La diminution des faillites en 2015 montre que la crise est bien derrière nous

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Depuis quelques mois, l’amélioration sur le front des faillites était nettement perceptible. Aujourd’hui, c’est confirmé: 2015 a vu le nombre de faillites en Belgique refluer de plus de 6%.

 C’est la deuxième année d’affilée que les faillites reculent, signe que le plus dur de la crise est désormais derrière nous. Au total, d’après les chiffres de Graydon, ce sont 10.605 entreprises qui ont été contraintes de mettre la clé sous le paillasson au cours de l’année écoulée. Mieux encore, le nombre d’emplois passés à la trappe pour cause de faillite – soit 23.050 – a chuté de 11,6% en un an. Ce qui montre que la taille des entreprises qui tombent en faillite diminue. La tendance à l’amélioration n’a fait que s’accentuer en cours d’année. En décembre 2015, le nombre de faillites (835) avait baissé de 22,5% par rapport à décembre 2014 (1.078).

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La baisse des faillites concerne toutes les régions du pays, davantage même la Wallonie (-9,3%) que la Flandre (-5,8%). Bruxelles est à la traîne (-2% seulement).

-22,5 %
Le mois de décembre 2015 s’est soldé par 835 faillites. C’est une très nette amélioration (-22,5%) par rapport à décembre 2014.

Eric Van den Broele, directeur du service d’études de Graydon, voit deux raisons à cette amélioration générale. Premièrement, le retour d’une certaine croissance (1,3% l’an dernier) a redonné du tonus aux entreprises. "C’est la raison principale. Plus de chiffre d’affaires et plus de bénéfices amène logiquement moins de faillites", explique-t-il. Deuxièmement, le climat entrepreneurial s’est amélioré, grâce aux mesures prises par le gouvernement pour améliorer la compétitivité des entreprises.

2016 s’annonce bien

Eric Van den Broele s’attend à une poursuite de la baisse des faillites l’an prochain. L’explication tient en quelques mots: poursuite de la croissance économique, saut d’index et baisses de charges prévues par le tax shift.

Le nombre de faillites a diminué de 6% en 2015. Quant au nombre d’emplois perdus, il a reculé de 11,6%.

En cause, le retour d’une croissance modérée et l’amélioration du climat entrepreneurial.

La baisse des faillites devrait se poursuivre cette année.

Mais il tient aussi à tempérer ce constat. "La Banque nationale nous prédit une croissance de 1,6% du PIB en 2016. D’expérience, nous savons qu’il faut 2% de croissance pour assister à une baisse durable et structurelle du nombre de faillites." Un bémol qui vaut surtout pour deux secteurs: l’horeca, suite à la généralisation de la caisse dite intelligente et le transport routier, suite à l’introduction de la taxation au kilomètre.

Tout ceci ne doit cependant pas faire oublier que le niveau de faillites demeure très élevé. Avant le déclenchement de la crise en 2008, le nombre de faillites tournait autour des 7.000 à 8.000 par an. Il reste donc du chemin à faire. Pour l’Union des classes moyennes (UCM), la prévention des faillites doit rester une priorité politique. Car si les pertes d’emplois constituent autant de drames personnels, elle juge la situation du chef d’entreprise "pire encore puisqu’il n’a pas le filet de sécurité du chômage et a souvent engagé des biens personnels". La fédération patronale insiste sur "la professionnalisation accrue des starters et une plus grande souplesse dans les amendes, majorations et intérêts de retard infligés par les différentes administrations (TVA, fisc, ONSS) aux entreprises en difficulté".

L’apport des notionnels

Au final, la Belgique a mieux traversé la crise depuis 2008 que la plupart des pays voisins, observe Eric Van den Broele. Les intérêts notionnels n’y sont pas étrangers. "Bien qu’il y ait eu de lourds abus de la part de quelques-uns, les intérêts notionnels se sont avérés salutaires pour bon nombre de PME. Car ces entreprises ont été, juste avant le déclenchement de la crise, incitées à se recapitaliser, ce qui les a rendues plus résilientes face aux périls de la crise. Les entreprises qui n’ont pas survécu sont surtout celles qui étaient sous-capitalisées et qui misaient sur les taux bas pour se financer."

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