L'observatoire liégeois "Speculoos" ouvre les yeux au Chili

©ULIEGE

Quatre nouveaux télescopes jumeaux pilotés par les chercheurs liégeois vont traquer les exoplanètes des étoiles froides. De quoi pister la vie ailleurs dans l’Univers.

La chasse aux exoplanètes reprend de plus belle pour les chercheurs belges Michaël Gillon et Emmanuel Jehin, chercheurs qualifiés du F.R.S.-FNRS à l’Université de Liège. Avec un autre Liégeois, Julien de Wit, désormais professeur associé au MIT, ces astronomes étaient à la base de la découverte du système Trappist-1 en 2017: une étoile dotée de sept planètes dont certaines pourraient abriter la vie, située à 40 années-lumière de notre Soleil. Leur découverte avait fait la Une des journaux scientifiques de l’époque.

Cette fois, le trio s’est associé au Pr Didier Queloz, codécouvreur de la toute première exoplanète en 1995, pour lancer le projet SPECULOOS ("Search for habitable Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars "). Il s’agit d’un nouvel ensemble de quatre télescopes identiques, installés au Chili, dans le désert d’Atacama.

1 million
d'euros
C'est la valeur unitaire des télescopes installés au Chili.

Ces quatre "biscuits", pour reprendre le clin d’oeil du Pr Queloz, de fabrication allemande et d’une valeur unitaire d’un million d’euros, vont traquer dès janvier et pendant au moins cinq ans la signature d’exoplanètes tournoyant autour d’étoiles froides.

"Nous utilisons la méthode des transits pour détecter les exoplanètes autour de ces étoiles peu lumineuses", explique le Pr Gillion (ULiège), qui pilote ce projet. "Quand une planète passe devant son étoile, elle bloque une partie de sa lumière. Cela génère une sorte de mini éclipse et donc une atténuation subtile de la luminosité de l’étoile. Les exoplanètes, dont les étoiles hôtes sont plus petites, bloquent une plus grande partie de la lumière de leur étoile pendant un transit, ce qui rend ces éclipses périodiques plus faciles à détecter."

Le but est de surveiller un millier d’étoiles de ce type au cours des années qui viennent afin d’identifier celles qui abritent des exoplanètes potentiellement situées dans la "zone habitable" de l’astre, ni trop près ni trop loin de l’étoile. Bref, dans une zone permettant théoriquement la présence d’eau liquide sur ces planètes extrasolaires. Et donc peut-être aussi de vie…

Le cadastre que va dresser SPECULOOS servira ensuite au futur télescope spatial James Webb et aux futurs très grands télescopes terrestres comme l’ELT (Extremely Large Telescope) européen, au miroir principal de 40 mètres de diamètre. Ceux-ci pourront alors analyser le spectre de la lumière stellaire qui traverse la couche atmosphérique de ces exoplanètes.

"Dans les dix années qui viennent, nous allons découvrir de la vie ailleurs dans l’Univers."
Pr Pierre Wolper
recteur de l’Université de Liège

"En analysant ces spectres atmosphériques, nous pouvons déduire quels sont les éléments chimiques qui y sont présents", précise la Dre Laetitia Delrez, postdoctorante liégeoise au sein du laboratoire Cavendish du Pr Queloz, à Cambridge. "Cela nous permet d’identifier la signature d’éventuelles traces de vie sur ces exoplanètes."

Parce qu’au bout du compte, c’est bien de cela qu’il s’agit: découvrir d’autres formes de vie dans l’Univers. Le Pr Pierre Wolper, recteur de l’Université de Liège, en est persuadé. "Dans les dix années qui viennent, nous allons découvrir de la vie ailleurs dans l’Univers", pronostique-t-il. 

De quoi mettre la pression sur les chercheurs de l’observatoire SPECULOOS Sud (celui du Chili), désormais opérationnel. Mais aussi sur le Pr de Wit, qui lui devrait piloter "SPECULOOS Nord", en voie de construction aux îles Canaries (sur le pic de Teide). Un projet pour lequel il manque encore une bonne partie du budget pour la construction des quatre télescopes complémentaires, chargés d’observer les étoiles froides de l’hémisphère nord.  À votre bon coeur!

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