La Belgique gère-t-elle bien ses écoles défavorisées?

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D'après une nouvelle étude Pisa publiée ce lundi par l'OCDE, la Belgique fait partie des pays qui tentent de compenser les difficultés des établissements défavorisés en diminuant la taille des classes. Mais, d'après l'OCDE, c'est nettement insuffisant pour réduire les inégalités. Quantité ne rime pas avec qualité...

C'est enfoncer une porte ouverte de l'écrire, mais la qualité de l'enseignement dépend d'abord et avant tout de ses professeurs. L'OCDE s'est donc penchée, dans une nouvelle étude Pisa, sur la relation entre le type d'établissement (défavorisé ou pas) et les profs qui y enseignent. Y sont-ils d'abord suffisamment nombreux? Mais aussi qualifiés, payés...

→ Premier constat. Dans notre pays, on a tendance à pallier les difficultés rencontrées par  les écoles défavorisées par un nombre plus important d'enseignants. La taille des classes est en effet plus petite dans les écoles plus "difficiles": on parle d'un rapport de 18 élèves pour les écoles défavorisées contre 23 élèves pour les écoles favorisées.  Le taux d'encadrement (nombre d'élèves par enseignant), y est aussi nettement plus bas: 7 élèves par profs, contre 11 dans les écoles favorisées.

Comparée aux pays voisins, la Belgique est en la matière plutôt bonne élève. En France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, la taille des classes et le ratio élèves/prof sont plus élevés.

Pour la France: 25 élèves par classes dans les écoles défavorisées, contre 33 élèves dans les écoles favorisées. En Allemagne et aux Pays-Bas, le rapport entre écoles défavorisées et favorisées et de 22/27.

Et dans les pays pointés comme modèle en matière d'enseignement? En Finlande, considérée par les spécialistes comme la crème de la crème des systèmes d'enseignement, on constate en effet que les taux d'encadrement sont très bas et les différences faibles entre les deux types d'écoles: un rapport de 18/20 entre écoles défavorisées et favorisées, et un taux d'encadrement de 10 élèves par prof, quel que soit le type d'école. 

Deuxième constat: il n'y a pas, dans notre pays, de différence de diplôme entre les enseignants envoyés dans les écoles favorisées et défavorisées. 84% des enseignants dans notre pays sont dits "pleinement certifiés". En France, la situation est diamétralement opposée. Dans les écoles défavorisées, on  ne retrouve que 20% d'enseignants "pleinement certifiés", contre 96% dans les écoles favorisées... En Allemagne, le taux est aussi uniforme: 92%. Aux Pays-Bas, la situation est aussi différente: 75% d'enseignants certifiés dans les écoles défavorisées, contre 94% dans les écoles favorisées. 

Et en Finlande? Ici aussi, la situation est uniforme, avec un taux plus élevé que chez nous: 93% d'enseignants "pleinement certifiés".

→ Troisième constat: le pourcentage de professeurs de sciences ayant un diplôme spécialisé en sciences est nettement plus faible dans les écoles défavorisées: 38%, contre 57% dans les écoles favorisées. C'est l'un des talons d'Achille de notre pays, et de beaucoup d'autres pays de l'OCDE, puisque l'on ne retrouve que 3 pays étant pointés par l'étude comme des pays où les écoles défavorisées sont mieux loties (contre 20, dont la Belgique, où les écoles défavorisées sont pénalisées). 

En Finlande par contre, il n'y a pas de différences entre les types d'écoles, et le taux de profs spécialisés y est très élevé: 83%...

Pour l'OCDE, ce dernier constat tend à accentuer l'inégalité entre les écoles, et aussi entre les élèves. Alors que la taille des classes, elle, n'influe pas énormément les performances des élèves...  "La quantité ne compense pas l'absence de qualité, résume l'OCDE. "Il n'est pas suffisant pour les établissements défavorisés de bénéficier de davantage de profs, il faut surtout attirer les professionnels les plus talentueux et les plus efficaces", conclut l'OCDE. 

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