L’année de l’intelligence artificielle

À New York, ce portrait du comte fictif Edmond de Belamy, fabriqué par des algorithmes, a été adjugé 432.000 dollars chez Christie’s. ©AFP

Série (6/8) : les découvertes scientifiques de 2020. L’intelligence artificielle (IA) était sur toutes les lèvres cette année. À Bruxelles et en Wallonie, on compte sur elle pour booster le développement de multiples entreprises.

"À quoi bon multiplier les capteurs et doper la taille des bases de données si on ne peut pas en tirer une quelconque valeur ajoutée?" À l’Université libre de Bruxelles, le Pr Carlo Iorio, n’y va pas par quatre chemins. Dans son labo (MRC), l’internet des objets (IoT), c'est déjà de l’histoire ancienne. "Mesurer ne signifie pas comprendre", martèle-t-il. "Accumuler des données ne signifie pas prédire." Sa priorité, c’est l’IA, l’intelligence artificielle. "Elle est indispensable pour transformer ces masses d’informations en outils prédictifs. Nous sommes désormais dans le concept de santé 4.0", dit-il encore. "Sur la base de différentes informations, nous tentons de prévoir l’évolution d’une pathologie, dans notre cas, une blessure cutanée." 

La santé est un des domaines de prédilection de l’IA et de ses algorithmes. À l’université de Liège, la Dr Athena Demertzi, à la tête d’une équipe du GIGA- Consciousness Research Unit, fait appel à l’intelligence artificielle pour décrypter le cerveau des patients afin de prédire leur état de conscience quand ils sortiront d’un coma. 

À l’hôpital universitaire de Bruxelles (UZBrussel), on ne dit pas autre chose. Avec le projet TumorScope, les médecins attendent beaucoup de cette intelligence digitale pour améliorer le diagnostic et le traitement des tumeurs malignes.

Pas seulement la médecine

La médecine n’a pas l’exclusivité de l’IA. Qu’il s’agisse d’écrire un article ou un roman voire de réaliser une œuvre picturale "à la manière de", les algorithmes s’en donnent aussi à cœur joie.

Pour Hugues Bersini, professeur d’informatique à l’Université libre de Bruxelles, un logiciel ne sera jamais un artiste!

À New York, le portrait du comte fictif Edmond de Belamy a été adjugé 432.000 dollars chez Christie’s. Pour imiter la créativité humaine, trois adeptes de l’apprentissage automatique ont nourri leurs algorithmes de quelque 15.000 portraits peints entre le XIVe et le XXe siècle. Est-ce de l’art? Pour Hugues Bersini, professeur d’informatique à l’Université libre de Bruxelles et auteur du livre "L’intelligence artificielle peut-elle engendrer des artistes authentiques?"  (Collection L’Académie en poche), la réponse est évidente: un logiciel ne sera jamais un artiste!

Et dans le monde de l’entreprise? Cet automne, l’ULB, l’UCLouvain, l’UMONS, l’ULiège et l’UNamur ainsi que 4 centres de recherche wallons (CENAERO, CETIC MULTITEL, SIRRIS) se sont associés pour mettre sur pied l’Institut TRAIL. But de la manœuvre: mobiliser leurs ressources et expertises respectives pour les mettre au service du développement régional en accélérant la transformation des entreprises dans les domaines de la médecine, des médias, de la mobilité, de l’industrie manufacturière, de l’énergie, de la construction, de la gouvernance et de l’éducation. Cap désormais sur 2021!

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