Europe risque d'augmenter encore la pression sur les prix."
Frédéric Tamignaux
CEO d'Eggo

Le cuisiniste Eggo, dont les points de vente n'ont pas été impactés dans les régions les plus touchées, met les bouchées doubles pour pouvoir répondre le plus rapidement possible aux demandes de devis des consommateurs touchés. "Depuis des semaines déjà, nous avons augmenté nos stocks de panneaux et d'électroménager pour anticiper les ruptures chez certains de nos fournisseurs. Les délais de fournitures ne cessent de s'allonger. On en est aujourd'hui à plus de 12 semaines pour les placards. La forte demande que l'on va connaître en Belgique, mais aussi dans une bonne partie de l'Europe risque d'augmenter encore la pression sur les prix", estime Frédéric Tamignaux, CEO de Eggo, qui avait déjà pris l'initiative de geler ses prix jusqu'à la fin de l'année.

12
semaines
Les délais de livraison de meubles s'allongeaient déjà avant les inondations. La forte demande va encore accentuer la pression sur les fournisseurs.

Du côté de la Confédération Construction, on fait le même constat d'un risque de flambée des prix sur certains matériaux qui seront très demandés dans les semaines à venir. Mais pour l'heure, l'accent est mis sur l'aide urgente. Malgré les congés du bâtiment, une cinquantaine d'entrepreneurs du secteur se sont mis à disposition des services de secours et des sinistrés pour parer au plus pressé dans les régions les plus touchées.

Le résumé

  • Beaucoup d'entreprises sont sinistrées par les inondations de la fin de la semaine dernière.
  • Le chocolatier Galler cherche des capacités de production chez ses collègues et songe à une délocalisation.
  • La gigantesque entreprise de reconstruction fait craindre des pénuries de certains matériaux et des flambées de prix.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés