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La Belgique regagne quelques galons en termes de compétitivité

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Notre pays grimpe de 5 places dans le classement IMD, mettant ainsi fin à plusieurs années de baisse de compétitivité. On remonte ainsi à notre niveau de 2011.

Le gouvernement Michel peut avoir le sourire. Ses politiques économiques semblent faire mouche... auprès de l’IMD Business School de Lausanne qui a publié son classement annuel (et très théorique) de la compétitivité mondiale. Non pas que la Belgique se retrouve propulsée dans le top 10 des pays les plus compétitifs de la planète, comme c’est le cas pour le Luxembourg cette année. Ce sont les "usual suspects" qui caracolent d’ailleurs en tête de ce classement reprenant 61 pays.

Sur les trois premières marches du podium, on retrouve les Etats-Unis, suivis de Hong Kong (qui surclasse désormais la Suisse passée 4è) et Singapour. Il faut redescendre jusqu’à la 23è position pour voir figurer la Belgique qui se paie la (petite) satisfaction d’avoir dépassé son voisin français. Mais surtout, notre pays grimpe de 5 places dans le classement IMD, mettant ainsi fin à plusieurs années de baisse de compétitivité. On remonte ainsi à notre niveau de 2011.

  • Pensions et chômage

La Belgique s’est améliorée dans plusieurs domaines. L’IMD cite notamment le financement des pensions, pour lequel elle grimpe de la 57è à la 30è place. Le passage de la pension à 67 ans ne serait cependant qu’une étape. L’institut suisse estime en effet qu’une "réforme structurelle" fait partie des grands défis se posant aux autorités belges pour assurer la viabilité de notre système de pension.

Le durcissement des politiques envers les chômeurs semble également valoir un meilleur bulletin à notre pays qui décolle de l’avant dernière position qu’il occupait l’an dernier pour le critère des lois sur le chômage et remonte à la 55è place. Peut mieux faire donc, d’autant que le tableau s’est empiré en termes de chômage de longue durée, où on passe de la 33è à la 35è place. Mais la dynamique est là. Autre bon point: la capacité du gouvernement à s’adapter à l’évolution des conditions économiques. A peine 52è en 2014, la Belgique est remontée à la moitié du classement cette année. L’équipe Michel devrait par contre resserrer les boulons en matière d’évasion fiscale, où l’on passe de la 32è à la 39è place, et de finances publiques, où l’on est désormais 45è, soit une perte de 10 places.

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  • Impôts et énergie

Début septembre, le World Economic Forum publiait son classement de la compétitivité mondiale. La Belgique y perdait une place, se classant désormais 18è (sur 144). Ici aussi, notre pays se situait derrière l’Allemagne et les Pays-Bas, mais devant la France. Le WEF épinglait notamment la charge fiscale et le caractère restrictif de la réglementation du travail comme points faibles. Par contre, la qualité de notre enseignement y était souligné. Comment expliquer les différences de performances de la Belgique entre les classements IMD et WEF? Les deux démarches sont différentes. Là où le WEF étudie 144 pays, l’IMD n’en passe «que» 61 en revue. Mais la business school de Lausanne prend bien plus de critères en compte (342 contre 120), explique-t-elle dans son rapport 2015. Autre différence: le classement du WEF repose d’avantage sur des enquêtes (70%) que sur des statistiques. C’est l’inverse pour l’IMD qui se nourrit d’avantage des statistiques (66%) fournies notamment pas l’OCDE, la Banque mondiale et des institutions nationales.

Au final, dans un cas comme dans l’autre, tout ça reste très théorique et à relativiser.

Mais il y a pire, bien pire. On se classe avant-dernier pour les frais de téléphonie fixe et mobile, un classique. La Belgique reste également tristement célèbre pour ses impôts, qu’ils soient sur les revenus (59è) ou sur les sociétés (56è). Et si le pays est particulièrement bien desservi en infrastructures routières (1è position) et ferroviaires (4è), le tableau est bien moins glorieux dans le domaine des infrastructures énergétique au moment où le monde politique belge se déchire sur l’avenir du nucléaire. C’est simple, la situation empire tant au niveau de l’efficacité de nos infrastructures énergétiques (40è), que de la production intérieure (40è) et de la capacité de notre pays à satisfaire ses besoins futurs (47è). Parmi les défis à relever, l’IMD estime d’ailleurs qu’il faudrait "assurer l’offre d’électricité au cours des prochaines années à travers un cadre d’investissements stables".

Autre chantier épinglé par l’institution suisse: "établir un tax shift qui réduise les contributions des employeurs à la sécurité sociale". Tiens, tiens, ça aussi, on l’a déjà entendu quelque part. Pas étonnant lorsque l’on sait que la Fédération belge des entreprises fait partie des institutions internationales et nationales contribuant à l’élaboration de ce classement...

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