La dette de l’État bat un record à plus de 500 milliards d’euros

La dette de l'Etat belge s'élève aujourd'hui à 524 milliards d'euros, un record. Inquiétant? ©Belgaimage

La crise du coronavirus a fait exploser l’endettement public qui se situe à 115% du PIB. Cela ne pose pas (encore) de problème grâce au niveau plancher des taux d'intérêts.

Pas moins de 32 milliards d’euros sont venus s’ajouter, au deuxième trimestre de cette année, à la dette de l’État belge, qui grimpe ainsi à 524 milliards d’euros, un niveau correspondant à 115% du Produit intérieur brut (PIB). C’est la première fois que l’endettement des pouvoirs publics dépasse le cap des 500 milliards d’euros, comme on peut le lire dans les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB).

La dette de l’État belge grimpe à 524 milliards d’euros, un niveau correspondant à 115% du PIB.

La forte augmentation de la dette de l’État est la conséquence principalement de la crise du coronavirus. De fait: la baisse des recettes, due à la chute vertigineuse de l’activité, et la forte hausse des dépenses des autorités fédérales et régionales pour soutenir l’économie, ont fort logiquement fait exploser le déficit budgétaire.

©Filip Ysenbaert

Trois économistes de la BNB soulignent (...) que la situation pourrait devenir dangereuse si notre dette publique dépasse la barre des 120% du PIB.

Mais la dette publique s’est alourdie d’un montant bien supérieur au déficit budgétaire. En cause: le Trésor a emprunté sur les marchés financiers des montants plus élevés que l’argent nécessaire au financement de ses besoins immédiats. "La raison principale est que nous voulions constituer une réserve. De plus, le déficit budgétaire s’est moins creusé que ce que nous avions prévu", souligne Jean Deboutte, directeur de l’Agence fédérale de la dette. Dès lors, la dette publique augmentera moins aux troisième et quatrième trimestres et pourrait même légèrement diminuer.

Emprunt à taux zéro

La forte augmentation du déficit budgétaire et de l’endettement des pouvoirs publics ne pose pas de problème à brève échéance, parce qu’elle n’accroît pas la charge d’intérêts. "Les obligations à long terme que nous avons émises cette année ont un rendement moyen de 0,07%. À court terme, nous avons même emprunté à des taux inférieurs à -0,5%. Si vous additionnez les deux, nous empruntons à un taux de 0% environ, gratuitement donc. Nous n’avions encore jamais emprunté de l’argent aussi bon marché."

L’alourdissement de la dette du pays n’implique-t-il tout de même pas des risques accrus pour nos finances publiques? Les taux ne resteront sans doute pas au plancher éternellement. Pierre Wunsch, le gouverneur de la BNB, a déjà pointé à plusieurs reprises les risques d’un endettement en croissance continue. Trois économistes de la BNB soulignent, dans un article publié récemment, que la situation pourrait devenir dangereuse si notre dette publique dépasse la barre des 120% du PIB.

6,5%
Les prévisions économiques du Bureau du plan, publiées en septembre, tablaient sur une croissance du PIB de 6,5% en 2021. Il est quasi certain que les chiffres réels seront inférieurs à ces prévisions.

Perspectives économiques moroses

Nous n’en sommes pas encore là, mais on ne voit toujours pas de lumière au bout du tunnel. Les prévisions économiques du Bureau du plan, publiées en septembre, tablaient sur un redressement au second semestre de cette année et une croissance du PIB de 6,5% en 2021. À présent, il est quasi certain que les chiffres réels seront inférieurs à ces prévisions compte tenu de la deuxième vague de coronavirus et des mesures prises par les autorités pour ralentir la pandémie. Parce que ce quasi-confinement ne se fait pas sentir uniquement dans l’horeca et les secteurs associés. Il menace aussi de miner la confiance des consommateurs et donc de peser sur les dépenses privées. 

C’est dans ce contexte particulièrement morose que le gouvernement fédéral et les exécutifs des entités fédérées seront amenés dans les prochains jours à finaliser leurs budgets, qu’ils doivent communiquer le 30 octobre à la Commission européenne. Les dépenses de soutien additionnelles aux secteurs touchés par les nouvelles mesures de restriction seront encore en grande partie inscrites aux budgets de 2020 et viendront donc s’ajouter à la dette publique. Pour le niveau fédéral, il s’agit d’un demi-milliard d’euros de droits passerelles, de primes de fin d’année et d’annulations de cotisations sociales. 

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