L'association féministe Femma va tester la semaine de quatre jours

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L’ASBL Femma lance une expérience en collaboration avec une équipe de recherche de la VUB. Pendant un an, ses collaborateurs vont passer à un régime de 30 heures par semaine.

Quand des féministes s’emparent du débat sur la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, ça déménage. Et ça donne ça: une réduction du temps de travail radicale, pour passer à une semaine de 30 heures (soit la semaine de 4 jours). A faire rêver les syndicats…

L’association Femma, active en Flandre et à Bruxelles, va en effet faire passer, en 2019, tous ses travailleurs sous un régime de travail de 30 heures par semaine (contre 38 heures actuellement). La direction et les syndicats ont conclu une convention collective en ce sens, approuvée par le ministère de l’Emploi. Au cabinet du ministre, on explique qu’il n’y a pas de limite à la réduction autorisée du temps de travail si elle est faite dans l’intérêt du travailleur, et pour autant qu’elle fasse l’objet d’un accord entre employeurs et travailleurs. Pour une hausse du temps de travail au-delà du cadre légal des 38 heures hebdomadaires, il faudra, par contre, entrer dans le cadre des exceptions.

Mais détrompez-vous, cette initiative s’inscrit dans un cadre précis. Femma, qui étudie depuis cinq ans la question de la combinaison vie privée et travail, va servir de "cobaye" à une expérience qui durera un an. Une sorte de laboratoire qui lui permettra de démontrer les effets que peut avoir une réduction du temps de travail sur les problèmes de stress et de burn-out, de difficultés de conciliation de la vie de famille avec le travail.

Cette expérience sera d’ailleurs menée en collaboration avec une équipe de chercheurs de la VUB. Équipe qui sera chargée d’analyser les effets de ce changement sur l’emploi du temps des collaborateurs de Femma.

Comme l’explique la porte-parole de Femma, Brenda Deny, il devient de plus en plus compliqué pour les femmes, et encore plus les femmes seules avec des enfants, de combiner travail et vie privée. "Nous sommes convaincues qu’il faudrait faire un effort global au niveau de la société pour remédier à cela. Pour pouvoir éduquer ses enfants, réaliser ses rêves, faire du bénévolat…"

Femma a donc monté avec la VUB ce projet de recherche qui s’arrêtera dans un an. Pour mener à bien cette expérience, l’ASBL va engager cinq travailleurs à temps plein supplémentaires pour compenser la baisse du temps de travail de ses 40 collaborateurs full-time concernés par la réduction du contrat à 30 heures.

Cette expérience n’aura pas d’impact sur le salaire des travailleurs, ils seront toujours payés à temps plein. Comment l’ASBL va-t-elle financer cela? "Nous disposons d’un budget pour des projets exceptionnels", explique la porte-parole.

La VUB, elle, financera sa recherche via un crowdfunding, et est donc à la recherche de 80.000 euros de financement privé.

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