L'hommage à Tshisekedi se poursuit à Bruxelles et en RDC

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Pour l'heure, toutes les familles politiques congolaises semblent respecter une sorte de trêve en mémoire de Tshisekedi, qualifié, même du côté du pouvoir de "père de la démocratie congolaise". Les autorités préparent un hommage national, mais passées les funérailles, dont la date n'est pas connue, la politique devrait reprendre ses droits, ou plutôt ses habitudes.

Les Congolais de la diaspora rendent depuis vendredi hommage à Bruxelles à l'opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé mercredi dans la capitale, alors que les autorités de Kinshasa veulent lui organiser des funérailles "dignes" d'un homme d'Etat.

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Le corps de l'ancien président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti d'opposition au président Joseph Kabila, sera exposé dimanche dans le Palais 2 de Bruxelles Expo, à proximité du site de l'Atomium à Bruxelles.

Mais dès vendredi soir, puis samedi soir, les membres de la communauté congolaise de Belgique et de la diaspora pourront présenter leurs condoléances à la veuve de Tshisekedi et à ses enfants, en présence de représentants du parti.

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Un parti d'Etienne Thisekedi qui annonce aussi qu'il va mettre sur pied un comité organisateur des obsèques du président de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) qui auront lieu à Kinshasa à une date encore à déterminer, alors que la police kinoise a prévu un "renforcement des dispositions sécuritaires".

Des "funérailles dignes d'un ancien Premier ministre"

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A Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'est rendu vendredi à la résidence du défunt, pour présenter ses condoléances à la famille et aux proches et "témoigner de sa solidarité", a indiqué son ministère dans un communiqué.

Aux alentours du QG de l'UDPS, de nombreux Congolais sont venus rendre hommage au défunt ©AP

En RDC, les autorités promettent d'organiser des "funérailles dignes d'un ancien Premier ministre et ancien vice-président de l'Assemblée nationale" que fut Etienne Tshisekedi, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.     

Pendant ce temps, à Kinshasa, mégapole de 10 millions d'habitants qui avait voté à 64% pour Tshisekedi en 2011, la grogne s'installe dans une population largement miséreuse qui voit ses piètres conditions de vie se détériorer chaque jour avec la dépréciation du franc congolais qui engendre une forte inflation. Le ressentiment s'installe face à tout ce qui ressemble à un corps constitué: pouvoir, opposition et même l'Église catholique, pourtant encore auréolée de ses années de lutte contre la dictature mobutiste.

"Tshisekedi absent, comment va réagir la population?", s'interroge un analyste spécialiste du Congo, sous le couvert de l'anonymat. Pour lui, "le premier test de taille sera les obsèques" de l'opposant : "Se dérouleront-elles dans le calme ? Sinon, quelle sera la réaction des forces de l'ordre ? ".

La mort de Tshisekedi risque de retarder encore la présidentielle

Etienne Tshisekedi est mort mercredi après-midi à Bruxelles, huit jours après avoir quitté le Congo en pleines négociations sur la mise en place d'une transition politique destinée à sortir pacifiquement de la crise provoquée par le maintien au pouvoir de M. Joseph Kabila.

Le mandat de M. Kabila est échu depuis le 20 décembre 2016, mais le chef de l'État reste à son poste en attendant la tenue d'une élection permettant de désigner son successeur.

Pour Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale enseignant à Sciences-Po Paris, le décès de Tshisekedi "arrive au plus mauvais moment pour la mise en place de la nouvelle transition". Il va "falloir se mettre d'accord sur une nouvelle personnalité d'opposition [à la tête du CNSA] alors même qu'il y avait déjà un désaccord sur la nomination du Premier ministre", poste brigué par le propre fils de Tshisekedi, Félix, explique Thierry Vircoulon.

Cela "va donc relancer les négociations entre le camp présidentiel et l'opposition et permettre de perdre encore du temps. Les élections en décembre 2017 dont le calendrier n'était déjà pas très réaliste sont de plus en plus compromises", pronostique-t-il.

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