La FEB plaide pour un gouvernement intérimaire

Le patron des patrons Pieter Timmermans déplore que le monde politique belge "bloque sur les couleurs d'une possible coalition plutôt que de parler du contenu". ©Photo News

Un gouvernement intérimaire pourrait se concentrer sur les matières qui préoccupent réellement les gens, à savoir l'emploi, les pensions, la mobilité et l'énergie/climat, estime la FEB qui revoit à la baisse ses prévisions de croissance.

Face à la crise politique qui perdure et à l'immobilisme qu'elle engendre, les patrons commencent à perdre patience. "2019 a été une année de perdue, il ne faudrait pas qu'il en soit de même en 2020", prévient Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

"Un gouvernement intérimaire avec des compétences limitées est une option pour nous", a-t-il expliqué ce jeudi matin lors de la présentation des prévisions économiques semestrielles de la fédération patronale. Un tel gouvernement pourrait, selon lui, se concentrer sur les matières qui préoccupent réellement les gens, à savoir l'emploi, les pensions, la mobilité et l'énergie/climat. "Dans chacune de ces matières, nous avons des comptes à rendre à l'Europe", précise Pieter Timmermans.

Après un an sans que rien ne se passe, il faut absolument faire quelque chose.
Pieter Timmermans
administrateur délégué de la FEB

Pour le reste, il laisse au politique le soin de déterminer les contours précis d'un tel gouvernement. Il pourrait s'agir d'un gouvernement à durée limitée, où pourraient siéger des techniciens si besoin. "Bien sûr, je préfère un gouvernement de plein exercice, mais après un an sans que rien ne se passe, il faut absolument faire quelque chose. On bloque sur les couleurs d'une possible coalition plutôt que de parler du contenu. Et je ne peux pas m'imaginer qu'on ne puisse pas trouver une majorité au Parlement pour répondre aux quatre défis que je viens de citer."

Des entreprises inquiètes

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La FEB revoit à la baisse sa prévision de croissance pour 2020 à 0,9% seulement. C'est nettement moins bon que le chiffre de 1,2% avancé en début de semaine par la BNB.

Une telle avancée est d'autant plus nécessaire aux yeux de la FEB que l'inquiétude grandit au sein des entreprises. Par rapport à la situation qui prévalait en mai dernier, les patrons sont nettement moins optimistes pour l'avenir économique à court terme de la Belgique. Les perspectives d'embauche se sont assombries dans la plupart des secteurs, de même que les attentes en matière de rentabilité et d'exportations.

Résultat: la FEB revoit à la baisse sa prévision de croissance pour 2020 à 0,9% seulement. C'est nettement moins bon que le chiffre de 1,2% avancé en début de semaine par la Banque nationale.

Seul point positif, la dynamique d'investissement semble se maintenir. "Ce qui est de bon augure, car les investissements d'aujourd'hui sont les emplois de demain", souligne Pieter Timmermans.

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