L'ascenseur social pour les immigrés est en panne

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Selon une étude de deux chercheurs de l'ULB, "pour les descendants de deux immigrants non européens, l’ascenseur social est en panne".

La Belgique – ce n’est pas une nouveauté – compte parmi les mauvais élèves de l’OCDE en ce qui concerne la mise à l’emploi des personnes d’origine immigrée. Une étude de deux chercheurs de l’ULB, publiée par la Banque nationale, vient à nouveau confirmer ce constat tout en pointant un certain nombre d’explications.

Le premier constat, réalisé à partir de données qui vont de 2008 à 2014, est que le taux d’emploi des immigrants non européens de première génération est très inférieur par rapport celui de la population autochtone. L’écart est de l’ordre de 36%. En cause principalement, la barrière de la langue et la difficulté de faire reconnaître ses diplômes.

"Pour les descendants de deux immigrants non européens, l’ascenseur social est en panne."
Céline Piton et François Tycx
Chercheurs

Au niveau de la deuxième génération, la situation des immigrés s’améliore nettement pour ceux qui descendent de parents européens ou dont un des parents seulement est européen. La progression est par contre "presque nulle" pour ceux dont les deux parents sont d’origine non européenne. Ce qui fait dire aux auteurs de l’étude, Céline Piton et François Tycx, que "pour les descendants de deux immigrants non européens, l’ascenseur social est en panne".

L’acquisition de la nationalité belge améliore la situation des immigrés sur le marché du travail. La maîtrise de la langue du pays constitue un atout au moins aussi important.

Constatant que le taux d’emploi des femmes issues de l’immigration non européenne est très bas, l’étude préconise d’investir dans une offre de crèches à la fois accessibles et abordables financièrement.

Les auteurs saluent enfin l’obligation, désormais en vigueur dans les trois régions du pays, de suivre un parcours d’intégration. 

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