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"La guerre des monnaies" enrage les manifestants anti-G20

Quelque 3.000 personnes, un chiffre en deçà des espoirs des organisateurs, ont marché bruyamment dans les rues de la capitale coréenne, où était déployé un nombre bien plus élevé de policiers et de soldats.

"La guerre des monnaies, ce n'est pas une priorité!", a lancé Kim Jong-Kyum, 29 ans, en manifestant jeudi à Séoul contre le sommet du G20, critiqué pour négliger les conséquences sociales "dévastatrices" de la crise économique.

Dans le cortège, se mélangeaient des étudiants, des syndicalistes, des militants d'associations internationales anti-mondialisation, mais aussi quelques mères de famille comme Kim Hyung Sook.

"Je vois le G20 comme le club de ceux qui possèdent tout", s'indigne cette femme de 43 ans, vendeuse de rue à Pusan. "Il devrait s'intéresser aux gens comme nous plutôt qu'à leurs entreprises et à leurs problèmes de monnaies".

Les débats du G20 sont dominés par des désaccords sur les taux de changes, notamment du yuan chinois et du dollar américain, dont les cours sont jugés trop faibles par de nombreux autres pays.

"G20, arrêtez de faire payer le peuple pour la crise", proclame la banderole brandie sur l'estrade où les responsables syndicaux haranguent les passants, pour la plupart peu réceptifs en cette journée de travail.

"Avec la crise, la vie est devenue plus dure, même en Corée du Sud", dont la croissance fait pourtant des envieux dans le monde, témoigne Kim Jong-Kyum. "Le coût de la vie augmente tandis que le chômage fait peur".

Faisant écho à ces inquiétudes, les responsables d'organisations non gouvernementales cherchent à alerter chefs d'Etat, ministres, fonctionnaires et lobbyistes qu'ils croisent dans l'immense centre des congrès de Séoul.

"Ils ne doivent pas oublier que les pauvres, qui ne sont pas responsables de la crise, en sont les principales victimes", affirme Gary Hobbs, directeur d'Oxfam. "Des millions de personnes sont tombées dans la pauvreté à cause de la crise et elles sont maintenant confrontées à ces conséquences: les réductions de budget dans l'éducation, la santé et les dépenses sociales".

Se basant sur des estimations de la Banque mondiale, Adrian Lovett, de Save The Children, souligne que "265.000 enfants supplémentaires devraient mourir du fait de la crise entre 2009 et 2015" tandis que "64 millions devraient tomber dans l'extrême pauvreté d'ici la fin de l'année".

"Aujourd'hui, plus que jamais, les pays les plus riches doivent respecter leurs promesses d'aider les plus pauvres", selon lui.

Au delà de l'aide, l'ONG française CCFD-Terre Solidaire réclame l'instauration de taxes sur les transactions financières et une véritable lutte contre l'évasion fiscale. "Le secret bancaire et les paradis fiscaux privent chaque année les pays en voie de développement d'environ 125 milliards d'euros de recettes fiscales, soit trois fois le montant nécessaire estimé pour lutter contre la faim dans le monde", a expliqué à l'AFP Nathalie Perramon, l'une de ses responsables.

Gary Hobbs, d'Oxfam, encourage par ailleurs les dirigeants du G20 à s'inspirer de l'exemple de l'hôte du sommet. Pays pauvre il y a quelques décennies, la Corée du Sud a construit sa nouvelle prospérité "à l'aide de milliards de dollars consacrés à la santé, l'éducation, et à une réforme agraire".

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