La Belgique réfléchit à l'usage qu'elle fera du vaccin d'AstraZeneca

L'usine de Novasep basée à Seneffe produit la substance active du vaccin du groupe pharmaceutique britannico-suédois AstraZeneca. ©BELGA

Le Conseil supérieur de la santé doit se prononcer sur l'opportunité, ou non, d'administrer ce vaccin aux personnes âgées. Reste aussi à déterminer, de manière générale, qui sera vacciné avec quoi.

C'est fait. Un troisième vaccin vient rejoindre la boîte à outils de lutte contre le coronavirus. Après Pfizer, puis Moderna, voici AstraZeneca qui a reçu la bénédiction, vendredi, de l'Agence européenne des médicaments (EMA), suivie de près par la Commission européenne.

Avec quelles conséquences pour la stratégie belge de vaccination? Que dit le planning théorique – théorique, parce qu'il dépend de l'approbation des vaccins et des délais de livraison, qui ne coulent pas de source? La Belgique comptait sur ce troisième vaccin à partir de février, ce qui devrait coller, les premières doses étant attendues dans les quinze jours qui suivent.

650.000
doses
Il était initialement prévu que la Belgique réceptionne 1,5 million de doses signées AstraZeneca durant le premier trimestre 2021. Cela, c'était avant que des retards ne soient annoncés du côté des livraisons. Il ne devrait y avoir au rendez-vous "que" 650.000 doses d'ici la mi-mars.

Reste que des ratés sont attendus dans les livraisons: au lieu de recevoir 1,5 million de doses pour le premier trimestre 2021, il est à présent question d'un arrivage limité à 650.000 doses d'ici la mi-mars. Rien de bien neuf sous le soleil, cela dit, puisque pareille mésaventure est arrivée pour Pfizer. Et que Moderna a rejoint, ce vendredi, le club des retardataires: il manquera un cinquième du colis de la première semaine de février, confirme l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Au lieu des 31.200 doses prévues, seules 25.200 seront au rendez-vous.

Autorisé dès 18 ans

C'est une évidence: livraisons rabotées riment avec tempo réduit de vaccination. Mais là n'est pas la seule inconnue. Maintenant que débarque un vaccin présentant un profil différent de celui des deux autres et une efficacité moindre (59,5%), et que les publics piqués à tour de bras s'élargissent de plus en plus, vient se greffer cette problématique: quel vaccin administrer à quels groupes de population?

Il y a, évidemment, la question des personnes âgées. Alors que l'Allemagne a décidé de ne pas recommander le vaccin d'AstraZeneca pour les plus de 65 ans, le régulateur européen n'en a rien fait, puisqu'il a donné son feu vert pour toute personne à partir de 18 ans.

Tout en reconnaissant ceci: dans les quatre essais cliniques bouclés, les données manquent pour les sujets de plus de 55 ans, ne permettant pas de chiffrer précisément les bénéfices pour cette classe d'âge - même si l'EMA espère en recevoir prochainement, notamment en provenance des États-Unis. Néanmoins, puisqu'une réponse immunitaire est observée, un certain degré de protection est attendu.

On attend le Conseil supérieur de la santé

Léger? Pas si l'on garde ceci en tête. Il s'agit d'une autorisation, pas d'une recommandation. Le vaccin peut être administré aux personnes âgées, tout comme les États membres peuvent lui préférer un autre, plus efficace, pour autant qu'ils en disposent. Autrement dit, il s'agit d'une option supplémentaire. "L'Agence européenne ne recommande pas, elle n'émet simplement pas de contre-indication pour les plus de 55 ans", insiste Jean-Michel Dogné, à la tête du département de pharmacie de l'Université de Namur et spécialiste de la sécurité des vaccins. Nuance.

"L'Agence européenne ne recommande pas, elle n'émet simplement pas de contre-indication pour les plus de 55 ans."
Jean-Michel Dogné
Directeur du département de pharmacie de l'Université de Namur

Sur ce sujet, la Belgique devrait se positionner rapidement, la task force vaccination ayant demandé au Conseil supérieur de la santé de se prononcer sans tarder. Tout comme on attend des avis du même Conseil et de la task force sur les publics cibles auxquels destiner ce troisième vaccin. Pour l'heure, on peut juste glisser ceci: son conditionnement moins exigeant fait du vaccin d'AstraZeneca un produit moins complexe à manipuler dans de grands centres de vaccination. Tout comme les 4 à 12 semaines pouvant séparer les deux injections permettront d'introduire un brin de souplesse dans un planning serré.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés