La fin du shopping en solo mais sans prolongement des soldes

La possibilité de faire les courses à deux satisfait le secteur qui regrette en revanche que la mesure ne soit applicable qu'à partir du lundi 24 août, faisant perdre aux commerçants un week-end de soldes. ©Photo News

La Première ministre se dit consciente de la lassitude des citoyens. Les experts ont été mandatés pour établir des règles plus pérennes permettant de se projeter.

C'était annoncé: la volonté d'assurer la rentrée des classes pour tous les élèves et la stabilisation plutôt que l'amélioration de la situation épidémiologique ne permettaient pas, aux yeux du Conseil national de sécurité, de procéder à de grands chamboulements. Mais l'heure était toutefois plus à l'assouplissement qu'au durcissement des mesures.

"Pour les zones rouges, il faut se faire tester et rester en quarantaine même en l'absence de symptômes. Trop peu de personnes respectent cette règle."
Sophie Wilmès (MR)
Première ministre

Par exemple, le port généralisé du masque en entreprise n'a même pas été abordé. Les règles pour les retours de voyage ont été rappelées, mais à ce stade il est toujours question de faire appel au sens des responsabilités des citoyens plutôt que de passer par la répression. "Pour les zones rouges, il faut se faire tester et rester en quarantaine même en l'absence de symptômes. Trop peu de personnes respectent cette règle, or les conséquences peuvent être trop importantes", prévient Sophie Wilmès (MR).

Comme recommandé par les experts, la bulle de cinq est maintenue en septembre. En revanche, les couples qui vivent dans des pays différents sans un lien juridique (mariage, cohabitation) pourront franchir les frontières et se retrouver à partir du 1er septembre. La Première ministre a aussi annoncé que les réceptions dans le cadre de funérailles pourront désormais accueillir 50 proches.

Evénements sportifs et culturels

Le nombre maximum de personnes admises dans un public – lors d’événements sportifs, au théâtre, dans le cadre d’activités culturelles, dans les lieux de culte, les salles de congrès ou encore les auditoires – sera étendu à 200 personnes en intérieur et 400 personnes en extérieur. Le port du masque reste obligatoire tout comme le respect des règles et protocoles de sécurité. Afin de donner plus de flexibilité – lorsque les règles de sécurité sont respectées – aux professionnels, il sera possible de déroger à cette règle après examen par le bourgmestre et l’autorisation des ministres compétents. Réagissant à ces décisions, La Pro League, l'instance du football professionnel belge, a annoncé vise "un retour progressif du public" pour le mois de septembre.

Soulagement pour les commerçants

Certaines demandes des commerçants ont été entendues: il sera à nouveau possible de faire ses amplettes à deux, et sans limite de temps. Mais tant Comeos que le SNI déplorent que ces assouplissements ne soient d'application qu'à partir du 24 août alors qu'il ne reste que deux week-ends de soldes. "Pourquoi attendre lundi? Cela fait perdre encore un week-end pour les commerçants. C'est incompréhensible", déclare le syndicat neutre des indépendants qui regrette aussi que la période des soldes n'ait pas été prolongée comme espéré.

"Pourquoi attendre lundi? Cela fait perdre encore un week-end pour les commerçants. C'est incompréhensible."
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI

Cette décision est un soulagement pour les commerçants, affirme l'Union des classes moyennes (UCM) qui estime qu'il n'y a pas de quoi se réjouir pour autant. "Le couvercle continue à peser sur l'activité économique, en particulier sur l'horeca et l'événementiel, avec le maintien de la bulle de cinq et le simple retour aux limites de juillet pour les spectacles en intérieur ou extérieur."

Apprendre à vivre avec le virus

Si l'on peut quasiment parler d'un "CNS du statu quo", la Première a tout de même délivré un message d'espoir, faisant savoir que l'objectif était désormais de sortir de la gestion de crise pour s'engager dans une gestion à long terme du risque et d'inscrire une série de règles de manière pérenne afin que la population puisse à nouveau se projeter.

"Nous demandons aux experts du Celeval et les psychologues de se pencher sur cette question", a indiqué la libérale qui s'est dit consciente de la lassitude des citoyens. C'est dans cette optique qu'elle a reprécisé les règles de la bulle de cinq, pas toujours bien comprise. "Certains s'étonnent du nombre de personnes autorisées dans les événements par rapport à la bulle. Mais il faut distinguer les deux car la bulle ne concerne que les contacts rapprochés. Les organisateurs d'événements font l'objet de contrôles, ce qui n'est heureusement pas le cas de la sphère privée."

Selon une étude de l'université de Gand, la motivation de la population à suivre les mesures a dégringolé de 81% à 35% depuis le début de la crise. Interrogée sur ce point, Sophie Wilmès a évoqué une série de causes potentielles parmi lesquelles l'expression simultanée de discours alarmistes et des propos minorisant voire niant les difficultés causées par la pandémie. L'objectif n'est pas, selon elle, d'arriver à une circulation zéro du virus mais d'éviter le point de basculement où l'on ne maîtrise plus la propagation du virus. "Arrêter cette dynamique en mars a été très compliqué, ça a coûté énormément d'argent à l'économie et surtout énormément de vies humaines. Or, on sait que ce moment de basculement est créé lors de contacts rapprochés", a expliqué la Première.

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