L’espoir d'embellie économique hisse le taux à dix ans au-dessus de zéro

Les investisseurs anticipent une reprise économique, car la vaccination contre le coronavirus permet d’assouplir progressivement les règles de confinement. ©EPA

Les prévisions de croissance et d’inflation ont poussé le taux belge à long terme au-dessus de zéro. La hausse va-t-elle se poursuivre? Avec quelles conséquences?

La période de baisse des taux est terminée. Lundi, le rendement des obligations souveraines belges à dix ans a légèrement augmenté, pour atteindre 0,02%. Selon les chiffres de l’agence de presse Bloomberg, c’est la première fois en neuf mois que ces obligations affichent un rendement brut positif. En décembre, le taux à dix ans avait atteint son niveau le plus bas, soit -0,43%.

Pourquoi cette remontée?

La hausse du taux à long terme en Belgique et dans le reste du monde s’explique en grande partie par la révision à la hausse des estimations de croissance et d’inflation. Les investisseurs anticipent une reprise économique, car la vaccination contre le coronavirus permet d’assouplir progressivement les règles de confinement.

La plupart des analystes s’attendent à ce que le rythme de la hausse du taux à long terme ralentisse.

De plus, les politiques budgétaires et monétaires soutiennent fortement l’économie. Le Congrès américain devrait approuver dans les prochains jours un plan de relance de 1.900 milliards de dollars. Les banques centrales injectent des milliers de milliards dans l’économie pour relancer l’inflation, jugée trop basse. L’augmentation des prix du pétrole et des autres matières premières, ainsi que la pénurie de semi-conducteurs et de certains autres composants ont également alimenté la crainte de l’inflation.

Le taux à long terme continuera-t-il à augmenter? La plupart des analystes estiment que oui, mais ils s’attendent à ce que le rythme de la hausse du taux ralentisse. Si le taux à long terme augmente trop vite, la Banque centrale européenne (BCE) rachètera alors plus d’obligations pour limiter cette hausse. Une forte remontée des taux pourrait par ailleurs freiner la fragile reprise économique.

0,2%
Selon les grandes banques, le taux à dix ans ne devrait pas dépasser 0,2% d'ici la fin décembre

Chez nous, les grandes banques s’attendent à ce que le taux à dix ans évolue entre 0,06% et 0,2% d’ici la fin décembre.

Remontée des taux hypothécaires?

Pour les taux (fixes) de leurs prêts hypothécaires, les banques se basent sur le taux à dix ans. Pour l’instant, la hausse du taux du marché n’est pas encore répercutée sur les taux des crédits logement (affichés). Le bureau conseil Immotheker Finotheker, qui compare les taux des différentes banques, parle d’une différence de deux points de base depuis cette semaine. La concurrence entre les banques joue également un rôle, tout comme les réductions que vous pouvez obtenir lorsque vous concluez une assurance solde restant dû et/ou une assurance habitation auprès de votre bancassureur.

Ceux qui sont en mesure de présenter un "bon" dossier peuvent encore conclure un emprunt hypothécaire à 20 ans à un taux de 1%.

Il ne faut pas non plus oublier que ceux qui empruntent aujourd’hui, le font à des taux historiquement bas. Ceux qui sont en mesure de présenter un "bon" dossier peuvent conclure un emprunt à 20 ans à un taux de 1%. Si, à terme, les crédits hypothécaires coûtent quelques dizaines de points de base en plus à cause de la hausse des taux, les crédits hypothécaires resteront de toute façon relativement abordables.

Quid des taux d’épargne?

BNP Paribas Fortis, KBC et Belfius ont fait savoir qu’ils n’avaient pas l’intention d’augmenter les taux des comptes à terme et/ou bons de caisse. "Le taux de marché devra davantage augmenter avant que nous envisagions d’augmenter le taux d’intérêt de l’épargne", explique-t-on chez Belfius.

Des taux de livret d'épargne probablement bétonnés pendant encore deux ans au taux minimum légal de 0,11%.

Une hausse des taux des comptes d’épargne – qui sont surtout déterminés par le taux à court ou à moyen terme – est encore moins à l’agenda des grandes banques. La BCE ne remontera certainement pas son taux de base avant 2023, ce qui signifie que les taux de la plupart des comptes d’épargne resteront plus que probablement bétonnés pendant encore deux ans au taux minimum légal de 0,11%.

Et pour l'État?

Toute hausse du taux à long terme est une mauvaise nouvelle pour les pouvoirs publics, fortement endettés. Tous les un ou deux mois, le gouvernement fédéral doit emprunter des milliards d’euros à long terme pour financer le déficit budgétaire ou refinancer des obligations arrivées à échéance.

Le Bureau Fédéral du Plan ne s’attend pas à ce que la charge d’intérêts remonte avant 2026.

Malgré tout, la charge de la dette ne devrait pas déraper dans l’immédiat. L’Agence fédérale de la Dette a augmenté l’échéance moyenne de la dette à dix ans, pour rendre le budget moins vulnérable à une hausse des taux. De plus, le gouvernement fédéral peut encore emprunter gratuitement ou à des taux négatifs jusqu’à des échéances de neuf ans.

Et puis, le gouvernement fédéral peut refinancer à meilleur prix des obligations arrivées à échéance. C’est pourquoi la charge d’intérêts de cette année et de l’an prochain continuera peut-être à baisser. Le Bureau Fédéral du Plan ne s’attend pas à ce que la charge d’intérêt remonte avant 2026.

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