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La Belgique monte dans le train européen de la relance

Thomas Dermine (PS). ©Wouter Van Vooren

Ce mercredi, Ursula von der Leyen remettra à la Belgique l'analyse de la Commission sur le plan de relance belge. Le plan belge est approuvé par l'Europe.

Après le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Danemark et le Luxembourg, le "von der Tour" s'arrête ce mercredi à Bruxelles. La présidente de la Commission européenne viendra très officiellement remettre aux autorités belges l'évaluation européenne du plan belge de relance et de résilience. Ursula von der Leyen confirmera que l'épreuve belge passe la rampe, ouvrant la voie au versement de la première tranche de ce subside (770 millions d'euros d'ici la rentrée) qui s'élève pour notre pays à un total de 5,925 milliards d'euros prélevé sur un emprunt européen inédit.

En annonçant sa réforme des voitures de société, la Belgique semble avoir donné un signal favorable à la Commission dont le soutien, rappelons-le, est conditionné à des réformes structurelles qui sont encore embryonnaires.

"Ces 5,9 milliards nous ont été octroyés avec pas mal de latitude", se réjouit Thomas Dermine (PS), secrétaire d'État en charge de la Relance. "Nous avons commencé en retard (le gouvernement De Croo se formait alors que la dynamique européenne du plan de relance avait déjà été initiée, NDLR), mais nous avons rendu notre plan dans les temps et la Belgique est parmi les premiers pays dont le plan est validé dans sa globalité". Le plan belge, c'est 85 projets, soit une moyenne de 70 millions d'euros par projet qui permet aux autorités belges de contredire les accusations de saupoudrage qu'on entend ici et là. On rappelle encore que la moitié des projets belges auront un impact dans la lutte contre le réchauffement climatique – l'UE exigeait 37% au moins – ce qui fait du plan belge "un des plans les plus verts d'Europe". Les objectifs européens en matière de digitalisation (20%) sont également dépassés par la Belgique.

Un choc de 50 à 100 milliards

Thomas Dermine brosse rapidement avec L'Écho quelques-uns des projets, notamment en matière de "verdissement du transport routier", avec la création de bornes de recharge "pour assurer la transition vers l'électrification des véhicules", les corridors vélos à Bruxelles, le renforcement du réseau Infrabel, ou encore l'extension du métro de Charleroi.

Les investissements en digitalisation se concentreront sur des projets de cybersécurité à la Défense et au sein des renseignements. Un demi-milliard sera injecté dans la digitalisation de la fonction publique avec un effort particulier pour la justice. On peut encore citer des projets liés à l'économie circulaire, notamment dans le recyclage d'avions en fin de vie, dans la formation dans les métiers de la construction verte, etc.

77% des projets wallons et 73% des projets de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernent des investissements en infrastructures.

Disparités régionales

Si les préoccupations régionales ont globalement convergé, l'analyse quantitative du plan met en lumière quelques disparités. Ainsi, 77% des projets wallons et 73% des projets de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernent des investissements en infrastructures. Des pourcentages qui tombent à 46% pour la Flandre et 54% pour le fédéral, ce qui révèle une différence en termes de besoin. 13% des projets concernent le digital pour la Wallonie, soit moitié moins que les deux autres régions.

L'ensemble doit enclencher un rattrapage en matière d'investissements publics et susciter des co-investissements privés. "Le choc sur l'économie doit être maximal", indique Thomas Dermine. Il a détaillé pour L'Echo les effets multiplicateurs attendus. Fédéral, Régions et Communauté se sont engagés sur leur propre politique d'investissements publics, ce qui devrait permettre à la Belgique d'atteindre les 13,1 milliards nécessaires pour satisfaire les objectifs fédéraux (3,5% du PIB en 2024).

Au rapport tous les six mois

À côté de cela, le secrétaire d'État estime que les opérateurs – publics ou semi-publics de réseaux tels que Proximus ou Fluxys – devraient ajouter 6 milliards d'investissements dans la balance. Le plan générera directement un investissement privé estimé à 2,9 milliards tandis que le Fonds de transition créé par le fédéral pourrait injecter 1,5 à 2 milliards dans l'économie. Au total, ce choc pèse donc environ 25 milliards d'euros dont l'effet multiplicateur irait de 2 à 4, selon le secrétaire d'État socialiste.

"Le choc direct de ce plan sur l'économie est de l’ordre de 25 milliards soit 5% du PIB. Un impact qui sera multiplié par 2 ou par 4."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État à la relance

La balle est désormais en bonne partie dans le camp de chaque gouvernement qui devra veiller à respecter un timing a priori assez strict jusqu'en 2026. "Il y a des critères d'output pour chaque projet et nous nous sommes engagés à faire un reporting à la Commission tous les six mois", précise Thomas Dermine qui se chargera du suivi du plan au niveau interfédéral et restera l'interlocuteur de la Commission durant tout le processus.

Le résumé

  • Ursula von der Leyen est à Bruxelles mercredi pour valider par la Commission européenne le plan de relance belge.
  • D'un montant initial de 5,9 milliards, il doit provoquer un choc direct de quelque 25 milliards pour permettre à la Belgique de rebondir après la crise.
  • Élaborés et choisis en concertation avec les régions et communautés, le plan comprend 85 projets.
  • Priorité à l'infrastructure, l'environnement, au digital et à l'inclusion.

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