L'indépendant travaille en moyenne 57 heures par semaine

"Être stressé au travail ne veut pas dire être malheureux", explique Hermina Van Coillie, experte au sein de Securex. ©Emy Elleboog

Le travailleur indépendant travaille plus d’heures que le salarié, il est plus exposé au stress, mais perçoit un bien-être lié à son activité professionnelle trois fois plus élevé: voici ce qui ressort du baromètre publié cette semaine par Securex.

C’est bien connu, les indépendants travaillent beaucoup. Les résultats d’une étude réalisée par Securex et l’Université de Gand, auprès de 401 travailleurs indépendants belges, montrent que trois quarts des indépendants travaillent au moins 50 heures par semaine, avec une moyenne de 57 heures – soit 46% de plus que le salarié. Un sur dix atteint les 80 heures ou plus.

Les indépendants masculins néerlandophones sont ceux qui travaillent le plus, avec une moyenne de 59 heures par semaine – soit cinq heures de plus que les femmes indépendantes et que les indépendants francophones.

Selon le baromètre, les indépendants sont plus touchés par le stress que les salariés, c’est le cas de 71% des néerlandophones, et 59% des francophones. Près de 66% déclarent être stressés, contre 53% des salariés. Contrairement à ce que nous pourrions penser, Securex explique que ce sont les indépendants expérimentés qui sont le plus touchés. Le niveau de stress le plus élevé s’observe chez 71% des gérants qui travaillent depuis plus de cinq ans.

Plus de stress mais plus de bonheur

"Être stressé au travail ne veut pas dire être malheureux, explique Hermina Van Coillie, experte au sein de Securex. Les indépendants aiment davantage leur travail que les salariés, mais ont plus de stress" dû au niveau élevé de responsabilité lié à la gestion du personnel et des investissements. En effet, l’impact du travail sur la perception du bonheur pour un travailleur indépendant est trois fois plus grand que pour les salariés. "Un élément crucial au travail, c’est d’avoir assez d’autonomie. Les indépendants ont tendance à être plus heureux parce qu’ils ont davantage de choix sur ce qui se passe autour d’eux", précise Hermina Van Coillie.

Ainsi, chez les indépendants, la satisfaction au travail détermine 32% du niveau de satisfaction de vie en général, tandis que chez les fonctionnaires, elle n’en détermine que 9%. Cet effet aurait donc tendance à les rendre plus vulnérables dans ce domaine.

32%
Chez les indépendants, la satisfaction au travail détermine 32% du niveau de satisfaction de vie en général, contre 9% chez salariés.

Mélange entre vie privée et travail

"Pour les indépendants, le travail fait partie intégrante de la vie privée, alors que les salariés ont tendance à séparer les deux", déclare Hermina Van Coillie. Près de 80% estiment que le travail perturbe leur vie privée. En outre, plus longtemps une personne gère une entreprise, plus grande est la perturbation de son équilibre travail/vie privée. 82% des personnes travaillant depuis plus de cinq ans ressentent un conflit entre les deux sphères.

Selon Securex, la déconnexion est importante mais ne semble pas évidente pour les indépendants, seulement 28% arrivent à prendre leurs distances par rapport au travail pendant leur temps libre. Le baromètre montre que ceux qui prennent 20 jours de congé ou plus par année subissent moins de stress.

"Les indépendants placent la barre haut"

"Les indépendants belges placent la barre haut, déclare Agnès Hertogs, directrice générale des indépendants de Securex. La vie d’un petit indépendant est souvent régie par les demandes des clients. Cela leur donne l’impression que leur travail n’est jamais terminé, ils prennent peu de vacances et éprouvent beaucoup de stress."

En effet, selon le baromètre, les indépendants semblent plus exigeants que les autres travailleurs. Seulement la moitié affirment avoir atteint leurs objectifs et n’avoir commis aucune erreur durant la semaine écoulée. Les salariés, quant à eux, sont 81% à déclarer avoir atteint leurs objectifs.

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