portrait

Jean-Luc Gala, les limites de la dédramatisation

Les Cliniques Saint-Luc désavouent le professeur Jean-Luc Gala lorsqu’il relativise le regain de l'épidémie de Covid-19.

Le professeur Jean-Luc Gala est-il, cette fois, allé trop loin ? L’infectiologue a été désavoué mercredi par son employeur, les Cliniques universitaires Saint-Luc, après un sérieux accrochage la veille avec le nouveau ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a). Sur Twitter, on a pu lire que "les Cliniques universitaires Saint-Luc tiennent à se distancier sans équivoque des interventions contreproductives du Pr Jean-Luc Gala dont les propos sont contraires aux valeurs et au positionnement scientifique de l’institution".

"Nous sommes en train de détruire notre économie, d’organiser des faillites et de pousser les gens vers la dépression et le suicide."
Jean-Luc Gala
Infectiologue et chef de clinique à Saint-Luc

Cette mise au point survient après des propos critiques de Jean-Luc Gala à l’égard des mesures gouvernementales visant à freiner l’épidémie. Dans une interview accordée mardi au quotidien flamand Het Laatste Nieuws, il juge que la situation actuelle "n’est pas si grave qu’on le croit et qu’on surréagit".

Quant à la décision de fermer l’Horeca, il considère qu’elle "ne repose sur rien". Il estime au contraire que "nous sommes en train de détruire notre économie, d’organiser des faillites et de pousser les gens vers la dépression et le suicide".

"Incroyable légèreté"

Le soir même, sur le plateau de la VRT, Frank Vandenbroucke a déploré "l’incroyable légèreté" des propos de Jean-Luc Gala. "Il ne faut pas être infectiologue pour voir que les lits se remplissent et que si les chiffres continuent de doubler de la sorte, on fonce droit dans le mur."

"Il ne faut pas être infectiologue pour voir que les lits se remplissent."
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé

Contacté par nos soins, Jean-Luc Gala indique qu’il "ne souhaite pas réagir pour l’instant" à la mise au point des Cliniques Saint-Luc. Il se borne à préciser qu’il s’est toujours exprimé en tant que citoyen et pas au nom des Cliniques.

Fin septembre sur le plateau de Pascal Vrebos à RTL-TVi, Jean-Luc Gala avait déjà irrité pas mal de monde en affirmant notamment que les chiffres de Sciensano sur la reprise de l’épidémie étaient "exagérément alarmistes".

Sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Gala est devenu – à son corps défendant – une vedette chez les militants anti-mesures.

De manière générale, il n’a jamais cessé d’alerter sur les dégâts économiques et psychologiques occasionnés par les mesures de confinement. Ce que fait également en Flandre le professeur d'économie de la santé Lieven Annemans (UGent), au grand dam de certains virologues.

Sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Gala est devenu – à son corps défendant – une vedette chez les militants anti-mesures qui utilisent sa caution scientifique pour appuyer des revendications qui, chez certains, ne sont pas exemptes de relents complotistes.

CV

1959: Naissance à Arlon

1984: Diplômé en médecine (UCL)

1990: Travaille à l’hôpital militaire de Cologne

1999: Professeur invité à l’UCL

2000: Travaille à l’hôpital militaire Reine Elisabeth

Depuis 2004: Chef de clinique à Saint-Luc

Depuis 2012: Professeur à l'UCL

Sur le terrain

Outre sa charge académique, Jean-Luc Gala est aussi un homme de terrain, où il a étudié bon nombre de situations épidémiques. En juin dernier, il s’était rendu en Italie, dans la région piémontaise, une des plus touchées par la première vague du virus, pour examiner les personnes qui avaient fabriqué des anticorps.

En septembre, il est parti un mois en Grèce, sur l’île de Lesbos, à la demande de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld). Avec son laboratoire mobile, il s’était penché sur le degré d’exposition au virus des populations de migrants.

Avant cela, en 2014-2015, il s’était rendu en Guinée pour étudier les ravages provoqués par l’épidémie d’Ebola.

Double casquette

Jean-Luc Gala n’est pas seulement professeur à l’UCL. Il est aussi médecin militaire avec le grade de colonel. Cette double casquette lui procure le profil idéal pour mener des missions de B-Fast à l’étranger comme ce fut le cas en Guinée en 2014-2015 suite à l’épidémie d’Ebola.

Laboratoire B-Life

Avec son équipe, Jean-Luc Gala a conçu un laboratoire mobile, baptisé B-Life, capable d’intervenir rapidement en cas de crise humanitaire. Bijou de technologie, ce laboratoire est le fruit d’une collaboration entre la Défense, l’UCL, des PME belges, le Luxembourg et l’Agence spatiale européenne.

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