La croissance belge au beau fixe

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Le troisième trimestre a vu le PIB belge progresser de 0,3%. Ce qui laisse entrevoir 1,7% de croissance pour 2017 et 1,8% en 2018. La croissance belge reste toutefois inférieure à la moyenne de la zone euro. Un écart qui devrait se résorber sur le moyen terme.

Le Produit intérieur brut (PIB) de la Belgique a progressé de 0,3% au troisième trimestre 2017, selon une première estimation fournie hier par la Banque nationale. En glissement annuel, cela donne une croissance de 1,7%. Un chiffre solide qui devrait satisfaire le gouvernement de Charles Michel mais qui reste néanmoins inférieur à la moyenne de la zone euro.

Le résultat trimestriel est également un rien inférieur au consensus des analystes qui tablaient sur une croissance de 0,4%. "Mais cela n’a rien de dramatique", nuance Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING, "car les chiffres du premier et deuxième trimestres ont tous deux été revus à la hausse."

Tout baigne en zone euro

Le PIB du premier trimestre a été revu à 0,7% (au lieu de 0,6%) et celui du deuxième trimestre à 0,5% (au lieu de 0,4%). À ce rythme-là, la fin de l’année s’annonce plutôt bonne. D’autant que plusieurs nouveaux indicateurs européens viennent renforcer cette impression.

0,9 point
L'indice de confiance dit ESI ("Economic Sentiment Indicator") a gagné 0,9 point, s’affichant à 114,0 points.

Ainsi, la confiance économique dans la zone euro a progressé en octobre pour atteindre son plus haut niveau depuis janvier 2001 (soit juste avant l’éclatement de la bulle internet), selon l’étude mensuelle publiée lundi par la Commission européenne. Cet indice de confiance dit ESI ("Economic Sentiment Indicator") a gagné 0,9 point, s’affichant à 114,0 points.

En Allemagne aussi

De même, l’indice Ifo (moral des entrepreneurs allemands) a atteint en octobre le niveau record de 116,7 points. Ce qui laisse supposer que la première économie européenne a abordé en force le dernier trimestre de l’année. C’est tout bénéfice pour l’économie belge, étroitement imbriquée dans le tissu économie allemand.

"On peut s’attendre à une nouvelle accélération de la croissance belge en fin d’année"
Peter Vanden Houte
Economiste en chef chez ING

"On peut s’attendre à une nouvelle accélération de la croissance belge en fin d’année", prédit Peter Vanden Houte. Il table sur une progression du PIB belge de 0,5% au quatrième trimestre. Ce qui donnerait, selon lui, 1,7% de croissance en 2017 et 1,8% en 2018.

Reste que, en dépit de la solidité de ces chiffres, la croissance belge reste toujours inférieure à celle qui prévaut pour la zone euro. Les prévisions s’orientent en effet vers 2,3% de croissance en 2017 et 2% en 2018.

La raison de ce décalage est très simple, selon Peter Vanden Houte. "Après la crise de 2008, la Belgique a connu une récession moins grave que la plupart des autres pays européens. Aujourd’hui, l’Espagne, le Portugal et la Grèce sont dans une phase de rattrapage et affichent des taux de croissance impressionnants. Mais à terme, les courbes de croissance de la zone euro et de la Belgique vont finir par se rejoindre", assure-t-il.

Peu d’impact de la crise catalane

Quant à la crise institutionnelle que traverse l’Espagne avec les velléités sécessionnistes de la Catalogne, elle devrait avoir un impact très limité sur les perspectives de croissance en Belgique et dans la zone euro, estime l’économiste d’ING. "La crise catalane pourrait affecter la croissance espagnole, mais nous ne prévoyons pas d’effet de contagion au reste de la zone euro."

"La crise catalane pourrait affecter la croissance espagnole, mais nous ne prévoyons pas d’effet de contagion au reste de la zone euro."
Peter Vanden Houte

Pourquoi? Tout simplement parce qu’il ne semble pas y avoir pour l’heure une majorité en Catalogne en faveur d’une indépendance pure et simple. C’est en tout cas ce qui ressort des sondages réalisés en vue du scrutin du 21 décembre.

D’autre part, les analystes ont noté la promesse formulée par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy d’entamer une réflexion sur une réforme de la Constitution espagnole pour pouvoir accorder une autonomie plus importante aux régions.

Les marchés restent zen

Enfin, on notera que les marchés se sont montrés relativement indifférents par rapport à l’affaire catalane. Le différentiel de taux ("spread") entre l’Espagne et l’Allemagne a à peine bougé.

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