Kanal dévoile ses plans pour le garage Citroën

Le projet conserve l'emblématique structure de verre et d'acier. ©© Kanal_NOA_EM2N_SBA

L’atelier Kanal présentait hier les plans du futur musée. Une cathédrale de verre et d’acier qui intègrera un espace public libre d’accès, en dehors du musée.

"Nous ne voulions pas d’un musée "white box" comme on peut en voir partout dans le monde. Kanal gardera le cachet industriel et surtout sa position centrale dans la ville " explique Yves Goldstein, surplombant la maquette du futur bâtiment. Le projet est pharaonique : 40.000m2 à rénover, transformer et même détruire et reconstruire. "Nous voulons magnifier le bâtiment", martèle le gestionnaire du projet accompagné des trois architectes qui ont collaboré à l’établissement des plans. Comprenez s’inspirer de la structure originale, reprendre le modèle de 1935, mais l’adapter aux exigences d’aujourd’hui.

Deux galeries seront accessibles au public sans entrée payante. ©© Kanal_NOA_EM2N_SBA

Kanal se donne les moyens d’y parvenir. Pas moins de trois ans de travaux et une facture estimée à 210 millions d’euros financés par la Région Bruxelles-Capitale, qui compte également sur le fédéral via le fonds Beliris.

210
millions d'euros
Le coût total du projet s'élève à 210 millions d'euros.

Le projet comprend le musée d’art contemporain (11.300m2), un espace dédié au Centre International pour la Ville (1800m2), l’Architecture et le Paysage (CIVA), mais aussi 5000m2 d’archives. Le reste intègrera des espaces de création artistique, des espaces polyvalents et deux auditoriums. Mais surtout le projet prévoit un large espace ouvert au public, en dehors de l’institution muséale. "Le bâtiment est construit autour de deux axes principaux dessinant une croix nord-sud et Est/Ouest. Nous voulons en faire des espaces ouverts au public sans entrée payante, qu’il puisse s’y promener, dans l’esprit des galeries que l’on voit dans le centre-ville. Le centre se veut ouvert vers la ville, pas replié sur lui-même" continue l’ancien chef du cabinet Vervoort (PS).

Yves Goldstein est chargé du projet par le gouvernement bruxellois ©Brecht Van Maele

Le début des travaux reste prévu pour 2020. Une entame qui verra la destruction du bâtiment qui héberge aujourd’hui les locaux administratifs de Kanal. L'ancien garage Citroën avait déjà ouvert une partie de ses portes en mai 2018 sous le nom de "Brut Kanal". "Cette sorte d’avant-première a permis de travailler dans le concret, et même de conduire à des aménagements du projet". Quelque 300.000 visiteurs se sont déjà rendus sur les lieux, dont une bonne moitié en voiture. Il n’y avait pas de parking jusqu’à présent, et l’offre n’est pas au programme. "Il y aura 19 ou 23 places de parking pour les employés du musée, nous hésitons encore" sourit le pilote du projet Kanal. Mais aucun des 300.000 visiteurs ne s’est plaint du manque de place ni de la situation. Nous sommes à cinq minutes à pieds du centre et juste à côté de la station Yser". 

La terrasse au-dessus du show-room sera un espace public ouvert, en dehors de l'espace muséal.
Yves Goldstein
Directeur du musée Kanal

Toute la place de l’Yser sera, à terme, repensée. Les plans dépendent ici de la Région Bruxelloise, mais les architectes imaginent déjà un grand parking à vélo et l’aménagement de la station de métro. "Tout sera fait pour conduire au musée, comme si l’entrée du bâtiment était la suite de la station". De nouveaux aménagements prévus du côté du quai de Willebroek ? " La région va déjà reculer la ferme du parc Maximilien", explique le patron du musée.

Consommation minimum

À l’heure de l’urgence climatique, construire une cathédrale d’acier et de verre pose forcément la question de sa facture énergétique. Difficile à chiffrer exactement, "mais nous avons la volonté de ne pas exploser la facture" programme Yves Goldstein.

Les plans prévoient des espaces avec une climatisation différente des standards internationaux. Certaines salles se plieront aux normes, pour des raisons de conservations des œuvres, notamment pour les toiles. Mais d’autres seront plus ou moins chauffées, voire pas du tout. "Cela fait aussi partie du projet de conservation du caractère brut de l’usine originale. On trouvait intéressant que le visiteur ressente le bâtiment, par son froid en hiver, mais aussi sa chaleur en été" explique Stephan Bates, architecte britannique membre du trio chargé de dessiner les plans. Le projet prévoit en outre de limiter l’utilisation d’écran, notamment dans la signalétique.

Nous avons voulu faire une ville organique, pas un bâtiment traditionnel
An Fonteyne
Architecte chez noAarchitecten

Difficile pour l’heure de savoir quelles oeuvres intégreront le musée, et quelles expositions seront au programme. "Maintenant les discussions seront plus concrètes sourit Béatrice Best les collectionneurs verront où iront leurs oeuvres"

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