La Flandre davantage conquise par une taxe kilométrique intelligente

©ANP

L'enquête annuelle de l'Institut Vias a passé au crible plusieurs mesures de mobilité, concrètes ou en projet. Les avis concernant la taxe au kilomètre divergent fortement en fonction des régions. Les Flamands y sont plus favorables.

Les avis sur la taxe kilométrique intelligente frappant tous les véhicules divergent dans notre pays. A l'échelle nationale, les Belges se montrent à 39% pour son instauration et à 38% contre. Pas une grande différence. Mais à l'échelle régionale, les avis sont bien plus tranchés à en croire la dernière enquête nationale de l'institut Vias.

En Wallonie, 29% y sont favorables mais près de 49% s’y opposent alors qu'en Flandre, 43% sont pour et 33% contre. "Les distances plus grandes à parcourir et l’offre parfois moins étoffée de transports en commun en Wallonie, ainsi que les embouteillages plus importants encore en Flandre expliquent la différence", explique Vias dans son enquête "d’INsécurité Routière".

"Chacun travaille sur son île"

Sur un plan technique, des tests ont été réalisés et l'infrastructure actuelle permet sans grand problème l'installation d'une telle taxe. 

Sur le champ politique, les divergences sont, là aussi, bien visibles. Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), a proposé la semaine dernière de créer agence interfédérale de la Mobilité censée coordonner les régions. Une idée écartée ce week-end par le ministre flamand de tutelle, Ben Weyts (N-VA) et son homologue bruxellois Pascal Smet (sp.a).

La question de la coordination resurgira le 14 janvier prochain où le ministre Bellot promet de déposer un plan sur la table du comité exécutif des ministres de la Mobilité. Selon lui, "chacun travaille sur son île" actuellement. La Flandre élargit le ring de Bruxelles alors que la Région-capitale veut réduire le nombre de bandes de circulation, souligne le ministre fédéral. Dans le même temps, la Wallonie plaide pour une vignette automobile tandis que la Flandre est favorable à une taxe kilométrique, ajoute-t-il. Les ministres régionaux bruxellois et flamand sont dubitatifs. Pour Pascal Smet, cette proposition "charge les régions de ce qu'elles doivent faire" et s'assimile à la "Belgique de papa". "Une erreur tactique", explique-t-il dans les colonnes du Morgen.  

Popularité grandissante pour les transports en commun

L'enquête de Vias, la 7e du genre, prend aussi le pouls de la population et son mode de transport. Dans un pays où l'an dernier près de 8 personnes en âge de le faire sur 10 ont conduit une voiture, le pourcentage de personnes ayant voyagé en transports en commun grimpe encore, passant de 41% en 2017 à 48% en 2018. Les transports en commun sont particulièrement populaires à Bruxelles. 72% des Bruxellois les ont pris, soit une hausse de 9% par rapport à l’année d’avant. En Wallonie, seuls 36% se sont déplacés en transports en commun (contre 28% l’an dernier).

Le vélo a aussi la cote auprès de la moitié des Belges (47%) et la bicyclette reste de loin la plus populaire en Flandre. 63% des Flamands ont roulé à vélo au cours de l’année écoulée. Ce pourcentage est nettement moins élevé à Bruxelles (28%) et en Wallonie (25%). 

Une première cette année et vous le constatez sans doute de plus en plus sur les routes: plusieurs nouveaux engins de déplacement (trottinettes électriques, monoroues, etc.) font leur apparition dans la chiffres de Vias. 3% des Belges en ont utilisé un au cours de l’année écoulée. Un chiffre "aussi élevé que le pourcentage de personnes qui ont enfourché une moto!", se plaît à comparer l'institut Vias qui précise que le phénomène est particulièrement visible dans les grandes villes. "A Bruxelles, ils sont même 6% à voyager sur un engin de déplacement". 

Pour le ministre François Bellot, ce chiffre illustre bien que "nos transports sont de plus en plus multimodaux, comme en témoigne le succès des différents types d’engins de déplacement. A l’avenir, nous devons encore davantage veiller à ce que ces modes de transport soient utilisés en parfaite harmonie avec le reste du trafic." 

©Photo News

"L'enquête a été réalisée fin octobre, début novembre, avant qu'une importante société de location de trottinettes électriques ne vienne s'implanter aussi à Bruxelles", note Karin Genoe, CEO de l'institut Vias, sous-entendant qu'il est fort probable que la part d'usagers de tels engins ait encore augmenté récemment, après le bouclage de l'étude. A la mi-novembre, l'Américaine Lime est en effet venue rejoindre dans la capitale les Troty et autres Bird, avec des trottinettes partagées et géolocalisées liées à des applications spécifiques. 

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