La diplomatie belge veut attirer plus de femmes dans ses rangs

Le Roi et la Reine reçoivent au Palais de Bruxelles les chefs de postes diplomatiques belges, revenus en Belgique à l'occasion des journées de contact diplomatiques. ©Photo News

Les Affaires étrangères lancent un nouvel examen diplomatique pour le rôle francophone. Les inscriptions commencent le 27 janvier prochain. Des diplomates sortent du bois pour encourager les femmes à se présenter.

Éculé le cliché de l’ambassadeur "Ferrero Rocher", cet homme mûr aux tempes grisonnantes offrant des chocolats dorés à des invitées conquises? Tout à fait. Et la diplomatie belge en est la preuve, car de plus en plus de femmes y mènent une carrière passionnante.

Les Affaires étrangères recrutent de nouveaux diplomates pour 2020 pour son rôle francophone. Les inscriptions ont lieu à partir du 27 janvier prochain.

La première exigence, celle de la langue, a été adoucie. "Pour être acceptés, les candidats devront être porteurs du certificat B1 de néerlandais délivré par le Selor" dit un porte-parole des Affaires étrangères, Arnaud Gaspart. Les candidats devront ensuite relever leur niveau de néerlandais au cours de la procédure de recrutement. Pour ce qui est du diplôme, un master suffit.

Rétablir l’équilibre des genres

Cela va de soi, le genre du candidat n’a aucun impact sur le recrutement. Mais la diplomatie belge ne le cache pas, elle aimerait rétablir un équilibre entre les hommes et les femmes dans ses rangs.

"Nous voulons encourager les femmes à s’inscrire à l’examen."
annick van calster
directrice générale aux affaires bilatérales

"Nous voulons plus de collègues féminines", dit Annick Van Calster, directrice générale aux affaires bilatérales. "On compte 30% de femmes dans les carrières diplomatiques extérieures. Nous voulons encourager des femmes à s’inscrire à l’examen", poursuit-elle.

Le métier de diplomate est peu connu, ce qui explique le faible nombre de femmes. "Ce métier n’est pas du tout réservé aux hommes, loin de là. Ce qui compte, c’est la capacité de travail et d’influencer une situation. Notre ADN est la recherche d’un compromis avec l’intérêt de la Belgique en tête", ajoute Annik Van Calster.

"Ce qui compte, c’est une bonne mixité autour de la table", renchérit Evie Ruymbeke, attachée au service des droits de l’homme. Dans certaines circonstances, être une femme peut être un atout. "Notre ambassadrice en Arabie Saoudite peut parler aux femmes et aux hommes, ce qui est moins évident pour un ambassadeur", dit-elle.

La carrière est des plus passionnantes. "Notre métier est mal connu, mais il est de moins en moins difficile pour les femmes. C’est très stimulant, et on trouve les moyens de gérer des choses qui ne sont pas du tout évidentes", dit France Chainaye, cheffe du protocole et ancien ambassadrice en Suède. Cette mère de deux enfants affiche un parcours exemplaire.

Gérer les situations de crises

La diplomatie n’est pas de tout repos, les situations de crises n’étant jamais loin. "J’ai travaillé à Beyrouth au début des années 2000, en plein milieu des bombardements, porté un gilet pare-balles", explique Annick Van Calster. Pour soutenir son personnel dans de telles circonstances, les Affaires étrangères encouragent leur personnel à suivre un entraînement en milieu hostile ("hostile environment awareness training"). "On tient à nos collègues, on aime les entourer", confie-t-elle.

Un diplomate belge, aujourd’hui, est envoyé quatre ans dans deux pays et revient ensuite prester trois ans à Bruxelles.

Tous les postes ne sont pas à risque, loin de là. "Certains choisissent le Mali, Islamabad, ils ont envie de cela, mais ce n’est pas dans la mentalité de tout le monde", résume France Chainaye.

L’affectation dans un pays ne dure pas plus de quatre ans. Un diplomate belge, aujourd’hui, est envoyé quatre ans dans deux pays et revient ensuite prester trois ans à Bruxelles. "Nous devons garder un regard étranger là où nous sommes et conserver un lien fort avec la Belgique", dit Annick Van Calster.

À la question de ce que le métier peut apporter à une femme, les trois diplomates nous rembarrent. "La même chose qu’à un homme", dit France Chainaye. "La connaissance du pays", poursuit Annicka Van Calster.

Pour réussir l’examen, une connaissance des grands défis de la diplomatie belge est évidemment indispensable. En 2020, toute l’attention sera portée sur le sud de l’Europe, le Moyen-Orient où les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis mobilisent tous les services des Affaires étrangères. Viennent aussi le Sahara, la région des Grands lacs et la RDC. La Chine. Et la participation de la Belgique au Conseil de sécurité, que notre pays présidera en février.

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