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La Belgique rapatrie des femmes et enfants de djihadistes

Les camps de détention des familles de djihadistes en Syrie sont gardés par les forces kurdes. ©AFP

Un groupe de 6 femmes et 10 enfants sont en cours de rapatriement d’un camp syrien tenu par les forces kurdes.

Pour la première fois, la Belgique rapatrie une série des femmes de combattants de l’organisation terroriste de l'État islamique avec leurs enfants. Jusqu’ici seuls des enfants avaient été rapatriés. Il s’agit cette fois de 6 femmes et de 10 enfants qui se trouvaient dans le camp al-Roj. Le camp est situé en territoire contrôlé par les Kurdes.

Les individus ont été transférés par une mission des Affaires étrangères et de la Défense d’al-Roj vers Ebril, qui est la plaque tournante du Kurdistan irakien. De là, ils sont partis pour Bruxelles. On ne savait pas à l'heure d'écrire ces lignes quand leur avion devait atterrir.

Case prison

Dès leur arrivée, les femmes seront envoyées en prison. Au moins trois d’entre elles ont été condamnées par défaut à des peines de plusieurs années de détention pour leur implication dans des activités terroristes. Leurs enfants iront à l’hôpital pour une visite médicale et seront ensuite pris en charge par les services d’aide à la jeunesse. Ils seront soit confiés à leur famille soit placés dans des familles d’accueil.

Les enfants seront soit confiés à leur famille soit placés dans des familles d’accueil.

Ce rapatriement fait suite à une mission officielle de la Belgique qui s’est rendue sur place en juin dernier pour vérifier l’identité belge des personnes concernées. Au moins une des femmes n’a pas pu rentrer car elle a été déchue de sa nationalité belge. Une autre femme aurait refusé de rentrer car elle ne voulait pas abandonner sa mère présente sur place également.

Politiquement explosif

Le rapatriement de femmes et enfants de combattants de l’organisation terroriste est un sujet politiquement sensible, surtout en Flandre. La N-VA et le Vlaams Belang, qui constituent les deux plus grands partis d’opposition du pays, ont toujours refusé en bloc l’idée d’un tel rapatriement.

Il n’est pas question pour l’instant de rapatrier les hommes.

Le précédent gouvernement de Charles Michel avait pour politique de ne rapatrier que les enfants. Le cabinet de Croo a infléchi cette ligne, suite au refus des autorités kurdes de séparer les mères et leurs enfants. Il n’est pas question pour l’instant de rapatrier des hommes, même si les Kurdes insistent pour que les pays occidentaux rapatrient tous leurs ressortissants.

Un certain nombre de femmes étaient déjà rentrées, mais dans un contexte différent. Elles s’étaient échappées du camp d’al-Hol et étaient passées en Turquie. Les autorités turques les avaient interceptées et placées sur un avion vers leur pays d’origine. Ces femmes sont actuellement en prison et leurs enfants placés dans leur famille ou en famille d’accueil. On ne sait pas si d’autres opérations de rapatriement vers la Belgique sont planifiées.

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