L'avenir climatique belge sera fait de vagues de chaleur et de précipitations extrêmes

L'IRM dénote que les occurrences de vagues de chaleur sur le territoire ont augmenté significativement depuis 1981. ©Photo News

Selon l'IRM, la température moyenne a augmenté de 2,1°C depuis le 19e siècle. En conséquence, le risque d'occurrence de phénomènes météorologiques extrêmes va croissant.

Pour ceux qui en doutaient encore, le réchauffement climatique est là et ses effets se font ressentir de façon croissante. Voilà, en résumé, l'essence du rapport climatique 2020 de l'Institut royal météorologique de Belgique (IRM), présenté ce jeudi.

L'Institut rappelle d'emblée qu'une hausse de 2,1°C de la température moyenne a pu être observée en Belgique entre le milieu du 19e siècle et les trois dernières décennies. De plus, l'IRM note que les six années les plus chaudes ont toutes été enregistrées après 2005. Pour l'année 2019 seule, la température moyenne observée était 2,7°C plus chaude que la période 1850-1900. "Un nouveau record absolu de 39,7°C a été établi le 25 juillet 2019", signale aussi l'IRM.

39,7°C
Record absolu
Un nouveau record absolu de 39,7 °C a été établi le 25 juillet 2019 en Belgique.

À l'échelle mondiale, la hausse des températures par rapport à la seconde moitié du 19e siècle affiche 1,1°C. Une différence notoire avec les observations belges que l'IRM justifie de la sorte: "Le réchauffement global reflète celui des océans ainsi que la surface terrestre. Les océans (environ 70% de la surface de la Terre) agissent comme un tampon qui ralentit le réchauffement de l'atmosphère."

Phénomènes météorologiques extrêmes

En plus de précipiter la fonte des glaces aux extrémités de la planète, le réchauffement climatique est accompagné d'effets considérables en Belgique. Aussi, l'IRM dénote que les occurrences de vagues de chaleur sur le territoire ont augmenté significativement depuis 1981. Celles-ci se sont faites "plus fréquentes au cours des dernières années, avec au moins une vague de chaleur par an depuis 2015", appuie l'IRM. Elles ont aussi tendance à être plus longues et plus intenses que par le passé.

Et ce n'est pas tout, l'Institut a repéré que la quantité de précipitations en Belgique a augmenté de 15% depuis 1890. Mais ces précipitations ne sont pas réparties équitablement sur l'ensemble de l'année, les printemps devenant d'ailleurs de plus en plus secs, en témoigne la recrudescence de sécheresses pendant la saison.

1,5 jour
par décennie
La durée des sécheresses au printemps augmente de 1,5 jour par décennie depuis 1981.

A ce sujet, l'IRM précise d'ailleurs que la durée des sécheresses au printemps augmente depuis 1981 à raison de 1,5 jour en plus par décennie. "En combinant l’augmentation de la durée des sécheresses au printemps avec la diminution observée des cumuls pluviométriques durant la même saison, on peut conclure que l’intensité des sécheresses printanières doit également avoir tendance à augmenter depuis le réchauffement observé dans notre pays vers la fin des années 1980", indique l'IRM.

Vers une aggravation ?

Pour l'avenir, l'IRM ne se montre pas très optimiste. Se basant sur les modèles prospectifs établis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC), l'Institut prévient que sans diminution des émissions de gaz à effet de serre réchauffant l'atmosphère, les phénomènes météorologiques extrêmes seront de plus en plus récurrents sur le territoire.

Selon le scénario le plus pessimiste, la température se réchaufferait encore de 5°C et le nombre de vagues de chaleur se verrait ainsi triplé d'ici 2100. Leur intensité serait doublée et leur durée grimperait d'une augmentation de 50 %.

Notons néanmoins que ce scénario, qui suppose une forte augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans les années à venir, n'est pas exempt de critiques de la part de la communauté scientifique. Jugé irréaliste par plusieurs climatologues, il suppose par exemple une multiplication par huit de la consommation mondiale de charbon au cours de ce siècle, soit une aberration au vu des objectifs de neutralité carbones fixés lors des accords de Paris.

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