Pourquoi le Tax Freedom Day a disparu...

La Tour des Finances à Bruxelles. ©Photo News

Ce jeudi est le Tax justice Day célébré par une plateforme de syndicats et d'ONG. De son côté, PwC a abandonné le Tax Freedom Day, car donnant lieu à des débats souvent réducteurs voire caricaturaux.

Ce jeudi est le "Tax Justice Day", journée de la justice fiscale. Des prospectus sont distribués dans les principales gares du pays pour sensibiliser les navetteurs quant aux ravages provoqués par la fraude fiscale et l’évasion fiscale. Un fléau que les initiateurs du "Tax Justice Day", les trois grands syndicats rejoints par une série d’ONG, évaluent à 20 milliards d’euros par an rien que pour la Belgique, soit 2.000 euros par personne par an.

Ces chiffres, qui donnent le tournis, proviennent du Dulbea (le service d’études de l’ULB) et du professeur autrichien Friedrich Schneider. De son côté, le professeur Michel Maus (VUB) parle de 26 à 30 milliards d’euros par an.

Initié voici quelques années, le Tax Justice Day se voulait une réponse du berger à la bergère par rapport au "Tax Freedom Day" de la société de consultance PwC. Lancé à l’échelle internationale, le Tax Freedom Day correspond au jour où le citoyen-contribuable a terminé de payer ses impôts et où il commence théoriquement à travailler pour lui-même.

Depuis 2015 cependant, PwC a laissé tomber le Tax Freedom Day, estimant que le débat, à force d’envoyer des slogans, tournait trop souvent à la caricature. Alors que l’idée première de PwC était d’établir un benchmark pour faciliter les comparaisons internationales. Comparaisons qui étaient rarement à l’avantage de la Belgique, faut-il le dire. Sauf si on regarde ce que le contribuable reçoit en retour: soins de santé, enseignement, pensions, etc. "Notre rapport Paying Taxes publié en fin d’année est aujourd’hui devenu notre outil de référence", précise-t-on chez PwC.

Entretemps, EY, une autre boîte de consultance, a pris le relais avec le "Tax Liberation Day", fixé l’an dernier au 27 juillet. EY travaille en collaboration avec l’Institut Molinari, un think tank fondé en 2003 d’après Gustave de Molinari (1819-1912), un économiste et journaliste franco-belge qui a œuvré à promouvoir les politiques économiques libérales. L’institut s’est appuyé sur les chiffres de l’OCDE.

D'ici fin juillet, les navetteurs auront le temps de méditer le folder du Tax Justice Day qui épingle pêle-mêle les scandales Lux Leaks et Panama Papers, l'amnistie fiscale, la taxe carat, la taxe Caïman, les montages fiscaux, la transaction pénale et la baisse de l'impôt des sociétés comme autant de cadeaux faits aux riches.

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