Julien Nicaise, un nouveau boss pour l'enseignement officiel

Le Liégeois Julien Nicaise présidera prochainement à la destinée du réseau de l’enseignement officiel Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE). Sa candidature a été endossée ce mercredi par une large majorité au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Après avoir dirigé l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares) pendant cinq ans, celui que beaucoup qualifient de "brillant gestionnaire", s'apprête à prendre les commandes du nouveau réseau de l'enseignement officiel en Belgique francophone. Un défi de taille qui ne devrait toutefois pas impressionner ce quadragénaire, habitué à occuper des postes à hautes responsabilités.

Diplômé en sociologie de l'ULiège en 2001, Julien Nicaise y débuta sa carrière en tant que chercheur. À l'époque déjà, les sciences de l'éducation constituent son sujet de prédilection. Cet engagement académique ne représentera toutefois qu'une entrée en matière pour ce natif de la Cité ardente, dont les publications sont rapidement repérées par le monde politique.

Étiqueté PS

En 2004, alors âgé d'à peine 24 ans, Nicaise intègre le cabinet de la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena (PS), aussi en charge de l'Enseignement obligatoire. "C'est un homme de dossiers. Un garçon intelligent, pragmatique, ouvert et capable d'évoluer", se rappelle l'actuel chef de cabinet de Frédéric Daerden, Toni Pelosato, qui le côtoya à cette époque.

150.000
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Le nombre d'élèves sous l'égide de WBE.

Dans la galaxie socialiste, le Liégeois gravit progressivement les échelons. Après un bref passage dans l'équipe de Christian Dupont, il rejoint en 2009 celle du vice-président de la Communauté française, Jean-Claude Marcourt, dont il deviendra par la suite le chef de cabinet adjoint. Durant ses années de "cabinettard", l'homme se tisse un solide réseau, tout en développant sa force de persuasion et ses capacités de négociation. En parallèle, il décroche aussi un diplôme en management public à Solvay

Huit années après son entrée au cabinet Arena, il quitte finalement la sphère politique pour occuper son premier poste de direction. Sorti en tête de la procédure de sélection pour la fonction de directeur général des personnels de l'enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), il se retrouve à 32 ans à la tête d'une équipe de plus de 250 collaborateurs. Son administration, aujourd'hui intégrée à WBE, gère alors un budget annuel dépassant le milliard d'euros.

150.000 élèves

Cette ascension fulgurante ne s'arrête toutefois pas là. Alors qu'il aurait pu prolonger son mandat, il postule en 2014 comme administrateur à l'Ares, la fédération nouvellement constituée des établissements d’enseignement supérieur de la FWB. Malgré le fait que certains voient en lui un "apparatchik du PS", il parvient à convaincre le jury de sa compétence et prend les rênes de cette structure à la mi-2014.

"Julien Nicaise a gagné le respect des gens avec qui il a travaillé de par ses compétences et sa force de travail", le défend Toni Pelosato. S'il a évolué au sein de cabinets socialistes, il n'a jamais exercé de mandat politique, rappelle-t-on également dans son entourage.

Retenu fin janvier par un jury indépendant comme le meilleur candidat pour gérer WBE, ce père de deux enfants prendra prochainement la tête du réseau qui chapeaute quelque 150.000 élèves et 25.000 enseignants en Belgique francophone. Le challenge est de taille, mais Nicaise a déjà démontré par le passé qu'il est capable de mettre en ordre de marche une structure nouvellement constituée, nous assure-t-on.
Au-delà des clivages politiques, on loue aussi sa compétence et son travail à l'Ares.

Après le vote de la plénière du Parlement, l'exécutif communautaire devrait formellement entériner sa nomination dans les prochaines semaines.

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