La DPR wallonne résistera-t-elle au choc financier?

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Malgré l'impact financier de la crise, le gouvernement wallon entend maintenir sa feuille de route fixée dans la déclaration de politique régionale (DPR). Des ajustements sont malgré tout à prévoir.

Menace sur la DPR ? Avec la crise du Covid et la réallocation de certaines lignes budgétaires, initialement prévues pour lancer le plan wallon de transition cette année, et aujourd’hui redirigées pour financer des mesures d’urgence envers le secteur de la santé et l’aide aux indépendants, il est légitime de se demander si la Déclaration de politique régionale de la Wallonie (DPR), telle qu’on la connaît dans sa version originale, survivra au choc financier de la crise. Dans une étude publiée vendredi, le Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l’UNamur estime que le coût des dépenses engagées par le gouvernement wallon pour 2020 avoisine le milliard d’euros, dont 350 millions de réorientations budgétaires.

Voilà pour le contexte corseté de la situation budgétaire. Imposera-t-il au gouvernement de faire des choix ? À ce jour, le message officiel en provenance de l’Elysette est de dire qu’on maintient le cap fixé. Le plan de relance Get Up Wallonia rassemble d’ailleurs une série de mesures proposées par la DPR.

Cette ambition inchangée est relayée par les cadres des partis de la majorité. "Jusqu’à présent, je n’ai entendu personne dire qu’on va devoir mettre des choses de côté. Et pourquoi modifierait-on la ligne de la DPR ? Personne ne le demande. Les objectifs à moyen terme de la DPR comme la lutte contre la pauvreté ne doivent pas changer", assure un socialiste. Du côté d’Ecolo, on est tout aussi clair. "Il est hâtif de dire que la DPR ne pourra pas être financée." Le cadre financier ne serait d’ailleurs plus vu comme un vrai obstacle. "Là où il y a 6 mois on s’apprêtait à des discussions difficiles avec la Commission européenne, aujourd’hui le contexte va nous faciliter le travail sur le plan budgétaire pour financer nos investissements à condition que ceux-ci poursuivent des objectifs dans le domaine de la transition, de l’emploi et de l’économie", analyse un membre de la majorité.

Des choix devront malgré tout être faits avec "une réorientation budgétaire des politiques", annonçait le ministre du Budget Jean-Luc Crucke (MR) il y a quelques semaines. Lesquels? Vu le contexte, les 100 euros de baisse de précompte immobilier promis par la DPR pourraient sauter. Tout comme l’élargissement de l’usage des titres-services à la garde d’enfants. Mises ensemble, ces deux mesures représentent un coût de 140 millions pour le gouvernement.

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