La crise vue comme une opportunité de changement par les millenials

Le Groupe du Vendredi a mené une étude auprès des "millenials" sur leur vision de la société après la crise du coronavirus. ©Kristof Vadino

Le Groupe du Vendredi a sondé 500 jeunes adultes sur leur vision du monde d'après-Covid. Attachés aux valeurs de solidarité et soucieux de l'environnement, une majorité d'entre eux se disent prêts à modifier leurs habitudes pour atteindre des objectifs communs.

Comment les millenials ont-ils perçu la crise du Coronavirus et quelle est leur vision de la société de demain? Pour le savoir, le Groupe du Vendredi, un think tank pluraliste de jeunes adultes (25-35 ans), a mené l'enquête auprès de sa génération. Entre le 29 mai et le 10 juin, Ipsos a interrogé 500 jeunes vivant aux quatre coins du pays, parlant le français et le néerlandais et issus de milieux socio-économiques différents. Seules les déclarations faisant l'unanimité par-delà la frontière linguistique et les idéologies ont été retenues.

Tout d'abord, les millenials sondés ne perçoivent pas la crise comme un problème unique et limité dans le temps: 70% d'entre eux estiment au contraire que les pandémies seront plus fréquentes à l’avenir avec un impact plus important sur nos vies. Ils sont 60% à établir un lien entre l'origine de la crise et l'environnement. La moitié des répondants affirme que la crise a modifié durablement certaines de leurs convictions personnelles.

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71% des sondés considèrent que la lutte contre la pauvreté doit toujours être une priorité politique et pas uniquement en temps de crise économique.

La solidarité est une priorité pour la majorité des sondés: 71% considèrent que la lutte contre la pauvreté doit toujours être une priorité politique et pas uniquement en temps de crise économique. Les chômeurs de longue durée devraient-ils être plus souvent sollicités pour des tâches d'utilité publique? Une majorité de répondants (73%) y sont favorables. En revanche, seule une courte majorité de jeunes adultes (55%) est prête à limiter leur propre liberté pour atteindre les objectifs communs, en utilisant par exemple la voiture uniquement pour des déplacements essentiels afin de limiter les émissions de polluants.

Il ressort du sondage un attachement important aux biens communs et publics, avec notamment 63% de millenials favorables à l’accessibilité des transports en communs, même dans les coins les plus reculés du pays. L’importance de la culture au sein de la société est reconnue puisque 60% réclament la protection de ce secteur.

Réforme basée sur l'efficacité

Au niveau politique, il ressort une volonté de renforcer le niveau de pouvoir local où la solidarité se met en place. Sans surprise, une majorité importante des répondants (76%) plaide pour une structure institutionnelle basée sur la simplicité et l'efficacité et non sur des principes communautaires. En cas de réforme, 66% des millenials considèrent qu'il faut inclure les citoyens et les experts.

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Près de 70% des millennials estiment qu'il faut renforcer la protection de la vie sauvage, en arrêtant par exemple la déforestation.

Volonté de préserver la santé de la planète et celle des individus se rejoignent. Près de 70% des millenials estiment qu'il faut renforcer la protection de la vie sauvage, en arrêtant, par exemple, la déforestation. Ils sont encore plus nombreux à considérer que la crise a mis en exergue le besoin d'espaces verts en ville. Perçue comme une opportunité, celle-ci doit être l'occasion, selon 60% de répondants, de profiter des niveaux actuellement peu élevés des émissions CO2 pour continuer à diminuer les émissions non-essentielles. Enfin, les efforts pour sauvegarder notre santé passeront, pour 61% des millenials, principalement par des efforts de prévention plutôt que des traitements médicaux.

Les millenials sont arrivés sur le marché du travail peu après le krach financier de 2008 ou pendant la récession qui s’en est suivie, rappelle le Groupe du Vendredi qui souhaite passer de la qualification de "génération des crises" à celle de la transition. "Ce que nous constatons à partir des résultats, c'est que beaucoup de jeunes adultes sont prêts à changer la politique et à agir différemment", fait valoir le think tank qui fera part de ses solutions innovantes tout au long de l'été dans L'Echo.

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