L'immobilisme politique belge pourrait dissuader les investisseurs

Le Roi a chargé Didier Reynders et Johan Vande Lanotte de poursuivre leur mission d'information jusqu'au 1er juillet. ©Photo News

La Belgique est moins bien notée que les pays voisins par les consultants de Marsh en raison du risque d’instabilité politique.

L’absence de gouvernement pourrait, à la longue, peser sur la crédibilité de la Belgique auprès des investisseurs internationaux. La mise en garde émane de la société de courtage et de gestion de risque Marsh, qui réalise tous les ans un atlas du risque politique dans le monde.

72,1 points
L’indice de confiance de 72,1 attribué par Marsh à la Belgique est plus faible que celui de ses voisins (France, Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni).

Parmi les paramètres pris en considération, il y a le risque politique et économique à court terme et à long terme. La Belgique affiche un indice global de confiance (72,1) en retrait par rapport à la France (74,8), l’Allemagne (77,8), les Pays-Bas (80,4) et le Royaume-Uni (75,8). C’est surtout le risque politique et économique à court terme qui nous handicape. "Il ne faudrait pas que l’immobilisme actuel se prolonge trop longtemps", prévient Herman Kerremans, directeur business development chez Marsh Belux.

Bien sûr, les affaires courantes ne sont pas une nouveauté en Belgique. Elles ne nous avaient d’ailleurs pas trop mal réussi en 2010-2011. Herman Kerremans met toutefois en garde contre un excès d’optimisme: "L’incertitude ne constitue jamais un encouragement à investir. Les investisseurs vont attendre dans un premier temps, après quoi ils pourraient se tourner vers les Pays-Bas ou l’Allemagne. L’actuel gouvernement en affaires courantes, contrairement à celui de 2010-2011, ne dispose pas d’une majorité."

À long terme, les choses sont moins préoccupantes. "Comme pour toutes les économies développées, le risque politique et économique à long terme est assez faible, car ce sont des démocraties matures dotées d’institutions solides", explique Désirée Verelst, senior broker chez Marsh. C’est l’inverse des pays en voie de développement qui affichent un haut potentiel sur le court terme mais qui peuvent péricliter sur le moyen et long termes pour peu qu’ils deviennent la proie de force de déstabilisation.

Brexit

À l’échelle mondiale, ce sont les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et les replis protectionnistes qui constituent les principales menaces sur le climat des affaires. Sans oublier le Brexit qui, dans le cas de la Belgique, constitue une arme à double tranchant. "On redoute un impact négatif sur les exportations vers l’Angleterre. Par contre, la Belgique et Bruxelles en particulier ont su attirer des activités en partance de Londres, dans le secteur de l’assurance notamment", explique Herman Kerremans. Ainsi, Lloyd’s prévoit de transférer 100 à 120 emplois vers Bruxelles. L’assureur australien QBE a quant à lui décidé d’établir son "hub" européen à Bruxelles, tandis que l’assureur MS Amlin a obtenu l’an dernier son agrément de la Banque nationale.

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