La défense de Nemmouche se heurte à un mur

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Me Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, a réitéré ce mardi son argumentaire sur un "trucage" des images de vidéo-surveillance du Musée juif. Il affirme que des lunettes sont visibles sur le visage du tueur au début de la scène, avant de "disparaître" à un moment. Un argument peu évident qui suscite la perplexité des parties.

C’était un moment attendu, il n’a pas fait bouger les lignes. En tout cas, pas dans le sens de la défense de Mehdi Nemmouche. La séance de questions aux juges d’instruction et enquêteurs qui ont travaillé sur la tuerie du 24 mai 2014 au Petit Sablon a abouti à une prise de bec qui place la défense dans une situation compliquée: gagner avec le jury et contre tout le reste.

Une nouvelle fois, l’avocat Sébastien Courtoy a voulu affirmer – sans pouvoir le démontrer – que les images de vidéosurveillance du Musée juif avaient été "truquées" pour que l’on y reconnaisse Mehdi Nemmouche. Un pas trop loin. La présidente de la cour d’assises, Laurence Massart, le coupe: "C’est assez grave ce que vous dites. Vous dites que les policiers font des faux. Sur base de quels éléments? Ces accusations sont extrêmement graves."

La défense n’a pas pu fournir un récit précis des faits tels qu’ils se seraient passés.

D’ordinaire placide, la future première présidente de la cour d’appel se rebiffe, demandant pourquoi la défense de Nemmouche n’a jamais demandé à récuser la juge Bernardo-Mendez. Réponse de l’avocat: "On a vite compris que la seule chose qui pouvait nous sauver était un jury populaire. Nous ne nous attaquons pas à des personnes mais à un système, celui des policiers et du parquet fédéral."

L’incident se referme. Reste à savoir si les dizaines de questions posées aux enquêteurs ont pu changer la donne. La défense a mis en exergue de nombreux éléments allant dans le sens de leur thèse, celle d’un assassinat ciblé du couple Riva, qui seraient des agents du Mossad, camouflé en attentat terroriste. Espérant ainsi que de petits ruisseaux naissent une grande rivière aboutissant à l’acquittement de Mehdi Nemmouche. Sans pour autant réussir à proposer un récit précis des faits tels qu’ils se seraient passés.

Mais en contrepartie, d’autres éléments ont été mis en lumière, comme le passé de geôlier de l’État islamique de Nemmouche ou ses confidences macabres à ses compagnons de cellule, auprès de qui il se félicitait, selon un rapport pénitentiaire, d’avoir "fait mieux que Fofana" (le chef du ‘Gang des barbares’, NDLR) qui "n’a fumé qu’un seul juif".

Partie dans une quête désespérée, la défense a abattu plusieurs cartes sans faire la différence et en s’attirant les foudres de la présidence, ce mardi. "Je suis responsable de la vie d’un homme, si ça doit m’exposer à des problèmes, c’est comme ça", souffle Me Courtoy. Le procès se poursuit jusqu’au 1er mars. Le prochain moment important risque d’être l’audition du journaliste français Nicolas Hénin, ancien otage de Mehdi Nemmouche en Syrie, la semaine prochaine.

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