Jan Jambon aurait-il dû lancer une enquête disciplinaire dans l'affaire Chovanec?

Jan Jambon reconnaît une "erreur de communication". ©Photo News

Selon Jan Jambon (N-VA), c'est à la hiérarchie de la police fédérale d'ouvrir une enquête sur l'affaire Chovanec.

"Je suis arrivé au centre d'une tempête que j'ai en grande partie provoquée moi-même par une communication imprudente", a déclaré Jan Jambon sur les antennes de VTM Nieuws dimanche.

Le chef de file du gouvernement flamand est sous les feux des projecteurs après avoir dû admettre, lors d'une conférence de presse samedi, qu'il a eu des contacts avec l'ambassadeur slovaque à propos de la mort de Jozef Chovanec. Le Slovaque était décédé en février 2018, quelques jours après une intervention policière brutale à l'aéroport de Charleroi.

Jan Jambon, qui était à l'époque ministre fédéral de l'Intérieur et donc responsable de la police, avait déclaré jusque là qu'il ne se souvenait de rien de l'affaire et n'avait pas été en contact avec l'ambassade de Slovaquie.

"Je ne suis plus en fonction et mon cabinet n'a commis aucune erreur."
Jan Jambon
Ministre président flamand

"Aucune raison de démissionner"

Jan Jambon ne voit cependant aucune raison de démissionner. "Je ne suis plus en fonction et mon cabinet n'a commis aucune erreur. Nous nous sommes appuyés sur un rapport de police et ce n'était en rien alarmant. Aucun lien n’avait été fait avec les images qui ont refait surface maintenant, deux ans plus tard."

Ces images montrent notamment comment une policière effectue un salut hitlérien alors que Jozef Chovanec est retenu de manière brutale par ses collègues. L’actuel premier flamand souligne qu'il n'y avait rien à lire à ce sujet dans les rapports qui ont été envoyés à son cabinet à l'époque.

Enquête disciplinaire

"Il n'y avait aucune raison de conclure prématurément que la mort était le résultat de l'action de la police", a déclaré Jan Jambon. Plusieurs parlementaires fédéraux et régionaux, en particulier des élus sp.a et Groen (dans l'opposition en Flandre), mais aussi de l'Open Vld, un partenaire de majorité de la N-VA, estiment que Jan Jambon aurait pu, en tant que ministre de l'Intérieur, entamer une enquête disciplinaire sur les faits.

Mais selon lui, c'est avant tout à la hiérarchie de la police fédérale d'ouvrir une enquête disciplinaire. "Si un rapport des fonctionnaires en fonction n'est pas conforme aux faits, il devrait être examiné de plus près. Cela doit être étudié. C'est une situation désagréable et cela laisse des cicatrices", a conclu Jambon. "Mais je prouverai dans les semaines et les mois à venir que je peux continuer à bien faire mon travail."

Le rapport d'intervention policière passe de nombreux faits sous silence

Le rapport d'intervention policière de l'interpellation de Jozef Chovanec passe de nombreux éléments cruciaux sous silence, écrit lundi le journal De Morgen, qui a pu se procurer le document.

Selon le quotidien flamand, l'intervention policière est seulement décrite dans les grandes lignes. "Lorsqu'on compare le rapport aux images diffusées il y a deux semaines, on constate qu'il n'aborde que brièvement la conduite des agents", souligne De Morgen. "Il n'est écrit nulle part que le visage de Chovanec était enfoui dans une couverture ni que des agents se sont assis sur son dos pendant plusieurs minutes, de sorte qu'il ne pouvait plus respirer. Le rapport fait également l'impasse sur le salut hitlérien".

De Morgen note également une différence entre le récit de l'intervention dans l'avion et sur le tarmac, décrit avec force détails, tandis que la suite ne fait l'objet que de onze lignes. Le rapport des auditions menées par le Comité était cependant bien plus fourni, selon De Morgen.

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