La giga réforme des hôpitaux belges est lancée

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Ce 1er janvier, le paysage des hôpitaux belges change radicalement. Chaque hôpital devra appartenir à un réseau clinique. Mais quid pour les patients?

Selon un projet de loi adopté en février dernier, chaque hôpital belge devra désormais appartenir à un réseau clinique. Pourquoi? "Il y a trop de lits en Belgique", résume Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne. "Il faut rationaliser! Les hôpitaux d’une même région seront obligés de collaborer pour éviter des duplications coûteuses."

"Pour être efficace, un hôpital doit avoir 2.000 lits alors que la moyenne est de 400 lits", constate de son côté Paul d’Otreppe, président de l’Association belge des directeurs d’hôpitaux. "Les petites offres de soins sont génératrices de non-qualité. On ne sait plus survivre avec le modèle actuel, devenu impayable…"

Huit réseaux verront le jour en Wallonie, quatre à Bruxelles et 13 en Flandre. Ainsi, en Région wallonne, on retrouvera deux réseaux à Liège (CHU et CHR ainsi que MontLégia CHC), deux à Charleroi (GHDC et ISPPC), un dans le Centre et pour Mons (Tivoli, Jolimont et Ambroise Paré), un pour le Borinage et le Hainaut occidental (Epicura, CHR Haute Senne, CHwapi), Vivalia pour la province de Luxembourg et un réseau regroupant tous les hôpitaux namurois.

Vide législatif à Bruxelles

Une ordonnance doit permettre la collaboration entre le public et le privé, et elle n’est pas encore publiée.
Patricia Lanssiers
Directrice générale de Gibbis.

Pour Bruxelles, la situation est pour l’heure moins limpide. Deux réseaux sont connus. Un regroupant Saint-Luc, Saint-Jean, les Cliniques de l’Europe et Saint-Pierre Ottignies. Un deuxième autour de l’UZ VUB et d’hôpitaux flamands. Pour les deux autres, rien n’est actuellement communiqué officiellement. En cause notamment, un vide législatif encore à combler.

"Si la procédure d’agrément est connue, ce n’est pas encore le cas des normes d’agréments", signale Patricia Lanssiers, directrice générale de la fédération hospitalière bruxelloise Gibbis. "Une ordonnance doit permettre la collaboration entre le public et le privé, et elle n’est pas encore publiée."

Cette collaboration entre des hôpitaux offrant des statuts différents à leurs travailleurs est un des points difficiles de la réforme. Il faudra patienter quelques semaines pour savoir autour de quelle alliance se regrouperont Brugmann, Saint-Pierre ou encore Bordet ainsi que les hôpitaux privés que sont Erasme et Chirec qui, de son côté, a une gestion particulière de son personnel, de nombreux médecins n’y exerçant qu’à temps partiel.

Qui fera quoi? Un casse-tête...

Mais c’est loin d’être là la seule inconnue. Les véritables défis qui attendent les institutions ne débuteront qu’en janvier et dureront plusieurs années. Il va en effet s’agir de déterminer quelle implantation gardera spécifiquement telle spécialité, sachant que les traitements les plus courants continueront à être assurés sur plusieurs sites. Il faudra gérer le personnel. Organiser le déplacement des patients entre les différents sites d’un réseau.

Ce sera une grosse réforme, mais elle est pour l’instant vide d’objet.
Yves Smeets
Santhea

"Le collège intermutualiste insiste pour que le coût de ces transports soit remboursé et non pas imputé aux patients", plaide Jean Hermesse (Mutualités chrétiennes). Ce dernier point consiste en une des critiques ciblant la réforme, par ailleurs amplement saluée par de nombreux acteurs. Autre crainte souvent entendue: que le prix des suppléments soit systématiquement adapté vers le haut…

Beaucoup de points seront à régler par le futur gouvernement. Et sans doute aussi par la législature suivante, le gigantisme de cette réforme nécessitant un long travail de textes et de terrain. "Ce sera une grosse réforme, mais elle est pour l’instant vide d’objet", glisse Yves Smeets, de la fédération d’institutions de soins Santhea. "On attend les arrêtés d’exécution…" 


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