L'Europe relève à 5,9 milliards le budget pour la relance belge

La mobilité est l'un des domaines d'investissement retenus pour le plan de relance belge. ©Photo News

Les moyens prévus par la Commission européenne pour le plan de relance belge sont supérieurs de 15% à ce qui était initialement prévu. Les différents niveaux de pouvoir négocient en ce moment une clef de répartition.

C’est l’autre grand sujet politique du moment. À côté de la crise sanitaire, tout ce que la Belgique compte de cabinets politiques s’active sur le plan de relance à enclencher une fois le Covid-19 rangé au rayon des (mauvais) souvenirs.

Selon nos informations, l’enveloppe prévue par la Commission européenne pour le plan de relance belge a évolué à la hausse et atteint désormais 5,9 milliards d’euros, soit quelque 15% de plus que les 5,15 milliards prévus précédemment. C’est l’application de paramètres macroéconomiques actualisés, notamment l’inflation, qui explique cette bonne nouvelle.

24
milliards €
Les projets rentrés par les différents niveaux de pouvoir portaient sur un montant total initial de 24 milliards d'euros.

Pour rappel, Etat fédéral et entités fédérées ont rentré sous forme de fiches les projets qu’ils entendent financer grâce à ces moyens européens. Quelque 300 fiches sont ainsi parvenues au cabinet de Thomas Dermine (PS), le secrétaire d’Etat à la Relance, pour un total de quelque 24 milliards d’euros.

Si la Flandre a rentré un nombre plus resserré de projets (pour un total de 4,3 milliards d’euros), d’autres entités comme la Région wallonne ou le fédéral ont remis des listes plus longues, pour des montant globaux plus importants. Dans le cas de la Wallonie, le total initial avoisinait les 9 milliards.

Depuis lors, un travail de bénédictin se fait en continu, pour faire le tri parmi tous ces projets. L’objectif belge est de rentrer un premier draft auprès de la Commission européenne vers la fin du mois de janvier, histoire de pouvoir le peaufiner en intégrant les remarques européennes et d’obtenir plus rapidement les montants. La version finale du plan est attendue trois mois plus tard, fin avril.

20-30%
Une part du gâteau, de l’ordre de 20 à 30% devrait aller au fédéral, le reste étant à répartir entre entités fédérées

Le moment est donc venu pour les différents niveaux de pouvoir belges de s’entendre, non seulement sur la nature des projets mais également sur une clef de répartition entre entités. Une part du gâteau, de l’ordre de 20 à 30% devrait aller au fédéral, le reste étant à répartir entre entités fédérées, nous indique-t-on à bonne source.

Trouver la bonne clef

Plusieurs schémas de répartition circulent, selon le critère retenu (population, produit intérieur brut, en tenant compte d’un retard de développement ou pas,…) et c’est là-dessus que se parlent en ce moment les chefs de gouvernement : Elio Di Rupo, Pierre-Yves Jeholet, Rudi Vervoort, Jan Jambon, Oliver Paasch sans oublier bien sûr, dans le rôle de l’arbitre, le Premier ministre Alexander De Croo.  

L’intention est d’aboutir dans les prochains jours à un accord sur cette clef de répartition. Une fois ce point réglé en comité de concertation, l’attention sera concentrée à 100% sur la sélection finale des projets.

Pour rappel, cinq grands axes ont été identifiés: l’environnement (efficacité énergétique des bâtiments, production et stockage d’énergie renouvelable, économie circulaire,…), la transformation numérique, la mobilité (infrastructures ferroviaires, routières, …), la productivité (marché du travail, R&D) et enfin le vivre ensemble (enseignement, santé, social). La Commission attend qu’un minimum de 37% du montant total alloué aille à la transition écologique et que 20% minimum aillent à la transition digitale. Cela aide à faire le tri.

Pour le reste, c’est une affaire de qualité des projets, de cohérence entre eux mais aussi de maturité. Le projets trop peu avancés ou trop longs à réaliser n’auront en effet pas leur place dans le plan de relance final, car l’Europe a indiqué que les moyens devaient être engagés d’ici la fin 2023 et les investissements réalisés d’ici la fin 2026. Autant dire qu’il ne faudra pas traîner.

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