"La dictature de la majorité flamande doit cesser" à la CSC (Tony Demonte)

Tony Demonte vient d'être prépensionné après 41 ans de service au sein du syndicat chrétien. ©Capture YouTube

Les tensions entre l'aile flamande et l'aile francophone de la CSC sont "énormes", selon le numéro 2 de la Centrale Nationale des Employés (CNE), Tony Demonte qui vient d'accéder à la préretraite. Selon lui, le syndicat chrétien est "au bord de l'explosion".

Déchargé de ses responsabilités depuis qu'il est entré en prépension, Tony Demonte revient sur ses 41 années passées à la CSC. Le secrétaire générale adjoint de la Centrale nationale des employés (CNE), qui est sur le départ, se livre dans les colonnes de "La Libre Belgique" et n'y va pas avec le dos de la cuillère. Selon lui, "à la CSC, les Flamands représentent deux tiers des affiliés et nous, un tiers", ce qui "pose de plus en plus de problèmes".

Différences sociologiques et politiques

Les quatre dernières années, la tiédeur de la CSC était due au fait qu'au nord, on croyait à l'action du CD&V au sein du gouvernement. Nous, on n'y croyait plus.
Tony Demonte

Le syndicaliste met en exergue les différences "sociologiques et politiques" entre le nord et le sud du pays sur des questions comme la réduction du temps de travail, mais aussi sur la façon de mener des actions.

La législature passée a ainsi été marquée par de vives tensions sociales. "Quand il s'agit de se prononcer sur une grève générale, c'est le nord qui impose de ne pas la faire. Au sud, on est preneur de luttes plus dures, de mesures plus à gauche (...) Les quatre dernières années, la tiédeur de la CSC était due au fait qu'au nord, on croyait à l'action du CD&V au sein du gouvernement. Nous, on n'y croyait plus".   

Pas question d'une scission

Tony Demonte ne réclame pas pour autant pour une scission de la CSC, disant croire à "la plus-value d'un syndicat unitaire". "Néanmoins, il y a des conditions à respecter, sinon la CSC va exploser de l'intérieur. Les tensions sont énormes. Jusqu'il y a 25 ans, on pouvait trouver des compromis entre CSC flamande et francophone. Mais, aujourd'hui, c'est la dictature de la majorité. De plus en plus souvent, on se trouve face à un vote nord-sud", affirme-t-il. 

Selon lui, il faudra passer à d'autres modes de décision, par exemple l'obligation dans certaines matières d'un vote avec une majorité dans chaque communauté. De manière générale, l'avenir du syndicalisme est en jeu, estime-t-il, évoquant des mouvements comme ceux des Gilets jaunes en France. "On a laissé aller les choses. On a trop pensé dans les organisations syndicales qu'il suffisait de s'asseoir à une table pour obtenir des résultats (...) A quoi rime la concertation sociale à partir du moment où la FEB peut se permettre de ne rien lâcher parce qu'elle a un gouvernement acquis à sa cause?"  

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