analyse

La Belgique, un exemple de soft power

L’institut londonien Brand Finance classe notre pays au 4e rang sur le critère des relations avec les autres nations.

À l’occasion d’une conférence sur le soft power organisée en présence de l’ancien secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon (2007-2016), l'institut londonien Brand Finance a élaboré un classement des nations.

Plus de 100 critères ont été utilisés pour interroger 55.000 personnes, et déterminer une hiérarchie ayant valeur d’exemple. Ce classement en dit moins sur les rapports de force en cours que sur la nécessité, pour les 193 pays référencés, de réussir à utiliser les différents ressorts de leur pouvoir pour ne pas refaire les erreurs du passé, à défaut de savoir inventer un futur. Des ressorts aussi vastes que la gouvernance, le rayonnement culturel, les valeurs humaines, les relations internationales, la réputation, la qualité des médias, la présence de grands artistes ou de grands sportifs, les possibilités d’entreprendre, etc...

Les États-Unis, leaders à la réputation calamiteuse

Malgré l’imprévisibilité dangereuse de Donald Trump ou la toxicité mondiale des Gafa, les États-Unis restent leaders du soft power international. La note réputationnelle des États-Unis est toutefois catastrophique.

L’Allemagne arrive seconde, à la faveur de son excellence en matière de gouvernance et de l’aura internationale d’Angela Merkel, nommément citée dans le rapport. Malgré le Brexit, le Royaume-Uni complète le podium. Sa marge de manœuvre géopolitique pourrait en effet être renforcée, et le transformer en arbitre des élégances entre les États-Unis et l’Union européenne.

15e
place
L'influence de la Belgique dans les cercles diplomatiques est reconnue, elle y occupe une quinzième place.

La Belgique se situe à un rang élevé en matière de relations avec les autres pays (4e), particulièrement ceux de l’Union européenne. Son influence dans les cercles diplomatiques est également reconnue (15e) tout comme la qualité de ses médias (14e), son niveau de tolérance (8e) ou la qualité de son système d’éducation (10e). Elle peine en revanche à imposer des images fortes au niveau de son héritage culturel (33e), en raison notamment de sa relative jeunesse par rapport aux autres pays, particulièrement la France, le Royaume-Uni ou l’Espagne.

"Bien que les Belges ne semblent pas pleinement avoir conscience de leur rang sociopolitique, la Belgique est considérée par le reste du monde comme l’un des pays les plus attractifs", note Brand Finance.

Basculement géopolitique dangereux

Ce rapport sur le soft power est une critique en creux de la conduite des affaires du monde par les plus grands États.

"Les Belges ne semblent pas pleinement avoir conscience de leur rang socio-politique."
Brand Finance
Institut londonien

Les cartes ont été redistribuées spectaculairement depuis le milieu de la dernière décennie, rendant plus urgente que jamais la redéfinition de l'ordre international basé sur le soft power, autrement dit la capacité des pays à assurer leurs intérêts vitaux et immédiats tout en assumant la complexité des enjeux et en anticipant les prochaines crises. Alors que l’ONU a perdu une grande partie de son influence, que l’Otan se délite, que l’Union européenne se réinvente, et que les États-Unis doivent choisir, ou pas, un nouveau président, le concept même de soft power a de l’avenir.

La décennie écoulée a été celle de tous les paradoxes géopolitiques. À l’ère de la post-vérité, les petits tweets sont désormais plus puissants que les preuves de compétence, les grands discours ou les réussites au long cours. Ils assurent le rayonnement irrationnel de figures aussi opposées que Donald Trump et Greta Thunberg, maîtres incontestés de l’émotionnalité.

Au-delà de ces gazouillis qui changent le monde, le discours de la force, l’intimidation, la menace, ou la violence n’ont jamais autant prospéré depuis la guerre froide.

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